RESTRICTED AREA

 

 

démolition de la compagnie,
à partir du 3 octobre à 19 h : une opération de Gasc Démolition avec l’intervention d’un bataillon d’artistes et d’architectes.
à cette occasion sortie du dernier validé par
[spécial destruction]</a

 

La tactique consistant à "passer à travers les murs" impliquait une conception de la ville non seulement en tant que site, mais à proprement parler en tant que médium de la guerre - une matière flexible, quasi liquide, constamment contingente, en état de flux permanent.
Eyal Weizman, Passer à travers les murs, 2007

Restricted Area est un projet de démolition de la compagnie, proposé par Anne-Valérie Gasc : une opération de GASC DÉMOLITION au sous-sol et une intervention collective au rez-de-chaussée avec La Cellule Anti Artistes (Non Agréés)®, Laurent Le Forban, Pascal Marret, Obé Record et David Vial


ouverture publique à partir du vendredi 3 octobre 2008 à 19h
avec une performance de Laurent Le Forban & Mika Biermann à 19h30

et du vendredi 3 octobre au samedi 1er novembre 2008, du mercredi au samedi, de 15h à 19h

rencontre publique avec Anne-Valérie Gasc le samedi 11 octobre 2008 à 15h

À cette occasion, la compagnie, publie un numéro Spécial Démolition de sa publication Validé par

Restricted Area est une opération menée en partenariat avec CEBTP DÉMOLITION et KANGOUROU SIGNALISATION.

Gasc Démolition, Permis de démolir, installation in situ, 80 x 121 cm, janvier 2008


« Éclater, ça peut être dangereux, un jour », pense le public.
Henri Michaux, L’Homme-Bombe.

Restricted Area est une proposition d’Anne-Valérie Gasc initiée dans le cadre de sa résidence de création menée de janvier à juin 2008. Elle propose tout simplement d’assaillir, d’envahir, de prendre le contrôle de la compagnie, grace à une opération de démolition. La destruction et le siège du lieu ont déjà commencé durant sa résidence. Il s’agit maintenant d’en finir. Elle cherche à interroger la légitimité artistique de ce lieu par rapport à son environnement urbain et social. L’intérêt de la monstration publique de ce projet réside dans l’ambiguïté qui s’installe entre le simulacre et sa concrétisation.

Pour Restricted Area, Gasc Démolition (entreprise de l’artiste) opère selon la stratégie de la sape en minant les sous-sols de la compagnie. Élaborée avec l’aide technique de Rida Lamjaj, spécialiste en foudroyage intégral de bâtiments, l’opération consiste à mettre en place le dispositif artificier nécessaire à l’effondrement de la compagnie : affaiblissement mécanique des murs, tri des matériaux de récupération, loge des cartouches d’explosif dans les piliers de soutènement, positionnement stratégique du poste de tir...

L’espace confidentiel des sous-sols de la compagnie est, pour la première fois, ouvert au public, sous réserve du respect d’un protocole de visite particulier (par groupes de 10 personnes accompagnées d’un membre du personnel habilité - port du pass officiel d’accès au chantier obligatoire).

Le spectre de la démolition, mis en place par Gasc Démolition, ouvre le champ des possibles devenirs de cet espace. Pour investir le rez-de-chaussée de la compagnie, Anne-Valérie Gasc a sollicité artistes et architectes qui ont travaillé ensemble autour de cette contradiction interne au désir de faire œuvre : détruire, c’est créer.


Présentation des différentes propositions

La Cellule Anti Artistes (Non Agréés)® : « Oh, et puis merde... ». Un bureau de la C.A.A.(N.A.)® est ouvert au public : ses activités se consacrent à l’identification, la surveillance et le contrôle des artistes non recensés. (installation in situ)

Laurent Le Forban : « Je suis en guerre contre moi-même, c’est vrai vous ne pouvez pas savoir à quel point, au delà de ce que vous devinez, et je dis des choses contradictoires, qui sont, disons, en tension réelle, et qui me construisent, me font vivre, et me feront mourir. » (J. Derrida) (vidéo, performance, autocollants disséminés dans le quartier)

Pascal Marret (avec Aurélien Chatain) : « Il y a une spatialité paradoxale spécifique au chantier qui oppose à son devoir de délimiter et clore un espace, un désir d’usage sans contrainte chez le promeneur. » (installation in situ)

Obé Record : « Il faut détruire pour reconstruire l’espoir. La Révolution Néolibérale est en marche et enterre définitivement l’ancien monde pour nous porter vers un Âge d’Or. Ma musique porte cet espoir. » (bande son)

David Vial : « Je pensais trouver un espace détruit, vidé de sens, pour avoir à le repenser et convaincre qu’il me faudrait reconstruire... L’architecture est une folie qui espère le sublime dans la construction, pour justifier son besoin d’insérer du désir à l’espace. » (textes et images)

Gasc Démolition, Bombe Bunker Buster, acier, peinture industrielle, 582 x 71.1 cm (ailerons rétractés), fabrication réalisée par La Serrurerie (Roquefort-la-Bédoule).


Présentation de Gasc Démolition

Gasc Démolition est l’entreprise d’ingénierie en démolition de bâtiments et ouvrages d’art d’Anne-Valérie Gasc. Elle s’occupe de déterminer les stratégies adéquates à tous types de projets d’anéantissement et établit les protocoles nécessaires à la bonne exécution de cette tactique dévastatrice.

Récemment, Gasc Démolition s’est faite remarquer par la proposition et l’étude de la démolition :
par foudroyage intégral du Jeu de Paume (L’île de Paradis (version 1.15) d’Ultralab, Paris 2007)
par bombardement du lieu d’arts contemporains le Satellite Brindeau (Bip, Émission 1, Le Havre 2006)
par embrasement généralisé éclair de la Maison Rouge (Blockhaus, Paris 2006)

L’entreprise Gasc Démolition travaille actuellement sur la fabrication de missiles GBU-28, bombes autrement nommées « Bunker Buster », susceptibles de pénètrer des cibles fortifiées ou enterrées en profondeur.
Gasc Démolition présentera également ses dernières recherches à l’occasion de l’exposition Boum Blocs qui aura lieu en novembre 2008 à la VF Galerie à Marseille.

Anne-Valérie Gasc
vit et travaille à Marseille. Son travail se développe sous l’égide de stratégies militaires qu’elle expérimente avec application, distance et neutralité comme un fonctionnaire répondrait à un cahier des charges dicté par son supérieur hiérarchique. Révolutionnaire consciencieuse, son engagement s’épuise dans une bataille utopique, universelle et faussement anonyme à l’objectif territorial sinon absurde, au moins démesuré.