Situé entre l'objet et la sculpture, il est l'exagération « hollywoodienne » d'un melting-pot d'esthétiques : on pourrait y reconnaître Mondrian, Lichtenstein, voire même du Malevitch, du Pop et du design. En résulte du kitsch en ce qui concerne l'apparence. Les mécanismes à l'intérieur sont l'allégorie de la pensée tournée à la dérision, puisqu'au final, ce que le distributeur donne en retour, n'est qu'ironie du sort...
D'une manière générale, je travaille avec un humour à la limite du cynisme pour traduire certaines vanités de ce monde.
C'est seulement pendant le romantisme qu'apparaît le paysage nu, sublimé, qui sert de caisse de résonance à l'âme errante.
Asphyxiante peinture, irritations et aberrations, hésitez-vous ? Tout est dit.
Vous vous trompez.
Le poids de la peau, l'absence des mots.
Une sculpture de combat tend vers nous sa surface, un champ de bataille qui permet l'intimité et l'affrontement des formes et des motifs. Pris dans la masse de la richesse utile, les objets et matériaux de mes pièces se perdent en accueillant leur part de sculpture, en affirmant l'apparence comme force de réversion des valeurs, en acceptant l'idiotie ou l'anachronisme. Mal déguisée, maquillée à la hâte comme une voiture volée — ici, entre le vaisseau spatial, le casque de soldat et la mue d'insecte monstrueux —, la sculpture refuse de s'accomplir et pourtant montre les dents.
Toute l'ambiguïté de cette pièce joue sur l'attirance due à la couleur rose, couleur de la séduction commerciale (du bonbon à la Barbie) liée au marché, de tout ce qui a trait à la consommation régressive que renforce les cactus hérissés de piquants. La couleur rose associée au bois issu des palettes et aux cactus peut également évoquer le monde du routier, de la route bordée de cactus, de l'univers des autoroutes bordées de palettes et de marchandises. La pièce n'en finit pas de tourner où les choses viennent s'empiler, s'accumuler sans fin. Néanmoins, l'éclatement de la palette peut-il apporter une touche d'espoir dans cet empoisonnement total et fatal ?
Mon champ d'investigation — là où je me promène — se situe entre la ville et la nature, à la périphérie des villes, en banlieue, en bordure de voies périphériques, d'autoroutes, de litoraux, de cours d'eau et de « non-lieux ».
Ma pratique se situe dans une dimension onirique où l'on s'interroge sur la présence d'images et de formes, reflets de mes inquiétudes, de mes soucis et de ma position par rapport au monde. Y arriver est à chaque fois une expérience tendue, sur le fil du rasoir, proche du déséquilibre.
Chaque projet comporte une prise de risque et une remise en cause où j'essaye d'éviter l'enfermement répétitif d'un certain confort du matériau ainsi que d'une esthétique maîtrisée.
C'est un instantanné paralysant d'un déménagement au bord de la rupture, ou comment une structure supporte une forme, s'en accomode sans vraiment la comprendre. C'est la tentative d'authenticité de la moquette face au billot de bois. Plus qu'un dialogue de sourds, c'est un duel d'aveugles. Chercher déséspérément la réconciliation du mou et du dur, sans accépter l'un sans l'autre.
Mais eux ! Mes oeufs n' y comprendront rien, mes yeux dans les oeufs, un regard sinueux se baladant dans le champ de graphite.
Macros copie incarne le flux de la respiration. Le souffle et sa circulation résonne dans la forme par une mise en espace ondulée. C'est la copie visible d'une traversée dans les airs.
A travers mes sculptures se développe toutes les combinaisons possibles pour évoquer les liens entre une matière et son contexte biologique et architectural.
Je façonne la posture des formes avec des associations de matières. Les structures centrales sont souvent métalliques et liées, alimentées ou contaminées par des modules externes construits en céramique, plastique... Ce dialogue entre les formes et les couleurs, les masses et les volumes, est comme un pont entre les pratiques primaires et contemporaines.
Dans le film L'étalon noir numéro un, le jeune Alec Ramsey se retrouve sur un paquebot qui fait naufrage en pleine mer. Il est sauvé par un bel étalon noir. Tous les deux échouent, épuisés, sur une île déserte. Alec tente d'apprivoiser le cheval et le nomme Black en raison de sa couleur. C'est le début d'une grande amitié.
Les sculptures que j'apprivoise ne sont pas black mais multicolores, brunes ou blondes, en bikini ou carrément à poil. Ma petite gourde est remplie de rhum ambré. Le paysage qui m'habite est bien une île mais elle n'est pas déserte : plages, lagons, cocotiers, mangroves, forêt primaire, sables mouvants, végétation luxuriante, dunes, barrière de corail occupent mon champ visuel.
Comme dans L'Invention de Morel (Adolfo Bioy Casares), des personnes s'affairent sans me remarquer. Elles fabriquent des choses, font des feux, disparaissent. Je les observe.
Les objets fabriqués sont des genres de trophées hétéroclites, des totems bricolés avec les pellicules des hommes civilisés et des lianes séchées, comme ceux des habitants de l'arbre dans le film Cannibal Holocaust.
Figure d'ironie, contraste entre une réalité cruelle et inattendue, où l'interrogation du sujet dans la peinture se pose par la fabrication d'un système d'assemblage d'images devenant un paysage de sentiments.
« L'art nous est donné pour ne pas mourir de la réalité. » (F. Nietzsche, in Ainsi parlait Zarathoustra)
Ma peinture est là pour combler un manque dans une société qui ne me satsifait pas malgré la multitude d'images qu'elle nous impose.
Mon projet artistique est de réaffirmer l'expérience artistique comme phénomène libérateur dans un monde institutionnalisé.
Ma peinture est figurative car la figure est un lien social avec le spectateur. Elle lui offre la possibilité de se réapproprier le monde, car la peinture est un ensemble de signes producteurs de sensations qui renouvelle chaque fois la perseption du sujet. Elle permet enfin au spectateur de s'extraire du monde institutionnel en mettant de côté un savoir conceptuel pour se plonger dans une perception empirique.
Les peintures que je présente sont des paysages qui resurgissent de mes souvenirs. Ils évoquent l'enfance ou les vacances, le jeu, l'évasion : ils sont des lieux coupés du monde d'où je regarde le monde, et en cela ont valeur métaphorique de ma vision de l'art. Cherchant à évacuer tout naturalisme, ils sont construits de manière empirique. Leur modèle n'est pas une image, mais une vision intérieure.
K heb zo lang met de rommelpot gelopen :
« J'ai beaucoup couru le monde avec mon pot à bruit. » Performance en Flamand.
BOUGIE LUMIéRE
Composition ˆ la bouche pour une flamme de bougie et un haut parleur.
Bref,
pas un travail mais un défaut de prononciation.
Par le mouvement insufflé, l'objet déniché devient matière qui se plaint, performe, tente, râte, recommence, s'épuise mais continue toujours dans l'entêtement. La tentative a partie prenante. Par sa motricité, l'objet devient chose, il acquiert sa propre autonomie et évolue selon ses seules capacités.
En croisant des images personnelles et d'autres qui convoquent l'imaginaire collectif, Justin Sanchez crée des situations qui se dérobent, ou en tout cas qui dépendent de ce que l'imagination veut bien nous permettre. La structure d'un avion de papier démesuré est arrêtée dans son vol par la cimaise. De petites voitures Majorette privées de leurs roues viennent narguer une grande usine Total. Des balles de tennis survolent le château de La Belle au Bois Dormant de Walt Disney telles des étoiles — vous pouvez faire un voeux !
Avec la pièce présentée pour Pinède Légende s'opère un glissement. L'assemblage empirique de formes et d'objets ne met personne à l'abri d'une surprise — le double de l'artiste subit une métamorphose kafkaïenne —, encore moins d'une évidence. S'il en est une à trouver ici, c'est celle de la posture de l'artiste : paralysé par un contenant trop étroit pour se mouvoir, et trop massif pour faire office de nouveau corps, il s'accorde le plaisir de se sentir filer à bord d'un engin profilé, sur une voie qu'il lui reste à tracer.
Création en évolution, qui oscille entre le désir d'amener une réflexion, une pensée dans une perspective sculpturale, et celui de toucher au sensible par la construction plastique.
Construction vicérale où les tensions de l'étranglement nous ramènent à notre croix. Image d'une société judéo-chrétienne dont la triste représentation est cette morale nocive qui essore les boyaux des peuples.
Cette sculpture est un tirage défectueux de la réalité ; c'est de la pourriture que l'on craint le complot. SECRET DES TAS propose une forme archétypale nouvelle de la figure du pouvoir.
Mon travail traite des glissements de terrain dont l'homme est à la fois maître et victime, des contradictions présentes au sein des activités humaines, et de la Culture.
IL N'Y A QUE LA VÉRITÉ QUI BAISSE.
Dans cette installation, un seau tente de « cracher » dans l'autre, sans jamais atteindre le but ; au sol se forme une flaque, tandis que le seau reste vide ; c'est une pièce inconditionnellement optimiste...
Je mets en scène des événements irrémédiablement élémentaires qui suscitent de la stupeur par leur improbabilité ; leur nature est souvent dérisoire, leur importance comme leur sens, subtil.
Des photographies sont prises pendant la soirée du vernissage. Le soir-même elles sont retravaillées, imprimées et affichées sur les murs de la ville. L'utilisation des images, la privacy. Les images publiques. Les images personnelles. La réalité comme base de données.
Photographe d'origine italienne, Tamara Vignati questionne la forme, l'interprétation et l'utilisation des images photographiques. La position du subjet-objet.