Pinède légende

 

 

Sur une proposition d’Anita Molinero, une exposition de peinture et de sculpture d’étudiants des Beaux-Arts de Marseille.
Du 23 juin au 7 juillet
du mercredi au samedi de 15h à 19h
vernissage le vendredi 22 juin à 18h30
nocturne le 29 juin à partir de 19h30

 

« L’art érode tout ce qui tente de le contenir et de l’utiliser et s’infiltre inexorablement dans les recoins les plus opposés, atteint les émotions les plus refoulées et supporte la contradiction sans aucun effort. »

Robert Morris

Robert Morris parle de l’art comme d’un organisme vivant capable d’échapper à d’éventuels poursuivants et de feinter les plus coriaces. Un de ses poursuivants pourrait être le « discours », dont étrangement on dit souvent qu’il sonne creux, sans doute parce que son objet a déjà quitté la place et n’a laissé au creux que la résonance de son vide. Un autre poursuivant serait « le symbole », essoufflé par la course et au bord de s’en saisir et enfin de le contenir. L’art le précédant, déjà ailleurs, s’est métamorphosé en un objet ridiculement modeste et subjectif, en réponse à une grandeur dont il ne veut pas. Une fois le rétrécissement des objectifs et des formes obtenus par esprit de contradiction, l’art se redéploie et s’impose. Il nous offre le portrait enfoui de nos tristesses non résolues, de nos naufrages anticipés, quand on le voudrait charismatique et glorieux. Quand on lui cherche un public, il se dérobe, et quand on le désire pour lui-même, on le retrouve déplacé dans des formes extérieures connues de tous et divertissantes pour chacun, y compris pour lui-même. Quand vous visiterez Pinède légende [1], ne vous mettez pas du côté des poursuivants, mais des artistes et de leurs œuvres.

Anita Molinero


[1En 2004, un promeneur pense avoir vu une panthère dans la pinède ; elle a fait la une des journaux, elle a été recherchée par les pompiers, on ne sait pas si elle fut capturée ; peut-être était-ce un jeune artiste échappé d’un atelier (Beaux-Arts de Luminy) que le promeneur avait croisé.