Rencontre professionnelle avec Frédérique Lagny autour de son projet : À qui appartiennent les pigeons ?

 

 

Mercredi 3 avril 2013 à 19h
entrée libre

 

Troisième volet d’une série d’essais photographiques et cinématographiques réalisés au Burkina Faso en Afrique de l’Ouest, À qui appartiennent les pigeons ? s’oriente résolument vers une création vidéo inspirée de L’histoire du fou, un roman de Mongo Beti. À travers deux personnages et sous l’angle de la performance filmée, À qui appartiennent les pigeons ? propose une réflexion sur la construction d’une identité culturelle marquée par le fait colonial.

À qui appartiennent les pigeons ?
Film, 39’, vidéo HD couleur (1920x1080), son 5.1, © décembre 2012.
Réalisation et prises de vue Frédérique Lagny, assistanat et prises de son Boureima Traoré, montage Elodie Broilliard, création sonore et mixage Pascale Schaer, production Frédérique Lagny.
Avec le concours et le soutien du Centre national des arts plastiques (soutien pour le développement d’une recherche artistique) - ministère de la Culture et de la Communication, de la Fondation Nationale pour les Arts Graphiques et Plastiques (allocation exceptionnelle de recherche), de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur (dispositif du CAC arts visuels) et de l’Institut Français en Région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Frédérique Lagny
Le projet photographique de Frédérique Lagny questionne les fondements de la photographie du corps. Identifiable par certains aspects à une forme d’anthropologie critique définie comme outil - au sens où Mongo Beti l’entendait - son travail tente de développer, dans sa pratique comme dans sa diffusion, une intention politique.

Biographie
Frédérique Lagny vit et travaille en France, à Marseille et en Afrique de l’Ouest, au Burkina Faso. Formée en peinture à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, elle a également obtenu une licence à l’UFR de cinéma et d’audiovisuel de l’Université Paris III Sorbonne Nouvelle. Lauréate du prix de peinture de la ville de Vitry-sur-Seine en 1987 et de la Fondation de Beaux-Arts en 1988, différentes collections privées ou publiques - notamment la ville de Paris - ont fait l’acquisition de ses œuvres en peinture. En 1997, elle oriente sa pratique artistique vers la photographie dans un projet résolument tourné vers la figure humaine. Son travail tente de développer, dans sa pratique comme dans sa diffusion, une intention politique.

En 2004, elle installe dans l’espace public d’une gare à Bruxelles une série photographique réalisée au Portugal. Au-delà de la figure du loisir et du départ, Odeceixe - Odyssée - interroge alors, sur une plage envahie par la brume et devenue théâtre de la déambulation des corps, le statut du temps et de l’être.

En 2005, Next to Nothing poursuit cette intrusion de l’intime dans l’espace public par une exploration de la mémoire du corps et de la constitution de ses souvenirs. Six photographies en noir et blanc sont affichées sur des emplacements destinés aux informations administratives de la ville et ponctuées d’une septième image destinée exclusivement à l’espace public médiatique pour le Festival d’arts urbains Maiis à Bruxelles.

Projets récents et perspectives
En 2006, Frédérique Lagny rejoint un collectif d’artistes qui propose des ateliers d’arts plastiques aux enfants des quartiers à Bobo Dioulasso au Burkina Faso. Elle y amorce un projet personnel composé de différents essais photographiques, vidéos et sonores.

Premier volet de cette série Yours Truly propose trente cinq portraits d’enfants burkinabè. Coproduit par le Centre chorégraphique de Charleroi-danses, Yours Truly est accueilli en 2007 dans l’espace de la Raffinerie à Bruxelles. En 2009, avec le soutien du Centre culturel français de Bobo Dioulasso, une restitution du projet a lieu sous forme de projection dans les quartiers des abattoirs, là où les enfants ont été photographiés. À cet évènement a été associé la présentation d’un travail photographique documentaire réalisé en marge du projet dans ce même quartier : Sogo faga yörö - L’endroit où l’on tue les animaux.

Second mouvement de cette suite d’essais réalisés au Burkina Faso Vanishing Point interroge les formes de l’exclusion sociale subie par certaines femmes dans le contexte actuel du développement urbain des grandes villes d’Afrique de l’Ouest. Vanishing Point a été tourné en 2009 à Ouagadougou et présenté en Belgique à la biennale de Charleroi-danses en novembre 2009. Coproduit par le Centre culturel français Henri Matisse ce projet a également bénéficié d’une résidence de création sonore dans le cadre du programme transfrontalier d’art numérique CECN2 à Maubeuge et du soutien de l’Ambassade de France en Belgique.

Dans le prolongement de Vanishing Point, À qui appartiennent les pigeons ? s’oriente résolument vers une création vidéo inspirée de L’histoire du fou, un roman de Mongo Beti, pour s’intéresser aux phénomènes qui régissent la construction d’une identité culturelle. Comment, au Burkina Faso en Afrique de l’Ouest, se construire une identité culturelle marquée par le fait colonial et qui s’ancre dans les problématiques des développements post-coloniaux ?