Résidence : Gary Hurst – CAtArINa’s Dictionary

Gary Hurst – CAtArINa’s Dictionary

Résidence en vue d’une exposition à la compagnie courant 2019.

Projet d’installation trilingue, multimédia et performée créée à partir du Dictionnaire de Catarina Inês Gomez Moraes.

En partenariat avec CNC – Mécènes du Sud – La compagnie, lieu de création – Département d’anthropologie de Princeton University

Remerciements : João Biehl, Elsa Hourcade
Crédits photographiques : Gary Hurst, João Biehl, Torben Eskerod,

/// résumé du projet

C’est une histoire obsédante et éprouvante, articulée autour d’une femme nommée Catarina. De plus en plus paralysée, elle s’enrage de perdre son temps à Vita, une de ces zones d’abandon social que l’on retrouve dans toutes les grandes villes du Brésil. Ces lieux comme Vita sont des mouroirs pour les indésirables, les malades mentaux, les sans-abri, etc.

Ce projet est un voyage pour connaître Catarina, pour déchiffrer les mots cryptiques et poétiques du Dictionnaire qu’elle a écrit, pour comprendre comment la famille, les médicaments, l’état et l’économie ont mené Catarina à la pathologie et à l’abandon. Donner à son Dictionnaire un corps, une voix et les projeter plus loin dans le monde.

/// le projet

«Le stylo qui est entre mes doigts est toute mon œuvre.» Catarina

Le point de départ de l’œuvre CAtArINa’s Dictionary a été la lecture de l’étude Vita : La vie dans une zone d’abandon social (2013) écrit par l’anthropologue João Biehl (né en 1961, Professeur à Princeton). Alors qu’il observe la mise en place des mesures de santé publique à destination d’une population marginalisée atteinte par le virus du sida, João Biehl se rend à Vita, un asile de Porto Alegre (Brésil). Dans cet établissement, il découvre dans un coin, assise sur une chaise roulante Catarina Gomez (1966-2003). A travers le récit du parcours de cette femme à Vita, Biehl aborde la question de l’industrie pharmaceutique ainsi que celle de l’abandon des patients par la société et par leur entourage dans ce type d’établissement.

Au centre de notre réflexion se trouve ce que Catarina Gomez nomme son Dictionnaire, constitué de 19 textes traduits du portugais à l’anglais par Joao Biehl à partir de ses notes de terrain, et rassemblés en annexe de l’ouvrage Vita : La vie dans une zone d’abandon social – ainsi que par les dialogues entre l’anthropologue et Catarina dont cet extrait :

– Je lui demande : « Qu’écris-tu? » – « C’est mon dictionnaire, répond-elle. Je l’écris pour ne plus oublier les mots. J’écris toutes les maladies que j’ai maintenant, et toutes les maladies que j’ai eu enfant. » – Je lui demande : « Pourquoi l’appelles-tu un dictionnaire? » – « Parce qu’il n’exige rien de moi. SI j’écrivais des mathématiques, je devrais trouver une solution, une réponse. Ici, il n’y a qu’une seule matière du sujet d’écriture, du début jusqu’à la fin… Je l’écris et la lis. »

Avec l’installation multimédia CAtArINa’s Dictionary, tout en tentant de restituer l’intensité des textes – tant dans la singularité poétique du style que dans les questions de société soulevées – je souhaite montrer la réponse de Catarina qui lutte pour continuer d’exister et ce, malgré les efforts produits par la société pour la faire basculer hors du monde, et pour l’effacer de la société.

CAtArINa’s Dictionary est un projet artistique qui explore les mots de Catarina et la lutte qu’elle accomplit pour pousser le langage du côté d’une expérience psychosociale discontinue.

Vita soulève des questions sur la pauvreté, la migration, la violence domestique, l’abus, le sexisme, et la phamaceuticalisation du soin. Vita défie les idées hégémoniques sur la normalité, l’objectivité et l’éthique. Nous abordons Vita depuis une perspective très personnelle et relationnelle tout en faisant apparaître la dimension d’une plasticité humaine au regard de l’incertitude dont la vie sociale peut être faite.

Les textes ethnographiques de Bielh sur Vita sont au centre et au fondement de ce projet qui questionne le monde à travers le langage propre de Catarina, qu’il soit vocal ou visuel, engageant le public dans un dialogue intense avec elle et avec le monde. Avec des actrices comme Elsa Hourcade et d’autres «lectrices», cette œuvre constitue une archive, une installation et une performance, autant d’objets mulltimédias associés et centrés sur le langage de Catarina.

Résidences effectuées dans le cadre du projet : Moly-Sabata Résidence d’artistes, Sablons, France / Maisons Daura, résidences internationales d’artistes, Saint-Cirq-Lapopie, France.

Gary HURST www.garyhurst.com né en 1964 à Johannesburg, Afrique du Sud | nationalité anglaise réside actuellement à Marseille & Berlin

João Biehl http://joaobiehl.net/vita/ http://joaobiehl.net/wp-content/uploads/2009/07/Biehl-2001-Social_Text.pdf

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