Version Originale non sous-titrée. Özlem Sulak

 

 

exposition du 16 mai 2013 au 7 septembre 2013
ouverture du jeudi au samedi de 15h à 19h
accueil de groupes hors des temps d’ouverture public
entrée libre
vernissage le 18 mai à 18h à l’occasion du Printemps de l’art contemporain avec à 19h une performance d’Özlem Sulak


Une coproduction La compagnie/MP2013
Projet lauréat 2013 de Mécènes du Sud
En partenariat avec le FID-Marseille


La deuxième partie de l’exposition, Les livres-témoins, ouvrira le 13 juin au Centre de documentation du FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur :
Verborgene Buecher (Les livres cachés, 2010) et 160,5 kg (2011-2013), y seront présentées du 13 juin au 1er septembre 2013

 

L’œuvre d’Özlem Sulak s’inscrit dans un rapport radical à l’esthétique et au politique. Elle parcourt en profondeur l’histoire contemporaine, traversant des enjeux qui sont aussi bien ceux de la Turquie, que de l’Europe, du monde globalisé.
L’exposition à la compagnie rassemble plusieurs œuvres récentes inédites en France dont une œuvre nouvelle.

L’œuvre maîtresse 12th September (2009) traite du coup d’Etat de 1980 en Turquie. L’horizontalité de la loi, du politique, émane directement du cadrage, d’une esthétique radicale, où coexistent des points de vue antagonistes.

L’installation intitulée Version originale non sous-titrée (2012, produite pour cette exposition) met en avant l’irréductibilité et la multiplicité des langues qui composent l’identité de l’artiste, en proposant l’écoute de son récit autobiographique simultanément en turc, allemand, français, anglais.

Une œuvre est produite à l’occasion de cette exposition, où Özlem prolonge son travail sur les livres censurés en Turquie à partir du cas de Sexus de Henry Miller à Paris : Chambre 17 (œuvre coproduite par Marseille-Provence 2013 et la Compagnie, avec le soutien de Mécènes du Sud-projet lauréat 2013).

Özlem Sulak et Sexus

Le film-installation Chambre 17 d’Özlem Sulak (2013) a été spécialement produit pour l’exposition dans le lieu de création La compagnie à Marseille dans le cadre de la capitale européenne de la culture. Après s’être penchée sur la censure en Turquie, Özlem Sulak s’intéresse ici à la censure en France, en traitant de l’Affaire Henry Miller - Sexus. En 1949, un arrêté interdit la publication de Sexus par les éditions de la Terre de feu. Chambre 17 se penche avec précision sur cette étrange édition de Sexus, malicieusement et volontairement caviardée par l’éditeur pour exciter l’imagination des lecteurs. Même Emmanuel Pierrat, dans Cent livres censurés, se méprend sur l’originalité de cette histoire, et croit que c’est la justice qui a fait caviardé le texte. Or l’éditeur, Maurice Girodias, a dévancé toute platitude (il le raconte un peu déjà dans son autobiographie).
Comment la censure en vient-elle alors à censurer un livre qui s’est déjà auto-censuré, sinon parce que l’attraction pour l’interdit est prise à son propre piège, à sa propre publicité ? L’histoire de ce livre a peu à peu révélé ses secrets et ses détails à partir de recherches assidues dans les fonds juridiques des Archives de Paris. Le dossier a pu être examiné en profondeur. Même le chef de la Brigade mondaine se prend d’affection pour le grand écrivain américain, alors que le président du Cartel d’action morale déchaîne une haine hyppocrite sur lui (l’histoire montrera qu’il était pédophile…).
Le film d’Özlem Sulak constitue à sa manière un livre d’artiste cinématographique, avec la chorégraphie intime des mains qui ouvre le livre original au coupe-papier. Le titre renvoie à la 17e chambre correctionnelle où sont traitées les affaires concernant la presse, l’édition, y compris aujourd’hui. La représentation de cette chambre en imagerie 3D avec des couleurs grises et noisette fait penser à la peinture hollandaise de Peter Saenredam, à son dépouillement. Les mouvements horizontaux contiennent l’horizon de l’égalité de la Loi. L’affaire « Miller-Sexus » a duré 7 ans et s’est terminée par un non-lieu pour défaut de procédure. (Paul-Emmanuel Odin)

voir la vidéo ici :https://vimeo.com/75745499
2013, HD-Video, Stereo, 20’00”

article :
http://www.med-in-marseille.info/spip.php?article1804

liens :
http://www.arte.tv/fr/exposition-l-art-et-la-revolution/3752302,CmC=3753318.html

http://www.castyourart.com/en/2012/09/20/oezlem-sulak-bankaustria-kunstforum/



La deuxième partie de l’exposition, Les livres-témoins, ouvrira le 13 juin au Centre de documentation du FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur :
Verborgene Buecher (Les livres cachés, 2010) et 160,5 kg (2011-2013), y seront présentées du 13 juin au 1er septembre 2013

Comment les livres sont-ils les témoins de l’histoire ? Au moment du coup d’Etat de 1980 en Turquie, des tonnes de livres ont été brûlées. Et ceux qui possédaient de tels livres ont été arrêtés, emprisonnés.

Que font alors ces mains dans les deux écrans vidéo de Verborgene Buecher  (2010) ? Cette chorégraphie muette, strictement synchrone (mais pourquoi faut-il que cela soit réglé de la sorte sinon pour que l’instant fugace soit plus tranchant ?), renvoie à un rituel familier, celui qui consiste à protéger des livres en les recouvrant de papier. Nous avons fait cela dans notre enfance.
Mais dans le silence qui rayonne aussi mystérieusement dans cette proposition, dans l’horizontalité de ces tables et du cadrage, un mouvement solennel se fait entendre, garde quelque chose d’opaque que l’image ne dit pas, mais indique en tous ces points : l’horizontalité de la loi passe par le regard, et uniquement par lui. Nous sommes fixés par ce qui nous regarde ainsi, par ce qui semble un tribunal muet et implacable où est convoquée cette dimension si essentielle et si mystérieuse, d’une politique de l’inconscient.

160,5 kg (2011-2013) est une œuvre dans laquelle Özlem Sulak collectionne au fur et à mesure qu’elle les trouve les livres qui ont été censurés en Turquie pendant le coup d’Etat. Le titre est le poids de ces livres ; il change donc au fur et à mesure que cette collection s’agrandit. La proposition condense une grande force conceptuelle et toute la pesée nouvelle d’une perception remplie par la masse corporelle, physique de ces livres, auxquels l’impensé se heurte.

FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur - Centre de documentation
20 boulevard de Dunkerque, 13002 Marseille
(Métro Joliette)
infos@fracpaca.org http://www.fracpaca.org

exposition du 13 juin au 1er septembre 2013
ouverture du centre de documentation du mercredi au samedi de 10h à 18h et le dimanche de 14h à 18h.
vernissage le 13 juin à 18h

Contacts centre de documentation :
Virginie Clément-Maurel virginie.clement@fracpaca.org
Séverine Davignon severine.davignon@fracpaca.org
Elsa Pouilly elsa.pouilly@fracpaca.org
t +33 491903083 / t +33 491902898



Özlem Sulak est née en 1979 à Kayseri (Turquie). Son travail englobe le personnel et le politique dans un équilibre subtil. Ses films et installations expriment un point de vue qui active un débat public. Les thèmes qu’elle aborde dans ses vidéos relient ses histoires familiales à l’immigration et aux événements politiques de la Turquie contemporaine.
Özlem Sulak a été formée dans différentes écoles : Liverpool Institute for Performing Arts, Bachelor of Arts (UK) ; Hochschule Für Künste Bremen, Digital Media, Master of Arts (Allemagne) ; École nationale des beaux-arts de Lyon, Post-diplôme.
Elle a participé à de nombreuses expositions internationales dont To hug a snake, Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Lyon ; Résonnance à la Biennale de Lyon en 2011 ; What If They Were Right ? à la Galerie Antje Wachs à Berlin.
Des expositions personnelles lui ont été consacrées : Reform, Revolution, Putsch, Kunstverein Hannover (DE), 2011 ; Tresor Bank Austria Kunstforum, Wien (AT), 2012.

http://www.mecenesdusud.fr/
http://www.mp2013.fr
http://www.marseilleexpos.com
http://www.fidmarseille.org

Portfolio

  • La Marseillaise-19/05/13
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