14,15,16.12.18 La compagnie à Supervues/Hôtel Burrhus avec Driss Aroussi

à L’hôtel Burrhus 1 Place Montfort, 84110 Vaison-la-Romaine
Vendredi 14 décembre 2018 de 18h30 à 20h30
Samedi 15 décembre 2018 de 11h à 20h
Dimanche 16 décembre 2018 de 11h à 18h

 35 chambres 35 artistes
voir le dossier de presse ICI

« Avoir une super-vue c’est voir plus loin que le seuil de sa chambre. »

Dans cet hôtel 35 chambres sont ouvertes le temps d’un week-end à qui veut bien y glisser un œil, histoire d’aller voir plus loin que son paillasson. Le risque est grand d’y rencontrer un artiste et ses œuvres, parfois aux murs, parfois au creux du lit, parfois sous le dit-paillasson. Quelquefois la chambre disparaît.

Et si l’expérience de l’art est entre autre l’expérience de l’altérité, alors rien de mieux qu’une rencontre dans une chambre d’hôtel, comme un instant volage… Seulement à Supervues ce n’est pas la foire. Rien à voir avec ces séries de stands calibrés qui égrènent des productions visuelles à longueur de salon et fatiguent nos pieds. Ici s’éprouve un dédale de couloirs, paliers, escaliers qui déstabilisent nos repères, troublent nos sens, et nous déplacent de chambre en chambre, alors bien obligé de regarder, de parler, puis d’écouter.

Les artistes parlent, on les écoute, même si leur parole n’est pas plus importante que celles des autres, elle est nécessaire. On peut penser à « Voyage autour de ma chambre » de Xavier de Maistre et parcourir les formes et les idées du point de vue de son lit, mais là, 35 chambres, 35 espaces investis, c’est une galaxie de petites surfaces de la pensée qui s’invente. Un diagramme structurel de l’art en chambre. Quoique peu d’experts le confirment, tellement les propositions sont variées. Toujours exigeantes, mais décomplexées dans le choix des artistes, invités par des structures de diffusion, invitées par l’équipe resserrée autour de J.B. & L. Gurly, les patrons de l’hôtel, fondateurs de la manifestation et collectionneurs engagés depuis 10 ans déjà ! Dans ce temps, 350 artistes et quelques propositions au sein de la ville de Vaison-la-Romaine sont venus décaler la place de l’art, faisant danser jusqu’à l’aube les théories esthétiques sous les yeux des milliers de visiteurs ébahis, perdus dans cette province romaine et retrouvés dans cet hôtel.

10 ans, c’est beaucoup d’énergie et de précision à poser, ici, la question de l’art sous tous ces modes opératoires, pas mal d’organisation aussi. Cette année encore et à l’heure de cette entrée dans l’histoire, il est bon de voir que Supervues n’est toujours pas myope.

Didier Tallagrand

PARTICIPATION LIBRE

La compagnie présente Driss Aroussi :

Le travail artistique de Driss Aroussi est polysémique, empruntant plusieurs pistes de recherche, navigant entre expérimentation et forme proche du documentaire : ces deux parts du travail articulent une forme d’engagement à l’envie d’inventer toujours à l’endroit où il se trouve. Dans sa pratique il fait appel à ce qui permet de reproduire le réel comme la photographie, de le saisir comme la vidéo. Ces dernières années il a photographié les chantiers de construction, passant du temps avec les ouvriers, partageant leur quotidien, considérant les hommes, les outils, les objets et les lieux. Le réel pour lui porte aussi la marque du travail, les stigmates de ses contradictions, les signes de la transformation qu’il opère sur notre réel. Le monde du travail ouvrier est au centre des questionnements contemporains des sociétés. Ce territoire enclin à de nombreuses transformations suscite depuis plusieurs années son attention ainsi il est l’un des objets de ses recherches artistiques depuis plusieurs années. Avec le film « Sisyphe » une dimension narrative nouvelle apporte un regard poétique et complémentaire sur la question du travail et de la vie.

Présentation de l’oeuvre
Sisyphe est un film de 12’ qui raconte le travail d’un homme dans une carrière à ciel ouvert dans le désert marocain. Ce travail s’inscrit dans le prolongement de mes propositions artistiques, il s’envisage à travers le prisme de la mythologie grecque. Présentement on évoque le mythe de Sisyphe pour indiquer le cycle répétitif de la vie quotidienne. Dans son livre, Albert Camus pointe l’absurdité de la condition de l’homme comme le noeud des sociétés modernes, ici j’essaie de parler de l’humanité dans ce contexte aride. Le métier du personnage de mon film Sisyphe casse la masse rocheuse muni de quelques modestes outils ainsi il alimente les chantiers de construction. Le travailleur est engagé dans ses limites, dans sa fragilité mais également dans sa capacité à se mesurer à la robustesse de la roche. Le paysage du film présente plusieurs strates de l’espace temps : les montagnes, la fossilisation et puis la société humaine par la figure contemporaine du travailleur qui déconstruit la nature pour produire de la culture. Sisyphe prend la forme narrative d’une fable contemporaine s’appuyant sur une histoire du monde, se composant de trois parties principales. Pour commencer Sisyphe commence par décrocher des pierres cela par sa force physique et sa dextérité. Soudain notre protagoniste renoue avec le paysage et la nature dans une séquence énigmatique… Le film se termine par un plan du visage et sa voix off, dit la vie et la mort.

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