[lecture et musique] au MUCEM, à l’occasion du FID-Marseille : MARSEILLE POSTCARDS - Liliane Giraudon, Jean-Jacques Viton et François Rossi à la batterie, avec la participation de Paul-Emmanuel Odin

mercredi 1 juillet 2015 à 20h30

 

 

en liaison avec l’exposition LA CARTE POSTALE REVISITÉE (cocommissariat Caroline Hancock et Paul-Emmanuel Odin) présentée à la compagnie jusqu’au 11 juillet

"Marseille est une ville qui doit avoir des poils sur les dents…" Walter Benjamin

 

Pour cette soirée exceptionnelle, à l’écriture de Liliane et Jean-Jacques va s’ajouter une troisième écriture, celle de François Rossi (Das Simple, Dupain) à la batterie. Le magnétisme hypnotique, sauvage, de ses sons, viendra se frotter aux voix et au silence.

Un texte têtu, mythique, qui s’est déployé sur trois éditions déjà, et qui est pourtant quasiment épuisé (c’est dire sa nécessité) : la première partie est parue en 1981 dans un numéro d’Action Poétique. En deuxio, il y a eu l’édition Some post cards about C. R.-J. and other cards, en 1983 aux éditions Spectres Familiers. Tercio, c’est réédité, développé, transformé pour devenir Marseille Postcards, Le Bleu du Ciel éditions, Coutras, 2006.

Alors que Caroline Hancock (la commissaire du Printemps de l’art contemporain 2015 organisé par Marseille expos) lançait le sujet des débuts de la carte postale photographique à partir du pionnier marseillais Dominique Piazza, Jean-Pierre Rehm a aussitôt pensé à ce livre central de Liliane Giraudon et Jean-Jacques Viton. Paul-Emmanuel Odin (directeur de La compagnie, lieu de création) a pris au mot cette suggestion en invitant François Rossi pour que l’aventure continue. De la carte postale marseillaise au cinéma de Renoir, ce texte est à la fois politique et sentimental ; trente ans après, son actualité est ravigorante.

Qu’est-ce que Marseille Postcards ? Ces cartes postales sont teintées d’« un spleen souvent rentré de rage, cf. les légendes en italiques des cartes postales de l’exposition coloniale). Marseille-Postcards passe donc sensiblement du témoignage (témoin d’une amitié, intellectuelle, avec Claude Royet-Journoud, témoin d’un amour, témoin d’une dette, envers Carl Einstein, contractée par Renoir, couverte par Pagnol, et remboursée 70 ans après par Viton et Giraudon...) au tombeau, le tombeau d’une ville qu’on aime aimer haïr, le tombeau d’une ville qui poisse, "qui doit avoir des poils sur les dents..." (citation de Walter Benjamin, en quatrième de couverture), bref, elle (se) meurt, Marseille, et l’un des derniers carrés vivants sera peut-être ce petit livre, paru en 2006, au Bleu du Ciel (éditeur à Bordeaux)." Amaury Bond

http://www.lilianegiraudon.com/
Jean-Jacques Viton chez POL
http://www.fidmarseille.org