Initiée par Film flamme, la Semaine asymétrique aborde sa septième édition. Ce n’est pas un festival, parce qu’au-delà des titres à aligner dans un programme, il s’agit avant tout de faire se rencontrer des personnes, auteurs et publics mêlés ; ce n’est pas davantage une rencontre annuelle car aucune rencontre n’est garantie à l’avance, y compris avec ceux qu’on aime. En ce sens, on peut parler de cinéma en travail, et le mot-même cinéma est à outrepasser pour tenter de rendre compte de ce dont il s’agit. Voir des films et en débattre, certes. Mais aussi être ensemble dans le monde tel qu’il est, en déséquilibre permanent, en mouvement, en questionnement. Aussi, jeter l’ancre pour un soir à La Compagnie, à une portée de voile du Polygone étoilé, n’a rien d’un événement anodin pour nous. Le courant pourrait nous entraîner loin de nos bases et tous nos calculs de longitude et latitude pourraient être à refaire.
De nombreux cinéastes sont depuis quelques années, présents sur d’autres scènes que celles des tournages. Plasticiens, Photographes, danseurs, chorégraphes, écrivains... ou salariés, un jour venus à l’écriture, à la danse contemporaine ou au HipHop, à toute forme d’expression artistique se retrouvent aussi à jouer du son et de l’image.
Profitant (entre autres incitations, mais les cinéastes de l’équipe sont depuis toujours des chevaucheurs de frontières) de l’installation des chorégraphes et plasticiens de ExNihilo à La Compagnie, alors qu’ils font aussi "l’ouverture" de la Semaine Asymétrique, nous visiterons le geste découplé de l’homme protéiforme, non réduit à l’espace social maigre qui lui est imparti.
Les artistes "indisciplinés" font ainsi le malheur des compartimenteurs administratifs chargés de gérer "la culture", autant que les "amateurs" qui passent derrière la caméra ou se saisissent d’un stylo... Sans parler des chômeurs qui s’insèrent dans la vie avant de s’insérer dans le travail.
Par là nous accompagnerons par la pensée, ou plus modestement nous constaterons publiquement, le bouleversement de l’académisme en crise dans le domaine du cinéma... Et dans celui de la politique.

Fragments sur le colonialisme au pays natal Collectif Killmeway. 2010, durée : 28’, mini dv
Colonie pour promeneurs au pays de l’habitat collectif de masse, le parc des Guilands s’étend au pied de la cité de la Noue (Bagnolet, 93) et surplombe Paris. S’y déploie une vision panoramique en triptyque, mode de représentation classique de la civilisation occidentale. Le projet est d’apporter des corrections à cette organisation coloniale du monde, dans l’écoute de "Cahier d’un retour au pays natal" d’Aimé Césaire. Correction aux usages de ce parc, le projet y inscrit les pratiques du skate, de la danse hip-hop et du judo, toutes pratiques ici alternatives et incongrues. Correction à la représentation ordonnée et maîtrisée du monde, les images du film sont déchirées, l’espace est fragmenté. Le projet nous a mené à abdiquer la maîtrise cinématographique en confiant une maîtrise du montage au hasard de la programmation d’un logiciel informatique. Nous nous efforçons de faire des films ensemble, à plusieurs, à quelques uns, des films des films qui ne soient pas l’oeuvre solitaire d’un auteur,des films dont la fabrication ne soit pas le fruit d’un travail spécialisé et hiérarchisé. Faire des films ensemble pour voir ce qu’il y a dedans. Partager notre commune présence. Le collectif Killmeway
Le retour au pays de l’enfance Avec Narriman Bougherara, Sieglide Last-Tripodi, Marie-Hélène Trevet Durée : 100 minutes Réalisation et montage : Claire Angelini Production Finavril et Claire Angelini, avec l’aimable participation d’Atopic/ Christophe Gougeon, 2009
Le retour au pays de l’enfance filme le trajet de retour de trois femmes que la guerre a chassées du lieu de leur enfance, Marie-Hélène, Sieglinde et Narriman, française, allemande et algérienne, reviennent l’une à Barentin, l’autre à Stolp, la troisième à Sakiet Sidi Youssef. Comment l’histoire inscrit-elle ses traces dans un paysage ? D’où sommes-nous ?
Il n’y a plus d’amour 25 minutes, dv Damien Cabanes
Sans titre / travail en cours Cédric Delaunoy Film de montage à partir d’improvisations dansées sur trois représentations de 50min
Belsunce Fragments de Anne-Marie Lallement, (23’)
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