enfermement

 

 

un film photographique d’Anne-Marie Filaire, projeté en plein air et en continu (45mn en boucle), les vendredi 1er, samedi 2 et dimanche 3 mai 2009, de 20h à 22h. Rendez-vous, au 5 rue des petites Marie, devant l’Hôtel Le Cinq, quartier Belsunce à Marseille. Apéro d’ouverture vendredi 1er mai à 20h.

 

Le travail photographique d’Anne-Marie filaire « ne tient pas du reportage mais s’apparente à une attitude de documentariste ». Elle s’intéresse à l’évolution des espaces et ses photographies « sont majoritairement consacrées à des entre-deux, des zones tampons, des zones frontières, dans lesquelles, même si aucun habitant n’est présent, les traces de l’activité humaine saturent l’espace. Sous la forme d’un constat, ses images montrent avant tout la structure mouvante d’un territoire en évoquant le paysage dans sa dimension politique ».

Nous avons voulu penser la diffusion du film dans cette visée : en le projetant dans l’espace public, nous voulons susciter, le débat, la discussion, la rencontre renouer avec le sens ancien du mot politique, c’est-à-dire ce qui concerne les affaires de la cité. Il nous a semblé que le mur est la figure politique par excellence, et qu’il nous faudrait ensemble tenter de le déplier.

plan d’accès à l’Hôtel Le Cinq, lieu de projection


Abudis 04.10.2004

Mon travail en Israël et en Palestine a débuté en juillet 1999 à Jérusalem, un peu plus d’un an avant la deuxième Intifada. En 2004, au moment de la construction du mur, j’ai commencé à faire des relevés de terrain sur les zones frontières et je suis revenue photographier ces lieux de façon régulière pour enregistrer l’évolution des paysages. Ce travail a nécessité beaucoup de temps et c’est ce temps qui est donné à voir ici. Ces images parlent de l’enfermement, de la façon dont l’espace est investi, transformé, de la façon dont la vision est bouleversée. Elles introduisent une réflexion sur la construction et la déconstruction du regard. Elles permettent de documenter cette période où l’espace s’est fermé, de confronter ces paysages et notre regard avant, pendant et après cette fermeture.
Cette frontière entre Israël et les territoires palestiniens, matérialisée par un mur, est quelque chose de très violent. Et j’ai voulu décrire l’impact sur les territoires de la présence de ce mur construit par les Israéliens, mais aussi décrire les contenus et les formes des espaces que constituent les « zones frontières ».

J’ai décidé d’arrêter aujourd’hui ce travail. Le film « Enfermement » est un long travelling qui témoigne de ces années de fermeture des paysages particulièrement autour de Jérusalem. Ce qui y est montré c’est ce temps. Le film est une boucle.
Anne-Marie Filaire, Paris, 24 juin 2008



Abudis 03.03.2004

Anne-Marie Filaire
Née en 1961 à Chamalières (63), elle vit et travaille à Paris.
Anne-Marie Filaire a mis en place un des itinéraires de l’Observatoire photographique du paysage en France à la demande du ministère de l’Environnement en 1997 et a produit pour France Culture en mars 2006, « Sanaa, 20 juillet 2005, une journée sans image ». Son travail photographique se situe spécifiquement dans les zones dites frontières au Moyen Orient et en Extrême Orient, mais aussi en Europe où elle vient de répondre à une commande du Centre Régional de la Photographie Nord Pas-de-Calais, sur les paysages de la région transfrontalière franco-belge.
Elle a collaboré à la revue internationale et stratégique IRIS.



Naplouse 04.2006



Textes critiques
Le mur déplié, Michel Poivert, Paris, 2008
L’art en temps de guerre, l’exemple de la société israelienne, Itzhak Goldberg et Serge Tisseron, Paris 2005
Les temps du paysage, Nathalie Cournarie, Lectoure 2003



Camp de réfugiés de Shufat, vu depuis Anata 04.2006