27.05.2026 19h Soirée de lancement du numéro 102 de la revue Multitudes

27.05.2026 19h Soirée de lancement du numéro 102 de la revue Multitudes : avec Gaëtane Lamarche-Vadel, Maya Mihindou, Dénètem Touam Bona, et…

Cette soirée sera donc consacrée à une présentation du nouveau numéro 102 de la revue Multitudes.

Nous avons l’immense plaisir de vous annoncer que c’est Maya Mihindou qui a réalisée la fameuse icône de ce numéro de Multitudes (L’icône est cette carte blanche faite chaque fois à un artiste pour le cahier visuel et l’iconographie d’un numéro). L’invitation à Maya Mihindou permet de revenir sur le cosmogramme de Dénètem Touam Bona avec la compagnie, Eloge de la submersion, et d’annoncer la suite.

Multitudes est en ligne (gratuit) ou sur papier (à commander): n’hésitez pas à consulter le site https://www.multitudes.net/

Multitudes n’est qu’une revue. Mais une revue à l’âge des multitudes, de l’Internet, de la mondialisation.

Multitudes est une revue qui fait sienne une formule de Michel Foucault qui caractérisait ainsi son projet : “J’essaie [… en dehors de toute totalisation, à la fois abstraite et limitative, d’ouvrir des problèmes aussi concrets et généraux que possible, des problèmes qui prennent la politique de revers, traversent les sociétés en diagonale et sont tout à la fois constituants de notre histoire et constitués par elle…”.
“Prendre la politique de revers”, c’est là précisément la charge subversive des mouvements de la société. Ce que Multitudes entend explorer comme pratique théorique, comme ontologie, comme matérialisme dans la pensée. La fuite, la défection, l’exil, la résistance ne sont pas le fait abstrait d’une raison critique qui dit toujours non. Ils construisent un espace d’affirmation positive. L’alternative est le pouvoir constituant de la transformation en acte :dans la culture, dans la théorie, dans la politique.

Multitudes n’est donc pas une revue “politique”, mais parce qu’elle a une politique de la pensée, elle prend de revers ce que la politique a de pire : la répétition, le convenu, la prétention à la transparence. Elle pratique en revanche l’orpaillage de contrebande dans les sables charriés par les fleuves des multitudes. C’est dire qu’elle ne se substitue à aucun mouvement, ni à un mouvement des mouvements, mais situe le lieu d’où peut s’élaborer l’alchimie de la transformation.

Revue transculturelle, elle aspire à arpenter les signes de la culture nomade des sans identité fixe, univoque et souveraine, des métisses de la raison, et à ouvrir à des usages des savoirs qui seuls engagent. De langue française, elle transite entre les langues et se développe par de multiples traductions.

Deux ans après le lancement de son pari, Multitudes a apprivoisé un peu plus son projet. Ses rédacteurs deviennent-ils sans doute irrémédiablement spinozistes, nietzschéens, guattariens, deleuziens, foucaldiens, négriens, occasionnellement marxiens, quand cela permet d’élargir le non de la désobéissance dans l’ordre de l’esprit.

À la prescription de la révolte sur fond de ressentiment, ils préfèrent l’affirmation résistante et constituante de ses modes d’existence multiples.
La domination absolue n’a jamais existé, et n’existe toujours pas.
Partout s’inventent les idées, les gestes, les paroles, les groupes et les minorités,
qui échappent à sa mythologie mortifère.
C’est cette option vivante qui aujourd’hui nous rassemble.

Hétérodoxes dans l’hétérodoxie, déviant dans la déclinaison des idées, car le clinamen permet à la pensée de subvenir aux besoins de la vie. Parler, écrire, relayer des mots, des musiques, des images, c’est se proposer de mettre en commun.
Un mettre en commun est-il possible, qui ne reconduise pas sur les sentiers battus du majoritaire ou de l’universel ?
C’est le pari que poursuit Multitudes.

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