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talet el ghorba | l’exil a duré


 

« Ces films nous ont touchés. Quand on était jeune, on n’avait ni père, ni mère ni frère ici et quand on les regardait, ça nous faisait quelque chose. Mais quand ils montraient les immigrés au bar en train de boire c’était pas bon. Heureusement ils ne passaient pas là-bas en Algérie, si un père ou une mère avait vu ça, il aurait pensé que toute l’immigration vivait comme ça ! On ne passait pas notre temps au bar, le soir on arrivait fatigué du boulot, on rentrait chez nous, on se lavait, on faisait notre gamelle pour le lendemain, pour partir au travail... ». A. D.

 






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du 27 septembre au 18 octobre 2003
du jeudi au dimanche de 16h30 à 19h30

De 1963 à 1980, 250 bars fréquentés par des immigrés ont été équipés de scopitones, juke-box à images. Ces machines diffusaient de petits films musicaux produits et réalisés par une équipe française qui mettaient en scène des chanteurs du Maghreb et du Machrek. La particularité de ces films se situe dans une juxtaposition de chants et d’images porteurs de sens parfois antagonistes. Leur dimension commerciale ne peut en aucun cas effacer leur valeur et au-delà de la volonté des uns ou des autres apparaît un témoignage unique sur la situation des travailleurs immigrés dans les année 70 et 80, sur un regard français posé alors sur eux. Regarder ces films, c’est suivre les chemins aléatoires de mémoires individuelles et collectives qui se nouent et se dénouent, c’est accepter d’entendre enfin, aujourd’hui, cette parole "propre" - les chants d’exil de ces hommes recrutés par l’Etat français et les entreprises au cœur même de leurs pays. Rendre à nouveau publics ces films, les analyser et les proposer au débat pour que s’énoncent nos histoires multiples et singulières, puisqu’aujourd’hui nous vivons ici, ensemble, puisque l’exil a cessé ?

nechouat café, un café à la compagnie
Nechouat café, c’est le temps d’un café ensemble, pour le plaisir de la conversation, de l’échange. Trois heures par jour, Nechouat café ouvre ses portes : on peut y consommer du café et consulter une sélection de scopitones, un espace de documentation présente des biographies des chanteurs, des documents propres aux scopitones, divers documents historiques et sociologiques permettant de saisir le contexte de leur production, les problématiques liées à l’immigration à cette époque. Des documents sonores et vidéos (documentaires et fictions) sont également mis à la disposition du public. Des entretiens effectués auprès de divers habitants de Belsunce seront consultables au fur et à mesure des rencontres. Nechouat café est également un lieu de rencontre, d’échanges, de questionnements : ensemble, nous pourrons discuter de ces images, questionner la représentation de l’immigration qu’elles nous proposent, nous y parlerons également des musiques du monde arabe. Des rendez-vous surprise et des petits concerts s’organiseront tout au long de la manifestation, on pourra s’en tenir informé sur place ou sur le site internet de la compagnie.

LES RENDEZ-VOUS DU NECHOUAT CAFÉ

-   samedi 27 septembre
à partir de 19 heures, projections

Trésors de scopitones arabes, kabyles et berbères
Anaïs Prosaïc et Michèle Collery.
Dum Dum Films / Canal+ . Documentaire , 1999 . Vidéo couleur, 52’

Dans "Trésor de Scopitones arabes... ", on retrouve le barde en exil, Slimane Azem, le glam-rock berbère des Abranis, les chansons ciselées de Kamel Hamadi pour sa femme Noura et les tubes indémodables de Idir. Au folklore des bars de Barbès mené par l’éblouissant Salah Sadaoui, répond celui de Jerrari, son rival comique tunisien. Le chanteur de charme marocain Doukkali et l’audacieux Mazouni sont accompagnés de danseuses orientales vaporeuses ou de filles en mini-jupes. Vigon le Marocain et les Golden Hands algériens jouent la carte Rythm and Blues et pop électrique sur une chorégraphie à la Dick Sanders à faire pâlir James Brown. Mazouni le Don Juan au sourire ravageur séduit les femmes en les poursuivant de ses assiduités jusque dans les allées des banlieues pavillonnaires. La star égyptienne Abdel Halim Hafez nous éblouit et la belle libanaise, Sabbah, entonne le célébrissime Allo Allo Beyrouth sur des images de la ville datant de 1967 avant les bombardements qui la défigurèrent. Il y a aussi Driassa, star algérienne incontestée...

Projection d’une sélection de scopitones
Réalisation Alain Brunet. Production Société Davis Boyer

à 21 heures, un concert de Selim Allal
Natif d’Oran, Selim Allal étudie la musique classique arabo-andalouse auprès des maîtres du prestigieux orchestre Nassim El Andalou. Installé à Marseille depuis 1994, sa maîtrise du chant et du mandole, ainsi que sa grande expérience de la scène, font de lui un interprète très respecté de la chanson oranaise. Après avoir participé à de nombreux projets musicaux, il crée en 1999 sa propre formation, afin de présenter un répertoire alliant musiques traditionnelles et compositions contemporaines. Son inspiration prend ses sources aux confins de plusieurs univers : le Raï, la musique arabo-andalouse du XII e siècle et diverses influences occidentales, notamment le flamenco.

-   dimanche 28 septembre
à partir de 19 heures, rencontre et projection
Sous réserve de disponibilité des copies, projection 16 mm de l’un de ces trois films : Un doigt dans l’engrenage ou Ali au pays des mirages d’Ahmed Rachedi ou Le sang de l’exil de M. Ifticène, suivie d’un débat en présence de El Hadj Bensalah, directeur de la cinémathèque d’Oran.

El Hadj Bensalah est né en 1946 à Mascara (Algérie), une ville historique et réputée pour l’excellence de son vignoble. Ses études secondaires achevées, il devient enseignant en langue française pendant quatre années, animant à l’occasion le cinéma de l’école (1966-1970). De 1970 à 1974, il fait des études cinématographiques à l’Institut des Arts et de diffusion à l’époque à Bruxelles. Diplômé en option réalisation et montage, il termine la même année son mémoire de fin d’études sur la musique de film (1974). El Hadj Bensalah a réalisé deux courts métrages dans le cadre de ses études, Maroc face et profil (15’) et La rencontre (3’). Il assure la direction de la Cinémathèque de la ville d’Oran depuis 1975. El Hadj Bensalah prépare aussi actuellement la cinquième édition des journées internationales du court métrage d’Oran, dont il est le fondateur et qui auront lieu en octobre prochain.

-   vendredi 3 octobre
à 20 h, projection à Film-Flamme
Film-Flamme, « Le polygone étoilé »,
1 rue François Massabo - 13002 Marseille -
tel 04 91 91 58 23

Emigration, un documentaire d’Ahmed Hamou-Zerrouki. 1972, 16mm, noir et blanc, 55’
Constat sur les conditions de vie et de travail des travailleurs algériens en France au tout début des années 1970. Ce film a été fait à la demande de l’écrivain Kateb Yacine et du Ministère du travail algérien pour prévenir les candidats à l’émigration des conditions dans lesquelles ils risquaient de vivre en France.

-  samedi 4 octobre
à 16 heures, présentation

Danse orientale : du mythe à la réalité, par Virginie Recolin, danseuse, chorégraphe
Le thème moteur des recherches et des réalisations chorégraphiques de Virginie Recolin sont le nomadisme du mouvement et des figures traditionnelles. D’où proviennent le geste et le rythme ? Quel lien avec la matière et l’environnement géographique ? Ainsi, elle sculpte un langage expressif à l’écoute de notre temps et des rythmes d’autres espaces culturels, avec le souci de toujours plus enraciner le mouvement dans la matière vive du corps. Ce nouvel alphabet chorégraphique fait s’entrecroiser le concept de l’ornement oriental qui est un principe purement esthétique de raffinement, avec la pensée du vide et du plein matériel d’Extrême Orient. Les formes traditionnelles sont une source dans laquelle cet alphabet puise ses formes et sa force, au travers duquel il nous convie à conclure : derrière les danses aux formes variées demeure la danse...

à 18 heures, présentation
Les musiques du Maghreb
par Sami Sadak, ethnomusicologue, maître de conférence
Ethnomusicologue, turc de naissance, directeur artistique des disques de musique traditionnelle aux éditions Buda Musiques, Aria-Fnac et Solstice jusqu’en 1998, il a coproduit plusieurs émissions de France-Musique et France Culture sur les musiques traditionnelles. Depuis 1984, après un DEA et une maîtrise à Istanbul et Marseille, Sami Sadak se consacre à la Méditerranée. Tour à tour, organisateur de festivals et de rencontres, maître de conférence, il développe et conduit de nombreux projets culturels (Rencontres Universitaires Méditerranéennes à Arles, Cycles de conférences sur les musiques sacrées en Méditerranée, Festival de Chants Sacrés en Méditerranée, Association Ecume, organisation de la journée Musique provençale et occitane, les Rencontres du sud ...). Il a été jusqu’à récemment chargé de mission musiques du monde à l’Arcade et collabore également à la collection Musique du Monde et L’Empreinte Digitale.

-  samedi 11 octobre
à 16 h, présentations
Les représentations de l’immigration maghrébine en France dans les années 60-70 Les relations franco-algériennes et les flux migratoires 1962-1980 par Yvan Gastaut, maître de conférence en histoire contemporaine à l’université de Nice (UFR STAPS et UFR Lettres) Ancien instituteur, né en 1965, Yvan Gastaud est spécialiste de l’histoire de l’immigration, de l’histoire du sport et plus généralement de la vie politique et des mentalités au XXe siècle. Il a soutenu sa thèse de doctorat en 1997 sur le thème "L’immigration et l’opinion en France sous la Ve République" publiée aux éditions du Seuil en 2000, il est membre du Centre de la Méditerranée Moderne et Contemporaine (CMMC) et de l’association "Génériques" pour la mémoire de l’immigration.

Histoire de scopitones par Jean-Charles Scagnetti, doctorant, allocataire-moniteur UNSA, CMMC Né en 1975, Jean-Charles Scagnetti étudie l’économie avant d’intégrer l’Université de Nice Sophia-antipolis en 1993. Maîtrise d’histoire et articles sur le PCF et l’immigration en France 1964-1981 en 1997, DEA sur Les représentations des émigrés algériens en Algérie, 2001-2003.

à 18 h, rencontre-débat
en présence de Jean-Charles Scagnetti, Yvan Gastaut, Sami Sadak et Virginie Recolin

à 21h30, concert
Orchestre Tarab,
musique arabo-andalouse sous la direction de Fouad Didi

L’orchestre Tarab a été créé en 1996, à l’initiative de Fouad Didi qui en assume la direction. Composé de musiciens marseillais qui représentent les écoles de Tlemcen et d’Alger, il s’est spécialisé dans l’exécution du répertoire classique, dans le respect de la tradition Andalouse ancestrale transmise par voir orale par la "Silsilet Echouyoukh", chaîne des maîtres, et qui a pour référence contemporaine le grand Cheikh El Arbi Ben Sari. Les instruments utilisés par Tarab, violon, alto, luth, kouitra, mandoline, derbouka et tar, sont ceux de l’orchestre traditionnel andalou tel qu’il existait dans l’Andalousie médiévale. L’orchestre Tarab s’est engagé dans une démarche de réappropriation et de diffusion du patrimoine Andalous. Cette démarche est soulignée par sa dénomination. En effet, en langue arabe, le mot Tarab peut-être traduit par : Transe extatique causée par la musique (Naguib Mahfoud), terme complexe qui désigne une gamme étendue de réactions émotionnelles consécutives à l’audition de la musique, allant de la délectation intellectuelle et de la douce émotion jusqu’à l’extase. (Encyclopédie Universalis article Musiques de l’Islam).

-  vendredi 17 octobre
à 19 h, projection
Une journée portée disparue,
un film de Philip Brooks et Alan Hayling,
documentaire - 1992 - couleur - 52’

Les manifestations pacifiques organisées par le FLN à Paris les 17, 18 et 20 octobre 1961, auxquelles participent des milliers d’Algériens de la région parisienne, sont violemment réprimées par les forces de l’ordre. Récits de témoins, filmés sur les lieux du drame et images d’archives montrent cette répression qui causa la mort de centaines de manifestants, dans un document exemplaire qui fait enfin la lumière sur un épisode trouble de la guerre d’Algérie, longtemps caché par le pouvoir politique.

-  samedi 18 octobre
à 17 h, rencontre
Un premier bilan de la manifestation, un dernier rendez-vous en présence de tous les intervenants et du public...

à 21 h, concert
Les Médahettes, ensemble de femmes, chant et percussions


nous remercions tout particulièrement : Madame Davis-Boyer, productrice des scopitones, Abdelkader B., Ahmed C., Ali D., Jérôme et Dime Hendriksen, et Jean-Charles Scagnetti.

la compagnie, reçoit le soutien de la Ville de Marseille, de la Direction Régionale des Affaires Culturelles-Paca, du DSU, du Conseil Régional Paca, du Conseil Général des Bouches-du-Rhône et du Feder.



   
   

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la compagnie, reçoit le soutien financier de la Ville de Marseille, du Conseil Général 13, du Conseil Régional PACA,
de la DRAC, de IPM, de MP2013, du CUCS et de l'ACSE. Adhère au FRAAP et fait partie de Marseille Expos.


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