[à venir] TRINAKRIA de Gaëtan Trovato, Romain Rondet, Robin Touchard

 

 

court métrage et projet en cours de montage.

 

« Le désastre prend soin de tout. » Maurice Blanchot, L’écriture du désastre.

Trinakria est le nom donné par les Grecs à la Sicile au temps de leurs domination, signifiant « les trois pointes » ; le mot désigne les trois villes aux extrémités de l’ile (Messine, Marsala et Syracuse). Trinakria est un projet pluridisciplinaire. Autour d’un élément centrale (le court métrage), sculptures, installations, photos et vidéos complèteront le projet. Le court métrage est aussi la libre interprétation d’un texte de Jean Epstein paru en 1926 intitulé Le cinématographe vu de l’Etna.

A l’intérieur d’un paysage volcanique, trois hommes. Ils semblent se mouvoir, les visages éclairés par les irruptions du magma. L’Etna. Cet amas de basalte, aride, hostile, est plus qu’un décor, il devient l’objet qui attire tous les désirs. C’est un personnage à la fois central et distant. Il va rendre les personnages « autres ». Est-ce eux, est-ce lui, qui s’approche ? Ils vont devoir s’adapter, et changer le but de leur recherche. Tout se dévoile au rythme de la déambulation. Comment peuvent-ils prendre la mesure de l’endroit ?
Le jeune à la casquette, avec son ballon sous le bras, veut jouer. Il regarde les autres, il regarde l’Etna. Le deuxième personnage, en combinaison jaune, est à la fois le géomètre qui veut relever la topographie chaotique du volcan, à la fois l’archéologue qui fouille le sol pour y trouver on ne sait quelle réponse, à la fois le viking, le normand, lointain habitant de Sicile. Le troisième, avec ses moyens, avec effort, est celui qui fabrique leur vestige, il érige cette si faible protection contre le prochain éboulis du temps.
Leur point de rencontre se fera dans une danse absurde, résistante face aux mythes, face à la cinématographie, face à la roche. Trinakria est l’histoire d’un trio éclaté, dépassé par ses propres tentatives de créer.