Soirée Régressions Infinies

Natalie Hofmann, performance / Claire Dantzer, vidéos

 

 

samedi 23 novembre à 19h
entrée libre.

Natalie Hofmann, performance / Claire Dantzer, vidéos

Toutes deux se laissent glisser en amont de là où elles étaient. C’est une descente infernale. La première suit une pente sauvage dont les gestes chorégraphiques font monter les vibrations jusqu’aux secousses de l’esprit et du corps, la seconde se heurte à l’impossible arrêt d’une folie orale qui engloutit phantasmatiquement le corps propre.

 

Natalie Hofmann - White is Orange
performance // travail en cours - 2013

JPEG - 45.9 ko

White is Orange est un travail sur la ligne et son impossibilité.
Lien entre deux points, un point de départ et un point d’arrivée.
Elle parle de la vitesse d’un éclair d’esprit, d’une pensée, d’une projection mentale d’un but, d’une envie.
Elle est l’expression claire de la nature de l’esprit - en réalité physique, elle est une utopie.
La ligne parle aussi de la volonté. ‘Je veux aller là.’

À plat ventre sur les éboulis, c’est le poids qui agit, la volonté est abandonnée - le corps dessine une ligne, qui suit la gravité - chose si terriblement terrestre.

Lien, projection, coupe, fissure, fossé, pente, cachette, contact, intimité - allons y.

Dans le cadre d’une résidence à l’atelier de Lorette White is Orange voit le jour en septembre 2013.
Ce travail succède Red is Green ( présenté à la compagnie en avril 2013 ) et explore la relation entre l’espace, l’architecture, l’installation, la peau, la chaleur. Ces éléments mènent à l’écriture de la partition.
Ici à la Compagnie, la partition sera montrée en version ‘exportée’.
Démunie de tout contexte initial elle se montrera dénudée - et risque de développer une autre vie.
Ce travail pourrait s’appeler aussi bien ‘ON, UNDER, WITH’ : de l’extrême exposition, en passant par l’intimité obscure du dessous, à l’organicité ancré dans les entrailles.
La ligne droite se heurte au poids de la gravité et à l’organicité cellulaire, ondulante et fluctuante.
La peau respire. L’impossible existe et l’idée devient tangible en tant que vibration.
Enfin - l’espace n’est qu’une extension de nous.


Claire Dantzer, vidéos

JPEG - 44 ko

Les vidéos que présentent Claire ce soir sont autant de variations sur la bouche détachée de sa fonction parlante, entre le rire, l’appel à la mort, ou l’accouchement oral mystérieux d’une chose inconnue (langue-étron, supplément noir, régurgitation d’un sens inavalable).

LOL :) 2010 Vidéo 11’

Performance commandé à une comédienne (Laetitia Langlet) à qui il a été demandé d’imiter un fou rire durant 10 minutes.
Filmé en plan séquence d’une seule prise, différents états se font ressentir tout au long de la vidéo à la fois hilarant, agaçant, hystérique parfois à la limite du supportable, on ne sait plus où se situe le comique du tragique.
Le rire dépasse le principe de plaisir pour devenir dramatique et la jubilation apparait alors comme une revendication désespérée d’avoir abandonné la raison.

On ne parle pas la bouche pleine 2007 Vidéo 4’ 32’’

Montée à l’envers cette vidéo renvoie à un étrange repas, la consommation devient ici production.
Cadrée autour du visage, le fond couleur chair, issu d’un univers presque doucereux, est le théâtre où je tire ou régurgite, avec répulsion, pendant quatre longues minutes, une langue de porc cuite devenue noire.

43’ 30’’ 2007 Vidéo, 6’ 23’’

Voilée, vêtue de blanc, perdue dans une forêt des volcans d’Auvergne, je hurle à la mort durant 43 minutes et 30 secondes, avec pour seul témoin une camera vidéo.
Le montage s’organise autour de l’oscilloscope audio, tel une composition musicale.
Le protocole est simple, il est prélevé pour chaque cri son pic sonore qui synthétise en 6 minutes cette dégradation vocale dans une saturation progressive.
Parfois à la limite du soutenable, violence et absurdité se mêlent à l’action, et en intensifie le caractère aliénant.