Au commencement, il y a un film : Facs of life de Sylvia Maglioni et Graeme Thomson où il est question de Deleuze, de sa pensée, de sa poésie, avec en toile de fond la formidable expérience, la riche aventure pour une pensée critique, que fut l’Université de Vincennes.
Puis a jailli l’idée, non pas d’une exposition autour du film, mais d’une explosition : une tentative de dispersion des éléments filmiques / plastiques / performatifs du film.
Cette proposition déploie, à partir d’éléments du film, et à partir de rushs non utilisés, une explosition-installations ou performances sur plusieurs lieux de Marseille.
mardi 17 novembre
de 14h à 17h workshop La voix de Deleuze animé par Marielle Burkhalter participation au travail de longue haleine des transcriptions des cours de Deleuze sur le cinéma de 1981 à 1985 pour le site communautaire www.univ-paris8.fr/deleuze/.
à 19h30 projection Filmer la pensée en acte ce n’est pas de la pensée filmée avec Marielle Burkhalter, vidéaste, documentariste et maître de conférences au département de philosophie de Paris 8. "Mon projet à l’époque de Vincennes (1968-1980) en tant que chargée de cours fut de filmer, pour garder des traces de cette effervescence." Ce sera l’occasion de parler de la façon dont le filmage s’insérait dans l’utopie de ce cours à Vincennes ; et, s’ils ont pu être numérisés, Marielle montrra des bouts de vidéo montés par Deleuze à partir de ses réflexions sur le cinéma.

Inarchivé
La boîte noire. Drôle d’objet. Enfant orphelin d’un désastre innommable. Son incarnation même. Elle a longtemps rêvé cet accouchement, cette mise au monde de la disparition dont elle est destinée à être la seule évidence. Dans la théorie de l’information, la boîte noire est considérée comme un espace d’indétermination, entre input et output. Enregistreuse des limbes et des flottements, zones grises de la pensée, dans cette installation, elles deviennent aussi salle de projection de la vie inarchivée des archives.
Le bois où les choses n’ont pas de nom
Perdus dans un bois, deux personnages errent du champ au hors champ, prisonniers d’un royaume entre conte de fée et compte-rendu d’une histoire effacée. Mi-personnages mythologiques, mi-revenants, habitants des fuseaux incommensurables, ils attirent inexorablement l’attention du spectateur qui doit traverser un sol ruisselant de bandes vidéo abandonnées pour s’approcher d’eux. Dans une étrange triangulation de désir et d’angoisse, une danse dont les pas et leurs échos se multiplient et se mélangent, ils deviennent impersonnels.
Qu’est-ce que le feu ?
En rejouant une scène d’Un film comme les autres de Godard, quatre étudiants travailleurs de l’Université de Paris 8 (St Denis) assis autour d’un feu, discutent de la question de l’autonomie et de la circulation de la parole dans les universités de plus en plus axiomatisées par le monde du travail. Ils s’interrogent sur ce qui reste des flammes de la révolte collective en Occident.
blue in green in blue
Les images des cours de Deleuze à Vincennes, refilmées, recadrées et repliées, sont ici présentées sous forme d’un triptyque-intermezzo iconosphèrique. Entre les traînées de poussière et les virtualités dispersées d’un mouvement toujours en décomposition, ce qui émerge est l’exposition d’un corps intensif de la pensée dans une suspension liquide, parfois gazeuse, dont les voix multiples flottent et muent dans les trajectoires indéterminées de l’énonciation.
facs and facts
Une cartographie nomade de documents de recherche (visuels, sonores, textuels, matériels) et d’autres indices qui furent importants pour réaliser le film Facs of Life. Chacun de ces matériaux est exposé au fond d’une bassine rouge, berceau de plastique dans lequel ils attendent l’intervention d’un agent révélateur (chimique, mental, social), pour les réagencer.
Lien pour découvrir FACS OF LIFE catalogue des Instants Vidéos La voix de Deleuze
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