2026-2027 atelier Terreau commun avec Elsa Ledoux et Copain-es du monde/Secours populaire
Terreau commun Elsa Ledoux et Copains-copines du monde / Secours Populaire
un mercredi après-midi sur deux avec les enfants de Copains-copines du monde / Secours Populaire
« Politiser l’enfance ? L’idée peut sembler malvenue : l’enfance n’est -elle pas le moment de la vie auquel on devrait épargner les querelles partisanes et sur lequel il importe de faire consensus ? Ce serait pourtant là ignorer les combats, polémiques et instrumentalisations politiques dont cette catégorie fait toujours déjà l’objet. »
Vincent Romagny, Politiser l’enfanceL’utopie n’est pas un but , l’utopie n’est pas un rêve.L’utopie est ce qui nous manque dans le monde. Nous pouvons simplement essayer d’imaginer, et si nous avions cela, et qu’est ce que cela, nous ne pouvons pas le dire, mais si nous l’avions, le monde serait plus proche de nous et nous serions plus proche du monde, du tout-monde. Donc, si nous ne faisons pas cela nous tous nous manquons au monde. Et nous n’avons pas le droit de manquer au monde.
Edouard GlissantNotre utopie n’est pas la quête d’une forme parfaite : elle est la quête d’accumulation, de façon que l’on n’oublie aucun composant du monde quand on pense bien »
Edouard Glissant
Pipo magique Un mercredi sur deux, les enfants sont invités à rejoindre la compagnie pour y esquisser ensemble un programme de choses à vivre et à découvrir, que l’on aimerait partager. Sorties dans des expositions et des lieux-clés du quartier (le CIRVA, Les Variétés, le Musée d’Histoire, le parc de la Porte d’Aix), sorties vers la mer et observation du vivant qui nous entoure : il s’agit de partager des moments communs pour éveiller notre esprit critique et créatif et, petit à petit, accompagner les enfants dans leurs désirs de création artistique et dans l’organisation d’un événement public à leur image (expositions, déambulations, goûters, karaoké) en s’inspirant de l’observation du quartier. Cet espace-temps s’organise principalement entre l’intérieur et l’extérieur, entre le quartier comme un terrain de jeux à ciel ouvert, et la compagnie comme espace clos refuge mais aussi parfois dont on peut s’échapper et prendre du recul et y ramener de nouvelles trouvailles.
Dans un même temps, deux espaces de création artistique seront mis à disposition des enfants afin qu’ils commencent à esquisser des formes artistiques.
1. Espace « Luttes enchantées » Espace de micro-édition, d’écriture et de dessin, avec un atelier de sérigraphie et de typographie. Nous pourrons inventer notre propre typographie en s’inspirant des enseignes du quartier et inviter Maroucka Payen, typographe bruxelloise. Jeux de lettres et de mots, revendications, vœux et désirs, boite aux lettres de voeux, banderoles réalisées avec les tissus du quartier.
2. Espace « Volume — Éponges » (les objets deviennent vivants) Sculpture, expérimentation et découverte de la technique du moulage pour pouvoir réaliser des formes et des détails en volume, en nourriture, en plâtre, en cire ou en papier mâché… sculpture en pain cuites dans le four de la boulangerie de la rue d’Aix. Expérimentations sculpturales autour des matières et des formes, en lien avec le corps et l’espace. Le lieu de la compagnie devient un carrefour de liberté et de rencontre, un point de convergence où le projet des enfants devient le reflet des ressources du quartier, de sa richesse : un écosystème. Les adultes et les artistes veillent et accompagnent, en se mettant au service du projet des enfants et en leur proposant différentes techniques artistiques. Cette proposition s’inscrit dans le prolongement de l’expérience vécue lors de l’atelier « Masque miroir », développé cette année, au cours duquel les enfants ont été invités à s’organiser collectivement pour imaginer et mettre en place un grand goûter ouvert aux autres enfants (et adultes) du quartier. Nous avons pu observer leur joie à prendre part aux choix, au processus de création et à l’invitation des autres enfants. C’est un conte en cours d’écriture, qui s’organise en même temps qu’il se joue, où les enfants, acteurs de leur histoire, imaginent et inventent leur propre futur. L’atelier devient ainsi un espace pour faire ensemble, penser et décider ensemble, autour d’un événement commun, d’une histoire ou d’ un conte qui va s’écrire par les enfants. Où la pratique artistique est à la fois un moyen d’expression, d’expérimentation et d’émancipation collective.
Elsa Ledoux est artiste plasticienne et travailleuse de l’art. Diplômée de l’ENSAV La Cambre à Bruxelles, elle approfondit son parcours en passant une année aux Beaux-Arts d’Istanbul, puis se forme à la FAIAR à Marseille, école d’art en espace public. Elle développe une pratique à la frontière des arts vivants et des arts visuels. Depuis 2019, elle rejoint l’équipe de la Compagnie à Belsunce, où elle expérimente avec les habitant·es des formes d’expression artistiques qui se déploient dans le quartier, comme dans un grand atelier à ciel ouvert. À côté de cette activité, elle cofonde le collectif Degrés 127, une structure porteuse de projets de femmes artistes dans l’espace public. Le travail artistique d’Elsa Ledoux résulte de son immersion prolongée dans les lieux qu’elle traverse et habite. Elle cherche à en souligner les contradictions et les différentes strates, en se demandant toujours comment révéler et réactiver les traces du passé dans le présent collectif. Son processus créatif se déploie dans la rencontre et la co-création lorsqu’elle mène ses ateliers, qu’elle considère comme une pratique artistique à part entière. Depuis 2019, Elsa Ledoux est chargée, au sein de la Compagnie à Belsunce, de la médiation, de la relation avec le quartier et de la mise en place d’ateliers artistiques. Elle y expérimente des formes d’expression qui se déploient dans Belsunce comme dans un grand atelier à ciel ouvert, renforçant les échanges et les liens entre travailleur·euses de l’art, travailleur·euses sociaux·ales, éducateur·rices de rue et habitant·es.

