la tête qui marche quand les pieds rêvent

 

 

Le titre a été proposé comme une formule difficile à retenir, sur laquelle chaque jour on revenait, digressait : « alors, les enfants, vous vous rappelez le titre de l’atelier ? » Pendant quinze jours, la formule a été transformée, déformée, triturée par la mémoire des enfants : « c’est la tête qui court et les pieds qui s’envolent », « la tête par terre et les pieds devant »...

 

atelier gestes, mots, images
animé par Anne-Claude Goustiaux, comédienne
et Paul-Emmanuel Odin, plasticien

pour les enfants de 7 à 11 ans

10 séances
pendant les vacances
du 7 au 18 février
du lundi au vendredi de 14h à 17h

Nous avions donc introduit la notion du désordre et de l’envers.
Nous avons été voir l’exposition de Tatiana Trouvé au FRAC.
Nous avons photographié des pieds qui rêvent. Nous avons cherché des situations, des positions, des postures, des acrobaties qui pouvaient exprimer les têtes qui marchent et les pieds qui rêvent.
Une caméra vidéo et deux appareils photos ont été mis à la disposition des enfants pour photographier et filmer toutes ces recherches.

Une caméra a été installée en plongée, au plafond, alors qu’un vidéoprojecteur projetait l’image sur un mur : nous avons pu ainsi travailler sur des mouvements libérés de la pesanteur, des illusions d’équilibres impossibles.
Un théâtre d’ombre a été monté pour des improvisations sur le thème de l’atelier.
Peu à peu, des photographies, ou des poses issues de séquences vidéo enregistrées, ont été projetées sur des grandes feuilles de papier : alors les enfants ont pu tracer les contours de leur tête qui marche ou de leurs pieds qui rêvent. Encre de chine seule, ou encre et couleur. Le passage de la vidéo à l’instant photographique, à la peinture, a mis les enfants en situation de réaliser des peintures dynamiques : à partir de séquences de sauts acrobatiques, roues ou autres, ils ont extrait des instants de ces sauts, puis c’est l’image de ce saut qui était projetée pour être dessinée ; le dessin final, la peinture, l’encre, gardait ainsi un rapport vif avec l’énergie du saut, du mouvement saisi en plein vol.
En accompagnement des nombreuses improvisations, des séquences de recherches corporelles, la vidéo s’est introduite comme ce qui, après coup, pouvait être inversée : alors peu à peu, des actions spécifiques ont été réalisées (lancer de l’eau, jeter des feutres, une balle, marcher à l’envers, froisser du papier, déscotcher, déchirer, remplir un pot, tourner, danser...), avec l’idée qu’on les regardera ensuite en vidéo à l’envers. Certains enfants ont saisi l’enjeu poétique de l’envers avec plus ou moins de rapidité, mais tous ont été conquis à la fin : surtout que l’assemblage vidéo de 20 minutes qui a été réalisé est un peu plus qu’une juxtaposition de séquences faites pour amuser ; il y a des situations minimales autour de quelques objets, de quelques corps, qui tournent autour d’une énigme de structure, où l’envers devient secondaire, un simple alibi, quelque chose qui a permis de se découvrir, de déployer tout un petit monde étrange, singulier.
En fin d’atelier, une présentation a eu lieu devant quelques parents, amis, passants. La vidéo a été montrée, les peintures accrochées, et une présentation de scènes en ombres chinoises a permis aux enfants de montrer leur capacité d’invention, leur capacité à tenir un rôle, à jouer plastiquement avec les ombres et les lumières.