du 4 au 15.07.2022 Rouvrir le monde La lettre, le mot avec Dalila Mahjoub

La lettre, le mot

un atelier mots en argile blanche pour les usagers du Cada-HPF dans le cadre de Rouvrir le monde

Un atelier Rouvrir le monde du 4 au 15.07.2022
Avec le CADA-HPF (Centre d’accueil pour demeurs d’asiles, hospitalité pour les femmes)

«En 2019, Valérie Mérit, directrice de l’école maternelle Neuve Sainte-Catherine, située dans le 7ème arrondissement de Marseille, m’a proposé de venir en visite dans quelques classes. Depuis plus d’une vingtaine d’année et chaque année l’équipe enseignante de ce groupe scolaire (maternelle, élémentaire et collège), mène un projet de création et d’exposition avec les élèves autour d’une oeuvre  choisie par l’ensemble des enseignants dans la collection du Fond Communal d’Art Contemporain de la Ville de Marseille. Cette année-là, leur choix s’était porté sur «mise à l’Honneur #1», en l’occurence une oeuvre que j’avais réalisée autour des médailles de travail de mon père [ouvrier chez Peugeot], acquise par le Fond Communal d’Art Contemporain en 2016. J’ai alors été particulièrement émue par  l’ensemble du travail présenté et notamment par le travail autour des mots par des élèves présents depuis peu en France.

C’est cette expérience qui m’a conduite à proposer un atelier de création – avec de l’argile blanche, autour du mot et de la lettre, en français, mais aussi en tentant d’approcher ses équivalents dans la langue d’origine – aux personnes [ Femmes et enfants ] hébergé. e.s/accompagné.e.s par l’association HPF [ HOSPITALITÉ POUR LES FEMMES ] – qui comprend notamment trois structures : le CADA [ CENTRE D’ACCUEIL POUR DEMANDEUR D’ASILE ], le CHRS [ CENTRE D’HÉBERGEMENT ET DE RÉINSERTION SOCIALE ] et le MECS [ MAISON D’ENFANTS À CARACTÈRE SOCIAL ].

L’un des premiers contact – et non des moindres – avec des mots français pour une personne étrangère réside dans la confrontation aux mots utilisés dans les documents administratifs qu’il faut coûte que coûte apprendre à déchiffrer. Ce décryptage est essentiel pour toute personne étrangère, puisque l’émancipation de chacun.e passe, comme l’évoque le pédagogue Philippe Meirieu : par l’accès à la langue, passer à un autre statut, au statut de sujet, sujet qui comprend le monde et qui peut changer le monde […]

Avec beaucoup d’humilité, je propose d’approcher les mots, comme des objets à la fois graphiques, sémantiques et sonores, des mots provenants de divers registres, qui peuvent également être puisés dans un corpus de documents administratifs [ tickets de préfecture, courriers…]. Après avoir écrit chacune des lettres qui compose le mot en français et tenté de le transposer dans la langue d’origine [ si cela est souhaité ], nous les redessinerons en volume dans l’argile blanche. Je partagerai quelques images de calligrammes en vue  d’imaginer ensemble – après une mise en commun des mots – une mise en espace des lettres et des mots sur un mur ou au sol, créer une composition graphique et poétique. Nous prévoierons une restitution de ce travail dans l’espace de la Compagnie courant 2023.

Et les mots deviennent image […] —»

Dalila Mahdjoub reste au plus près d’une économie du geste pour parler de l’histoire coloniale entre la France et l’Algérie dont elle fait littéralement « tomber » le langage. Elle renouvelle et continue ici une approche biographique, esthétique et historique, entrecroisant plusieurs pistes. En plus de la dimension biographique dans son oeuvre (l’histoire de son père, travailleur algérien immigré, ouvrier chez Peugeot à Sochaux, et dont le document officiel de naturalisation française a été adressé à la famille après sa mort ; sa soeur aînée, Romilla, morte en bas âge juste avant que ses parents ne partent en France ; des archives de l’A.T.O.M., aide aux travailleurs d’outre-mer), Dalila Mahdjoub nous parle de l’état du monde et des autres, du service des étrangers malades à la préfecture de Marseille ; de la dernière page du roman de Michel Houellebecq, Soumission ; de la cabane du ministère du travail et de la sécurité sociale qui se trouvait au pied de l’enceinte actuelle du Mucem. Une grande part de la proposition de Dalila Mahjoub a été au centre de l’édition Romilla (Éditions commune, 2019). Paul-Emmanuel Odin, 2019  

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