[exposition] IMAGE ET TEMPS RÉEL - Obs/IN - Julien Ferrato et Gaëtan Trovato ; Steven Daniel ; Eve Woda + Tristan Fraipont, Emilie Gervais

 

 

vernissage jeudi 20 novembre à 18h - exposition jusqu’au samedi 20 décembre 2014
du mercredi au samedi de 15h à 19h - entrée libre - visites de groupes sur rendez-vous
Colloque OBS’IN : 20 et 21 novembre
Cette édition de l’Obs/IN sera l’occasion de présenter le travail des lauréats de la bourse de recherche et de création offerte par l’École supérieure d’art d’Aix-en-Provence, l’École supérieure d’art d’Avignon et l’École nationale supérieure de la photographie d’Arles à de jeunes artistes.

 

Le temps réel comme traitement de data via des flux numériques en direct est ici exploré par cinq artistes, dont les trois lauréats.

Le colloque IMAGE ET TEMPS RÉEL a lieu le jeudi 20 et le vendredi 21 novembre à la Villa Méditerranée : toutes les infos ICI

Julien Ferrato et Gaëtan Trovato - 4D -

Entre espace de tournage et installation, 4D est une tentative de restitution d’objet cinématographique.
L’installation se présente sous la forme d’une maquette en carton représentant un paysage urbain dont les personnages prennent possession. Encerclant ce « morceau de ville », se trouvent les rails d’un petit train électrique équipé d’une caméra embarquée permettant de réaliser un travelling. L’outil cinéma s’en retrouve infantilisé et il paraît accessible. Tout comme l’utilisation du carton dans la construction des immeubles, ces cartons qui à l’origine constituent les boîtes où nous entassons nos vieux souvenirs, dans un grenier ou une cave...
Le spectateur a le choix de construire son propre récit par le simple sens de sa déambulation autour de l’installation, il constitue sa propre approche du scénario en tentant de coller entre eux les différents morceaux d’histoires qu’il peut voir et parfois suggérer.
L’installation convoque les souvenirs de l’imaginaire liés à l’enfance, de ses histoires, sans sens ou logique, inventées par les enfants lorsqu’ils jouent avec des idoles modernes faites de bois ou de plastiques...
Le « film » suit la plongée de corps « humain » dans un espace qui tente de reproduire une réalité fictive.
Une poursuite, une fuite effrénée entre deux personnages dans un décor inventé.
Jouant sur le dehors et le dedans, le spectateur est alors invité à voir le trucage, à comprendre les mécanismes de fabrication des images et à y participer.

« Le jeu est une action qui se déroule dans certaines limites, de lieu, de temps et de volonté, dans un ordre apparent, suivant des règles librement consenties, et hors de la sphère de l’utilité et de la nécessité matérielles. L’ambiance du jeu est celle du ravissement et de l’enthousiasme, qu’il s’agisse d’un jeu sacré, ou d’une simple fête, d’un mystère ou d’un divertissement. L’action s’accompagne de sentiments de transport et de tension et entraîne avec elle joie et détente. » Johan Huizinga - Homo Ludens, Essai sur la fonction sociale du jeu - 1988

Steven Daniel - Les Passants

Dans Les passants, l’espace a un aspect cinématographique, ce qui donne à voir une ville où les passants sont figurants et acteurs d’une scène du quotidien. Je donne en quelque sorte la possibilité aux passants de s’observer eux-mêmes dans un dispositif inhérent aux villes contemporaines.
Le choix de la présentation de cette œuvre de 2012 s’est imposé après une recherche sur un projet avec des caméras de surveillance qui n’a pas abouti (l’utilisation de cette technique dans l’espace public de Belsunce pose en effet des questions éthiques et politiques complexes).
J’ai pu rebondir avec cette vidéo, Les passants, où, par sa mise en espace dans l’entrée de la compagnie, un dialogue entre l’intérieur et l’extérieur se nouait tout à coup sans technologie supplémentaire, par un temps réel qui est dans la durée et la fixité du plan (dans la tradition de cette notion de "cinéma direct" qui a de multiples sens dans l’histoire du cinéma, dont celui d’une prise sur le temps présent), et par l’image-miroir que Les passants semble faire à la rue et au restaurant qui fait face à la compagnie.

Eve Woda - Flux

Avec cette série de 19 performances je souhaite questionner la notion de « Flux ». Le terme étant entendu comme un mouvement continu, quelque chose d’insaisissable, et d’immatériel, entre apparition et disparition. Comment rendre visible ces flux ? Que ce soit le flux de notre conscience, le flux d’internet, le flux des villes, du monde. Comment rendre visible cet invisible ?

Avec ce dispositif (diffusion en streaming), ce protocole (système de rdv), les performances donneront à partager, je l’espère - presque tous les soirs pendant un mois - une expérience méditative de la conscience de soi, un rapport au monde. Utiliser le système « temps réel » pour faire vivre une expérience contemplative, de présence au monde, est une manière de critiquer nos modes de vie qui nous font nous oublier ; mais également de redonner à l’image vidéo sa dimension temporelle. « Ce rapport au pur présent, sans histoire, entièrement contenu dans le branchement, c’est-à-dire le dispositif de représentation, induit un individu a-temporel justement, tout concentré sur la seule sensation d’un présent qui lui fait échapper à sa représentation de la mort. La télévision produit ce genre de posture, comme de nombreux moyens de communications modernes basés sur le temps réel ». Françoise Parfait.

Pour finir, j’ai souhaité également questionner l’acte de création pictural. Qu’est-ce que peindre aujourd’hui ? A l’heure de l’art contemporain ? A l’heure du numérique et de l’image internet ? Ma démarche va en ce sens : « peindre autrement », avec un travail sur la gestuelle. Mais la nature des performances web est particulière, faites d’images en mouvements, temporelles, éphémères et au final immatérielles. Mon geste traduit cette immatérialité. Peindre le flux d’internet, peindre des images immatérielles, éphémères, entre apparition et disparition ; peindre le « temps réel ».

L’artiste vous invite à découvrir sa série de 19 performances en temps réel « Flux » pendant un mois à la galerie « La Compagnie, lieu de création » ou en vous connectant sur le lien si dessous, tous les mercredis, jeudis, vendredis et samedis à 18h30 du 20/11/2014 au 20/12/2014. La performance étant d’une durée de 5 à 10 min, en cas de bug, internet sera relancé régulièrement jusqu’à 18h40. Au-delà il ne sera plus possible de voir la performance.
http://www.ustream.tv/channel/evewoda

Le son de certaines performances est issu de : http://locusonus.org/
remerciements : Peter Sinclair.

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Tristan Fraipont - m(e)rror

Google propose un outil de recherche d’images fonctionnant non pas par mot-clef mais par image-clef. m(e)rror est un miroir numérique déformant. Le visiteur est invité à faire son image. Les "images similaires" que Google produit sont aussitôt diffusées, aléatoirement.

////L’œil de la machine et son regard
Le moteur de recherche Google répertorie inlassablement et depuis quelques années la plupart des images qui circulent sur internet. C’est la plus grande collection d’images de l’histoire. Un service permet d’effectuer une recherche dans cette base de données non pas par mot clé mais en utilisant une autre image. L’algorithme analyse l’image et nous retourne une série d’images qui, selon lui, ressemblent à celle qu’on lui a envoyé.
L’utilisateur de m(e)rror est donc invité à figer un instant du direct, et, après quelques secondes, on lui renvoie une série d’"images similaires", diffusées dans le désordre.
m(e)rror, c’est le "regard de la machine" ; il y a analyse. Il est assez frappant de voir comment cet algorithme est capable de reconnaître des gestes, des formes, et des ambiances qui parfois semblent évidents, mais qui parfois n’ont rien à voir avec l’image envoyée. Nous voyons des choses que la machine perçoit autrement, et vice-versa.

////Un diaporama de l’internet
Les images retournées sont autant d’exemples de la surproduction picturale d’internet, images amateurs de personnes qui se filment elles-mêmes, images tirées de films ou de séries, images de paysages, dessins, peintures, images animées etc. Toutes, sans distinction au préalable, sont uniquement liées par cette image de nous, qu’on vient de prendre.
En réalisant cette pièce, je m’intéresse autant à la globalisation des systèmes de surveillance, qu’à notre exposition volontaire sur internet, ou encore à la manière dont notre individualité est perçue par les algorithmes et autres systèmes programmés.
La recherche d’image par image de Google n’est pas innocente et sans but ; elle participe aussi, et peut-être avant-tout, de programmes “intelligents” de détection des « comportements suspects », de système de reconnaissance faciale et d’autres aptitudes computationnelles toutes plus inquiétantes les unes que les autres quant à nos libertés. Pourtant, nous produisons volontairement des contenus réutilisables par ces systèmes.
Le hasard que m(e)rror introduit dans la série des images similaires, sera-t-il puissance créatrice, associations libres permettant d’échapper à ce contrôle ?
Qui sommes-nous pour google image, personne anonyme, ou identité reconnue par l’image, bel et bien fichée ?

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Émilie Gervais - #ThisCouldBeUsButYouPlaying
présentation du processus de travail 10 lignes
Je suce du contenu web, le digère et le recrache en le mélangeant avec du contenu
issus de mon quotidien, personnel ou pas, objectivement ou subjectivement.
J’aime pas les cupcakes. Je veux un chic porte-cigarette et des pilottis
pour écouter du jazz à New York with my Baby Luv. I break into a download urge.
La peinture après Basquiat, c’est le maquillage permanent semi-permanent :
tw33n m0d3l pink h4ir str33t j3rs3y necklace
#DIFTA