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Exposition collective du 22 janvier au 13 février 2010

Pauline Bétrancourt, Marjorie Brunet Plaza, Florent Deloison, Raphaël De Staël, Christelle Espinasse, Anthony Giroud, Solange Grenna, Tomek Jarolim, Emilie Lasmartres, Pablo Marcos-Garcia, Camille Mojon, Sylvain Nicole,Véronique Potiron, Fumika Sato, Amaury Tatibouët, Bastien Vacherand

Vernissage le jeudi 21 janvier à partir de 18 h
Une performance de Amaury Tatibouët à 19h

jeudi 28 janvier à 19h30 Materiau sonore et 5 impromptus diffusion sonore de Jean-Paul Ponthot, directeur de l’école supérieure d’art d’Aix-en-Provence

ouvert du mercredi au samedi de 15h à 19h
jusqu’à 20h les mercredis








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Ne lâchez rien, ce sont 16 artistes qui sont sortis en juin 2009 de l’Ecole Supérieure d’Art d’Aix en Provence avec leur diplôme DNSEP.

Ne lâchez rien (les rencontres... le dialogue, la confrontation, les liens... les découvertes, les égarements, les surprises... les tensions, les inquiétudes, le hasard, les programmes, la solitude, l’impensé, le flou, les fulgurances, les refus, les tentatives... les superpositions, les longues aventures, les hétérogénéités, les répétitions... les reprises, les croisements... les éclats, les monomanies, la précision, les accidents, les assemblages, les dispersions, les audaces, la complexité... l’intuition sensible, la simplicité... la rigueur, les silences, la légèreté, le fugace, l’éternité, le rien)

ce ne sont pas de "jeunes artistes", mais des artistes, déjà et d’abord - et à l’intérieur de ça, il y a autant de gammes de différences qui fusent, ondulent, se tortillent en tout sens, avec des formes, des propositions, des expressions qui ne rentrent pas dans ce que recouvre le terme de "jeune artiste" avec les aprioris qu’il porte (le terme "artiste" ne supporte pas de tels qualificatifs) et qui voilent un réel qui est tout autre.

L’exposition Ne lâchez rien a eu un précédent à la compagnie, l’invitation des étudiants de l’atelier d’Anita Molinero de l’ESBAM en 2007. Et depuis octobre 2008, je suis enseignant de culture générale à l’école supérieure d’Aix-en-Provence ; et même si je savais ce qu’est une école d’art pour y avoir fait diverses interventions auparavant, l’expérience du quotidien dans cette école m’a mobilisé dans une aventure où cette école m’est apparu comme étant beaucoup plus qu’une école, en tout cas, ce qu’il s’y passe ne peut sans doute pas se passer ailleurs, c’est un laboratoire de vie où étudiants et enseignants forment ensemble un maillage fulgurant qui ouvre toutes les portes de la création contemporaine et de la réflexion qui l’accompagne. Pour être aussi à la direction du lieu de création de la compagnie (mais j’insiste ici pour dire que c’est avec une équipe plus que complice que toutes les activités de la compagnie ont lieu), c’est tout naturellement que l’idée de cette exposition d’ex-étudiants a surgi, comme un retentissement de ces rencontres fortes à l’intérieur de l’école avec les artistes-étudiants. Et par ailleurs, il y a déjà eu de nombreux ex-étudiants de l’école supérieure d’art d’Aix qui ont intégrés l’équipe de la compagnie (Boris Nicot, David Lasnier, entre 2006 et 2008, et encore tout récemment, Fabien Artal).

Il se trouve que parallèlement, de la même façon, Edouard Monnet, à Vidéochroniques, organise une exposition des ex-étudiants de l’école supérieure d’art de Toulon, et que Jean-Louis Connan, directeur de l’ESBAM, fait de même avec les ex-étudiants de Marseille (à la Galerie Montgrand, aux Bains-Douches, et à la Friche) : si cette année ces trois événements ont lieu en parallèle, on peut rêver pour les prochaines fois de jouer le mélange des rencontres, et plutôt que d’avoir des lieux dédiés à telle ou telle école (mais n’est-ce pas s’enfermer dans des effets d’identités là où, on le sait, les artistes les subvertissent ?), de jouer au contraire une pluralité de lieux avec, dans chacun des lieux, des œuvres d’ex-étudiants qui proviennent de chaque école, en fonction d’affinités, pour des rencontres nouvelles, d’autres croisements encore, ce qui permettrait d’éviter cet effet de cloisonnement entre les écoles comme si elles étaient étanches les unes aux autres, même à l’occasion de la sortie d’école ; pour un tel projet qui aurait une sacrée allure, il faudrait assurément qu’un ou plusieurs commissaires d’exposition soient invités.

Une exposition collective est toujours complexe à monter, à concevoir. Nous avons essayé de penser le dialogue entre les œuvres dans leur diversité, qu’elles soient sur des supports traditionnels ou technologiques. Mais l’exposition en elle-même n’est jamais un but en soi à la compagnie, il faut que ce soit une expérience qui déborde cela, même si l’exposition ou la présentation est le lieu même d’une rencontre irréductible à laquelle nous tenons plus que tout. Il y a ainsi des ateliers pour les enfants (Pablo Marcos-Garcia) ou pour des adultes (Emilie Lasmartres), qui seront menés par des artistes de Ne Lâchez rien. Ces ateliers sont conçus comme de vrais temps de création partagés, d’échanges, et nous vous inviterons à leurs présentations publiques.
P.-E. Odin

PAULINE BETRANCOURT

Une image doit nous résister, contenir une faille, où la matière peinte entretient un va et vient à la fois séduisant et cruel.
Un glissement qui laisse un sourire perplexe face à la cruauté d’une ressemblance. Ce qui est difficile à nommer se bat dans la matière.
Il y a le choc où ce que l’on pense voir tend vers l’informe, se fait coincer dans l’ombre. Si certaines images ont un nom, ce n’est pas pour les définir mais orienter un trouble. La création d’un hors champ pictural et littéraire qui ouvre à une irréductibilité. Le dessin et la peinture sont des espaces de traversées, où l’image se redresse.
Elle décide de sa souveraineté.

MARJORIE BRUNET PLAZA

L’expérience des limites

Dans la série photographique « Abandon » j’ai voulu saisir l’endormissement, cet instant où l’état de conscience quitte le corps. Le dormeur paraît rendre l’âme.
Tandis que dans la vidéo « Somnambule », en accélérant une heure de sommeil en sept minutes, nous percevons des micros mouvements : une machine à respirer qui ne cesse d’inspirer et d’expirer de l’air. On aperçoit aussi des yeux qui bougent derrière les paupières. L’activité consciente semble être loin, dans une autre dimension qu’est le rêve. Percevoir sans objet matériel. Et oublier.

FLORENT DELOISON

Tetris adventure est une variation autour du célèbre jeu de réflexion, mais se jouant désormais en ligne de commande. Il faut entrer manuellement les commandes au clavier dans la console pour faire se déplacer les pièces. Ce changement au sein même du gameplay instaure un rapport au temps différent. La réactivité du jeu n’est plus immédiate et impose au joueur de faire preuve de davantage de stratégie et de réflexion.
Il s’agit également d’un hommage aux premiers jeux d’aventure textuels (Adventure ), où le joueur devait entrer en toutes lettres les instructions.

RAPHAËL DE STAËL

Self-loop est une installation qui permet de voir des nombrils anonymes d’une façon particulière. En effet ceux-ci sont sur diapositives, et disposés sur une structure circulaire. On peut les observer grâce à un chariot mobile muni d’une loupe, qui déclenche devant chaque diapo une lumière utile à la lecture. Le corps du spectateur est sollicité puisque c’est lui qui fait avancer le chariot. On assiste alors à des chorégraphies passives. L’image n’est pas forcément nette, elle apparaît comme une vision, ou un souvenir.
J’essaie à travers mon travail de révéler des choses auxquelles on ne fait d’habitude pas attention, des phénomènes inconscients, qu’ils soient engendrés et/ou vécus. J’utilise la sculpture autant que la programmation informatique, que ce soit pour magnifier à l’échelle humaine des mouvements imperceptibles, ou interpréter des phénomènes de groupes, de flux etc... C’est l’aspect poétique, l’intime du sujet qui m’intéresse, que le spectateur prenne le temps de s’arrêter pour contempler, interagir, voir même s’impliquer personnellement.

CHRISTELLE ESPINASSE

ANTHONY GIROUD

Disons que cela commence dans la forêt, aux alentours d’Aix-en-Provence. Pendant des heures, je profite du paysage, m’attarde sur les détails d’une écorce, d’une racine qui émerge de la terre, des fibres d’une feuille...
Le regard part en voyage.
Je scrute tout ce qui est à ma portée, je dessine déjà dans ma tête, inquiet de capturer un maximum de détails dans le désir insensé de tout rendre de ce que j’ai vu... Alors, je prends des photos, sélectionne le point de vue, travaille la qualité de la lumière. Muni de ces images emmagasinées, je rentre et je dessine au crayon chaque feuille, chaque nuance, dans un long processus maniaque. Ce n’est jamais assez. Chaque élément à son identité, qu’il ne faut surtout pas perdre, à en devenir fou.
C’est que, mentalement, j’aborde déjà ma propre ballade virtuelle. Durant tout ce temps, je n’ai jamais pensé qu’en trois dimensions. Et j’imagine la brutalité du noir et le basculement de ce dessin névrotique dans un nouveau paysage virtuel, le passage de l’image statique à la fluidité d’une vidéo 3D. De ce qui n’est qu’un arbuste va bientôt naître une autre contrée et une nouvelle promenade. Le feuillage devient une montagne, la racine remontant vers l’arbre devient une rivière et l’arbre en lui-même se creuse comme un immense canyon...

SOLANGE GRENNA

« En principe je filme à la distance ou je peux toucher, où on peut me toucher » Johan Van Der Keuken.

Rentrer dans l’intimité même des choses et des êtres. Ouvrir une fenêtre sur le quotidien de plusieurs individus issus de milieux différents. Inviter le spectateur à partager ces moments de vie... Je me pose, j’écoute, j’observe ce qui se passe autour de moi, autour de ces personnes. La solitude, le temps qui passe, l’attente, un geste, un regard, quelques mots.

Premier combat montre les derniers préparatifs d’un boxeur avant son premier combat. Le dernier entraînement, l’attente de la visite médicale, les vestiaires, le ring.... Le spectateur partage avec ce jeune boxeur les moments de doute et de solitude provoqués par l’attente.

Synopsis :
Kévin, jeune boxeur de 17 ans prépare son premier combat de boxe française. Quelques heures avant le tournoi, il doit apprendre à maîtriser ses doutes et ses peurs afin d’être le meilleur sur le ring.

TOMEK JAROLIM

Noirs est une adaptation de l’installation Google (Rouge Vert Bleu). Comme dans ce triptyque de couleurs, Noirs met le moteur de recherche Google en avant comme arbitre de la couleur. On obtient un patchwork de pixels, une mosaïque en train de se faire, une séquence infinie de noirs moyens, approximatifs, qui n’ont en commun que le mot clé « Noir » sur un Google Image daltonien, mais sensibles aux mots.
Certes ce puzzle représente une image noire en train de se faire, il n’en reste pas pour autant statique : les pixels se suivent et ne se ressemblent pas toujours et se réécrivent par-dessus quand l’image arrive à sa fin. Les valeurs numériques s’ajoutent et vient ce moment où, enfin, la mosaïque sature : trop d’informations, d’images, de superpositions. L’image de ce trop plein de noirs, c’est quand plus rien de plus n’est visible. Ce jour-là, le noir devient blanc et le restera.

EMILIE LASMATRES

UNIVERSALIS

“L’acte est vierge, même répété” écrivait René Char dans ses Feuillets d’Hypnos. Ce processus obsessionnel met en évidence une certaine solitude du partage dans sa réalisation. Le sentiment est ainsi figé dans la matière argileuse comme un tampon mémoriel. La terre est un matériau élémentaire et le plus primitif pour évoquer l’humanité. Cet usage est associé à notre origine et vers laquelle nous conduit notre inéluctable destin commun. C’est dans cette image du corps collectif, dans sa diversité, que j’évoque cette expérience de la globalisation et de la différenciation, voir de la classification. Cet alignement d’éléments archaïques évoque l’humanité et renvoie l’individu à sa propre interrogation. Que suis-je ? Peut-on tracer sa propre vie ?

PABLO MARCOS-GARCIA

”En vue de comprendre la nature d’une société en voie de désintégration, n’est il pas important de nous demander si l’individu peut être créatif ? Nous pouvons voir que là où est l’imitation, il y a nécessairement désintégration ; là où est l’autorité, il y a nécessairement copie. Et puisque notre structure mentale est basée sur l’autorité, il faut nous affranchir de l’autorité pour être créatif. "
Krishnamurti
"Cet état créatif signifie état neuf, état non souillé par l’esprit, Il signifie que nos murs, servant à la fois de remparts contre la réalité et de soutiens, s’écroulent sous la poussée lumineuse. C’est uniquement la poussée lumineuse de la réalité vécue avec simplicité qui découvre en nous l’état paisible, le vide créatif.”
D.Odier

Pour moi la peinture et comme le rock, énergie. "Sortir la peinture comme sortir un flingue et tirer au hasard. personne ne bouge tout le monde est touché. sans pitié pour les pots de peinture à la retraite, ou pour un vieux mur de béton sec, les armes planquées dans une pousette. Ma bouche n’aime pas mes mots, mes oreilles aiment pas tes phrases." Le dessin est un travail bien plus concentratif et minutieux , qui amène le calme en moi. Il est gentil, et ne demande presque aucun moyen, je peux le pratiquer n’importe quand n’importe où. Je l’appelle ma méditation créative.

CAMILLE MOJON

La ligne, l’atome du dessin, cet élément diffus et plat, prend les propriétés d’un objet en trois dimensions. Sur un ton humoristique, s’opère un jeu de dédoublement, d’ombres et les lignes sont à la limite du visible. L’usage du papier calque met l’expressivité à distance et la remet en question.

SYLVAIN NICOLE

L’activité de Sylvain navigue entre différents atolls. Les territoires qu’il traverse sont autant de matières manipulées : travail du métal et de ses possibles fonctions ou représentations, travail du pixel : faire vivre une lumière synthétique tout comme l’image qui la supporte, au sein d’un espace qui n’existe pas. Révéler des données qui appartiennent à l’invisible, faire apparaître dans la réalité des volumes qui appartiennent au domaine du songe. Il y a ici culture de préoccupation liée à la mobilité, aux frontières, à la programmation info[rmatique]graphique pour déboucher sur des réalisations qui s’échelonnent du bijou le plus léché à la réalisation impulsive la plus brute.

VERONIQUE POTIRON

Dans le monde des images en overdose, ma démarche témoigne du désir de créer une peinture qui ne se résolve pas dans un concept, mais qui invite à l’introspection. C’est la chair de la peinture qui m’anime. L’épaisseur et le retrait de la matière, la façon dont les couleurs dialoguent, sont des questions cruciales à mes yeux. Je veux être une exploratrice de la vie contemporaine et de la peinture, trouver le contemporain dans ce qu’il y a de plus intemporel, le collectif dans ce qu’il y a de plus singulier, passer de la représentation à la substance peinte.
Même si je ne choisis pas à l’avance ce que je vais peindre, je suis travaillée par la notion de deuil. La thématique de la mort à l’oeuvre dans la vie (et inversement) est prégnante dans mon travail, mais il est surtout question de la transcendre par la matière. Souvent, je jette une nuit d’encre sur une peinture encore fraîche, les formes de la première couche cherchent à capter un instant plein et solide, tandis que la deuxième vient les pervertir, les dissoudre - une image instable dans un monde instable. La peinture doit empoigner la réalité pour en extraire l’imaginaire, elle doit retentir comme un signal, et lorsqu’on la regarde, il faudrait entendre résonner le monde.

FUMIKA SATO

Mon travail est une sorte de quête commune. Comment approprier l’espace qui nous entoure ? Comment exister dans le monde en tant qu’être humain face à la nature et au temps non humains. Mon approche repose, de façon plus générale, sur la notion d’existence. Plus qu’une question d’identité des personnes, qui focalise mon attention c’est le fait que chaque univers coexiste sur terre : celui des arbres, des oiseaux, des hommes et d’autres.

Deux temporalités se croisent : celle de la terre et celle du ciel. Voyages dans le temps et voyages dans l’espace. L’horizon continue, il me suit. Un arbre crée une forêt. Sur le ciel, comme sur une toile, les oiseaux se déplacent. Je suis sous le bleu. Des oiseaux passent dans le quotidien, ils y dessinent, le temps d’une seconde, un nouvel espace, unique et éphémère.
Le bleu s’étend à l’infini. On pourrait presque perdre pied, si ces tâches vivantes ne venaient capter notre regard. Elles nous glissent dans un état où rêve et réalité alternent, parfois même s’entremêlent, comme les paysages que le train anime.
Dans ce va-et-vient, je songe, je dessine.

AMAURY TATIBOUËT

Ce livre sonore intéractif est conçu comme un recueil de compositions (90 différentes). Il est comme une partition ouverte. Les pages blanches laissent libre cour aux images mentales de l’auditeur et lui laisse possibilité de porter plus d’attention aux sons. Les compositions entendues sont de la synthèse sonore en temps réel. Elles font référence à des univers de science-fiction.

BASTIEN VACHERAND

Mes créations sont directement inspirées des moments passés à flâner au beau milieu de la nature, ces moments de contemplation simples en apparence, mais qui posent beaucoup de questions sur notre place dans l’univers. Mes installations reproduisent des effets du réel qui replongent le spectateur dans ces petits moments universels. Elles sont un non-lieu, un raccourci vers l’extérieur. Je me trouve dans un espace où il est impossible de rencontrer ces phénomènes et pourtant ils me paraissent bien réels. Mais ce n’est qu’une fine couche de la réalité, une surface de lumière et de son qui fonctionne comme la madeleine de Proust. Le point de vue du spectateur par rapport à ces images est volontairement perturbé en jouant sur les échelles, ce qui crée un rapport très ambigu entre le spectateur et l’espace de la pièce.



ne lâchez rien, c’est un crépitement noir et précis, une dispersion ou une agglutination, le ravissant et inquiétant griffonnage des oiseaux sur un papier photographique, la page blanche du ciel ///////////////////// c’est une monstruosité, l’attachement de deux crétins dont la posture est définitivement tordue ///////////////////// c’est l’immobilisation poétique et loufoque d’un vélo au moment où il se solidifie dans le signe impossible de la barrière qui arrête son mouvement ///////////////////// c’est un rayonnement gris où l’épaisseur étouffante du blanc laisse surgir des aveuglements personnels ///////////////////// c’est la clarté clinique d’intérieurs où les poses photographiques combinent une fiction sociale, familière ///////////////////// ce sont quelques tracés comme quelques coupures, sur le tranchant de leurs irrégularités fragiles pour un frémissement sur les bords de la représentation ///////////////////// c’est un rail suspendu où une optique glisse sur des ombilics autour d’un vide central, pour déclencher une lumière intime ///////////////////// c’est un programme technologique de formation conceptuelle d’une image qui ne sera jamais que la conséquence extrême d’une logique automatisée de transcription littérale en pixels des résultats du moteur de recherche google à partir du mot "noir", logique poussée jusqu’à l’absurde dans son pouvoir de révélation et de création ///////////////////// c’est un célèbre jeu vidéo détourné ///////////////////// c’est un sommeil où l’étourdissement, le vertige de la nuit dans son immobilisation momentanée, dans sa suspension motrice, libère les puissances secrètes d’un au-delà de la vie, hors du despotisme du jour ///////////////////// c’est la scène des exercices des corps sportifs enchâssés dans leurs appareillages ///////////////////// c’est une surface vibratile où dérive le centre de notre attention dont le sillage entr’ouvre le plan ///////////////////// c’est le regard porté sur un paysage au fusain qui bascule dans un volume imaginaire, virtuel ///////////////////// c’est un livre blanc pour un effeuillement psychique comme une écriture sonore, invisible - parce que le livre est déjà une proto-néo-technologie au sens de Bernard Stiegler ///////////////////// c’est le rythme immense et humain d’une poignée de terre dans la même main ancestrale et actuelle, jusqu’à l’effondrement, jusqu’au chaos initial ///////////////////// c’est une fresque où le dehors crépite et grimace dans un visage ///////////////////// c’est la performance de l’être-debout de la musique
P-E Odin




   

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