Tristan Fraipont - Vultus Nebula [installation]

 

 

A l’occasion du Printemps de l’art contemporain
Pour la soirée du samedi 31 mai, de 22h à 2h du matin au Cinéma Les Variétés 37 Rue Vincent Scotto, 13001 Marseille

 

Une proposition de la compagnie pour l’exposition Pareidolie (Le Salon du dessin contemporain PAREIDOLIE aura lieu le 30 et 31 août 2014 Château de Servières - 11/19 Bd boisson 13004))

LE LOGI-CIEL NUAGEUX DE TRISTAN FRAIPONT

La pareidolie est une pulsion figurative (ce phénomène consiste à reconnaître des figures, visages, humains, animaux, là où il n’y en a pas, dans les nuages, dans les pierres, etc.).
Tristan Fraipont utilise ici un programme informatique automatisé, une application pareidolique de reconnaissance de visage humain qu’il a créé.
Il applique ce logiciel sur une image vidéo de ciel nuageux.
L’intermittence des carrés qui s’affichent là et là, à différentes tailles, de façon très imprévisible, là où se trouvent des visages qu’aussitôt nous essayons de percevoir (mais la machine a des critères et une perception qui ne sont pas tout à fait les nôtres), fait comme un orage parsemé d’éclairs muets, au creux de ce qui lie intimement perception et intellection.
La mouvance du devenir incessant des nuages, ce flux de métamorphose continue, est-il donc récupérable par un ultime avatar numérique du bertillonnage* (la reconnaissance de visages fait partie désormais des applications grand public comme iphoto) ? Quel(s) visage(s) sont reconnus par le logiciel, quels traits de visagéité, propres à tous les visages, pas tous ? Le visage est-il un tel nuage, irréductible à la reconnaissance ? En quoi consiste la fiction de l’identité par rapport à l’idée d’un visage ou d’une identité qui changerait à chaque instant ? Que délimitent encore ces cadres blancs, sinon des blocs de ciel, dont les visages nous échappent, inconnu, enfoui derrière l’apparence du vent, de la lumière et de l’air ?
L’œuvre a un titre nouveau à chaque présentation.

* Alphonse Bertillon, criminologue, a inventé l’utilisation de la photographie (1953-1914) à des fins judiciaires pour qu’elle serve à reconnaître les criminels et le type de criminels selon la forme du visage. Aujourd’hui, sur un réseau comme Facebook, tout le monde se bertillonne à tout va. N’avons-nous pas besoin alors de ne pas être reconnu ?


Voir en ligne : http://www.pareidolie.net/