23.05.2026 19h Performances (Mouna Ahizoune, Oumayma Abouzid Souali), Projection-discussion avec Jihan El-Tahri et Rami Nihawi
Evénement en lien avec l’exposition Ses racines s’étendent jusqu’à 7000km.
Performance de Mouna Ahizoune, When i was a child, i used to see my mother’s feet bare and cracked…
20min – en partenariat avec la Résidence Daret (Casablanca)
Quand j’étais petite, je voyais les pieds nus et crevassés de ma mère, témoins d’histoires de sacrifice. Elle me demandait de les masser, mais j’avais peur de toucher sa douleur, peur des histoires que le sang pourrait révéler. Ses pieds portaient le poids du monde avec une patience immense, gravant l’amour dans chaque pas, dans chaque crevasse. Maintenant, en ce lieu, je tisse sa force dans mes mouvements, sa patience dans ma respiration. Quand je frappe le sol, je sens le pouls de la terre sous moi, le rythme de la douleur et de l’espoir résonnant à travers le sol, chaque impact faisant écho au poids de l’histoire. Mes pieds frappent le sol comme un acte de mémoire, chaque battement résonnant du souvenir de ceux qui nous ont précédés, de leurs luttes, de leurs sacrifices. En cet instant, je deviens elle. Je deviens chaque corps tragique, traversant la douleur, embrassant les blessures et trouvant la grâce dans la souffrance. Son histoire, notre histoire, est gravée dans chaque pas, un témoignage de résilience, d’un amour qui demeure inébranlable face aux épreuves.
Mouna Ahizoune
(1995, Moyen-Atlas) Mouna Ahizoune développe une pratique sensible ancrée dans le langage corporel et les matériaux naturels pour examiner la condition humaine, et notamment la sienne, à travers la performance, la vidéo, la photographie ou la sculpture. Son travail explore les liens entre le corps, l’espace et la douleur.
Elle accorde une attention particulière à la résistance et à l’endurance des corps, dans une tentative de rendre visible cette lutte silencieuse. Diplômée de l’Institut National des Beaux-Arts de Tétouan, elle a participé aux résidences Tassarout à Rabat, Le 18 à Marrakech et l’Appartement 22 en 2023, et récemment Daret à Casablanca.
Performance d’Oumayma Abouzid Souali
20min – en partenariat avec la Résidence Daret (Casablanca)
Oumayma Abouzid Souali
Oumayma vient des montagnes du Rif,un territoire qui nourrit profondément son travail d’artiste. À travers ses créations, elle s’attache à explorer les traces du passé, les mémoires qui se taisent, et les histoires qu’on oublie parfois de raconter. Elle se voit comme une voyageuse,une femme qui traverse le temps et les lieux, porteuse de blessures, mais aussi d’espoirs et de renaissances.
Diplômée de l’Institut National des Beaux-Arts de Tétouan, Oumayma cherche à créer des ponts entre ce qui est intime et ce qui est universel, en mêlant le corps, la voix, l’image et la mémoire. Elle a été en résidence artistique, notamment à Daret Résidence à Casablanca et à Rif Résidence de L’Appartement 22. Elle a également exposé son travail dans des expositions collectives : à L’Appartement22, ArtisteBookFair au Caire et d’autres.
Projection-discussion avec Jihan El-Tahri et Rami Nihawi
Les rives de la Méditerranée constituent à la fois un espace de rassemblement et de division. Pourtant, les enjeux, les perspectives et les thèmes communs à explorer y sont nombreux. À l’heure où le monde traverse des crises multiples, marquées par des situations de génocide et une profonde instabilité économique, les œuvres de Rami Nihawi et Jihan El Tahri nous invitent à interroger trois notions essentielles, toujours au cœur des dynamiques de la région : l’image, la solidarité et le déplacement.
Complexifying Restitution: Notes to Self de Jihan El Tahri – 18 minutes
Yamo de Rami Nihawi – 65 minutes
Cuba, an African Odyssey de Jihan El-Tahri – 58 minutes
Jihan El Tahri, Complexifying Restitution: Notes to Self, 2022, 18′
Dans COMPLEXIFYING RESTITUTION (2022), El-Tahri invite le spectateur à pénétrer dans l’espace-temps d’un projet qui réunit archivistes, artistes et cinéastes afin d’interpréter, de repenser et de se réapproprier les archives. L’objectif de cette démarche n’est pas simplement de se plonger dans l’histoire et la mémoire pour regarder en arrière, mais plutôt d’utiliser ce savoir passé – les fragments qui peuvent être exhumés – comme un outil pour réinterpréter notre réalité actuelle et imaginer un avenir alternatif. (Biennale de Berlin)
Rami Nihawi, Yamo, 2011, 65’
« C’est un film qui parle d’aujourd’hui, des choix qu’on fait dans la vie. Un film sur le temps qui s’enfuit à toute vitesse et le temps suspendu. Ce n’est pas un portrait de ma mère, ni de ma mémoire, ni de ma maison, ni de ma famille.
Yamo est le mélange de tous ces éléments qui nous amène vers un dialogue amputé entre deux générations. Chacun sur un côté de l’histoire de cette région. C’est un dialogue sur les rêves, les échecs, le présent et le futur.
Je porte le poids de ma génération, Je porte le poids de l’échec de mes parents. J’ai peur de leur ressembler. » R.N.
Jihan El Tahri, Cuba, an African Odyssey, 2006, 58’
Les rives de la Méditerranée constituent à la fois un espace de rassemblement et de division. Pourtant, les enjeux, les perspectives et les thèmes communs à explorer y sont nombreux. À l’heure où le monde traverse des crises multiples, marquées par des situations de génocide et une profonde instabilité économique, les œuvres de Rami Nihawi et Jihan El Tahri nous invitent à interroger trois notions essentielles, toujours au cœur des dynamiques de la région : l’image, la solidarité et le déplacement.
Jihan El Tahri
Jihan El Tahri est une réalisatrice, écrivaine, artiste contemporaine et productrice Franco-Égyptienne. En 2017, Elle fut invitée à se joindre l’Académie des Arts et des Sciences (Les Oscars). Elle continue à jouer le rôle de mentor au ‘Documentary Campus’ en Allemagne et au Ouaga Lab au Burkina Faso. En tant qu’artiste, elle a récemment participé à des expositions en France (Centre Pompidou), Allemagne (HKW et Gallery IFA), Norvège (Musée National), Mexique (San Ildefonso), et en Pologne (Musée d’Art Moderne) aux côtés d’artistes tels que John Akomfrah, The Otalith Group et Kader Attia.
El-Tahri à commencé sa carrière en tant que Correspondante Internationale, couvranant la politique du Moyen-Orient. En 1990, elle commença à réaliser des documentaires pour la BBC, PBS et Arte ainsi que d’autres chaînes de télévision internationales. Elle fut récompensé pour nombreux de ses documentaires, tel que ‘Nasser,’ dans la sélection officielle du Festival International de Film de Toronto, ‘Behind the Rainbow,’ ‘Cuba, une Odyssée Africaine’ et ‘House of Saud,’ qui fut nominé pour un Emmy.
Ses publications comprennent ‘Les Septs Vies de Yasser Arafat’ (Grasset) et ‘Israël et les Arabes: La Guerre de 50 ans’ (Penguin). El-Tahri participe à de nombreuses associations et institutions dédiées au Cinema Africain. Elle fut Trésorière de la Guilde de Réalisateurs Africains de la Diaspora, Conseillère pour le programme Africa First de Focus Features et Secrétaire Régionale de la Fédération de Cinéma pan-Africain (FEPACI).
Rami Nihawi
Rami Nihawi est acteur, scénariste, monteur, réalisateur et producteur, né à Beyrouth. Il est impliqué dans de nombreux projets cinématographiques et artistiques, se concentrant principalement sur les enjeux socio-politiques de la région levantine. En 2011, il a cofondé Sakado, une société de production indépendante servant de plateforme pour des créations cinématographiques. Il réalise Yamo en 2011 et travaille comme assistant à la réalisation sur plusieurs films, notamment Tadmor (2016) de Monika Borgmann et Lokman Slim. Il co-écrit plusieurs films dont Ibrahim (2019) avec la cinéaste palestinienne Lina Al Abed, et R21 AKA Restoring Solidarity (2022) avec le cinéaste palestinien Mohanad Yaqubi. Récemment installé à Marseille, il est engagé dans divers projets, y compris sa performance de cinéma étendu, Life is but a Fantasy.


