Quasi una fantasia

 

 

Exposition : arts numériques, vidéo, installation sonore.
En partenariat avec l’école supérieure d’art d’Aix-en-Provence
du 30 novembre au 18 décembre 2011.

Anaïs Belmont, Joël Belouet, Charlotte Benedittini, Kathialyn Borissoff, Mathias Isouard, Guillaume Loiseau

 

vernissage le mercredi 30 novembre à 18  heures
exposition jusqu’au samedi 17  décembre 2011 en deux temps :

• opus 1 : du 4 novembre au 26  novembre 2011
performance de Charlotte Benedittini le vendredi 4  novembre à 19h

• opus 2 : du 30  novembre au 17  décembre 2011
performance de Mathias Isouard le mercredi 30  novembre à 19h
diffusion sonore de Jean-Paul Ponthot (directeur de l’école supérieure d’art d’Aix en Provence) le 17  décembre à 19h

Ce n’est ni légèreté ni caprice : tout au moins une humeur musicale qui réunit six artistes dont les œuvres dérivent du côté des limites de l’image, du numérique, des émotions. La fantasia, c’est l’imaginaire, l’invention, la fiction (un décalage d’univers). Tout n’est pas fantasia ici - même si elle domine dans la tonalité. Derrière ce « tout-face » de la création, quelque chose résiste qui demeure plus obscur, plus insaisissable, plus intraitable.
Presque une fantasia, donc. Derrière la fantasia il y a autre chose.
Parce que l’accroc du réel est ce sur quoi bute chacune de ses propositions - c’est la plus grande poétique.

opus 1

Charlotte Benedittini présentera l’écran géant Phantauma (2011) sur lequel est projeté une image prélevée sur internet (une image prise en webcam). L’image de l’internaute en mauvaise qualité est élevée jusqu’à la passion du visage, jusqu’à l’abstraction la plus trouble, la plus inquiétante, la plus douce (comme de l’aquarelle).
L’artiste fera une performance vocale sur fond de larsen pour le vernissage de l’opus 1.

Joël Belouet présentera une œuvre numérique, Vous êtes ici (2011) qui nous laisse naviguer dans une dissémination de mots flottants sur la page de l’écran : pluie, ou flocons de neige (de mots) où l’image textuelle reste sur l’incertitude de l’Ouvert (Rilke). Lorsque l’on clique sur un mot, le paragraphe de texte dont il est issu apparaît comme un cadre fermé. On perçoit ainsi que l’articulation proprement signifiante, le déroulement d’une pensée dans le texte, d’un paragraphe, ne surgit que par une certaine raideur, une clôture nécessaire pour dépasser la poétique de la perte, de la dispersion. Ce passage et cette dialectique de l’Ouvert et du fermé sont tout l’enjeu d’une immobilisation impossible de la signification, d’un mot, d’une lettre séparée de son contexte. La nébuleuse flottante de cette sorte de champ sémantique fait scintiller l’ambiguïté propre à un langage défait - imaginaire -, dont le revers est la pensée attachée à ce qui est formé, non à l’informe.

Anaïs Belmont présente deux bandes vidéo, chaque fois sur un moniteur isolé - quelque chose d’une solitude rayonne dans ces deux propositions. Bascule renvoie à une position autiste, à l’incessant mouvement d’un cheval à bascule qui ne rythme même plus le temps : les deux jeunes adultes immobiles font vibrer d’un éclat noir une suspension dépressive de l’action. Quand au portrait de
Hélène, toutes les paroles ont été supprimées, ne laissant que les souffles, les soupirs : cette vidéo
de paroles a été plongée artificiellement dans le mutisme, pour révéler, dans les interstices, un corps
émotionnel de cette femme, en un portrait qui autrement ne pourrait apparaître.

opus 2

Mathias Isouard présentera une installation sonore interactive. Points d’écoutes (2011) est une installation sonore interactive qui immerge le visiteur dans un environnement sonore qui est généré en permanence en fonction du flux d’activité du lieu. La spatialisation des bruits dans l’espace incite le visiteur à se balader dans le paysage sonore. L’exploration de ce paysage engendre une évolution de celui-ci via une détection de mouvements par vidéo. Il fera une performance sonore pour le vernissage de l’opus 2.

Kathialyn Borissoff fait tout un travail de déconstruction et de mise en scène d’une chaise en bois qu’elle démonte, pour en présenter les différents morceaux comme des ossements d’une bête inconnue, ou pour une chorégraphie conceptuelle, semi-burlesque, proche de l’attente absurde au bord du néant. Entre montage, démontage et remontage, elle laisse se faufiler dans un appartement des plaques qui s’assemblent, recouvrent les lieux, les meubles, se déplacent, comme un corps étranger.

Guillaume Loiseau présente une partie du projet Floating Particles.
Floating particles c’est à la fois une prise en compte du presque rien, de l’espace d’exposition, de la supercherie (jeu typique du cinéma qui aime raconter des histoires et faire croire à ce qui n’est pas) mais c’est aussi la tentative de fixer l’image dans un temps incertain, flottant, en suspend, infini. Les images se génèrent toute les 1/24ème de seconde sans interruption. De l’usage de la technologie informatique pour donner vie à une dégradation, aberration typiquement analogique (glitch, bugs, et bruit numérique, bien dosés, deviennent un ersatz de film absent).

http://wwwmachinehybride.org Charlotte Benedittini
http://joel.belouet.free.fr/
http://misouard.free.fr/sitedw/index.html
Kathialyn Borissoff : http://vimeo.com/user7920884
http://guillaumeloiseau.tumblr.com/

la compagnie, 19 rue francis de pressenssé, 13001 Marseille, 04 91 90 04 26, www.lacompagnie.org.
ouverture du jeudi au samedi de 14h à 19h
accueil de groupes sur rendez-vous