Nahla

 

 

Projection samedi 30 janvier 2010 à 20h, en présence du réalisateur Farouk Beloufa.

 

AFLAM nous a chaleureusement invité à proposer un film pour leur cycle Cinéma d’Algérie en décembre 2009 : nous n’avons pas hésité, cela a été Nahla, qui a donc été projeté sur grand écran au cinéma Variétés, en présence de Farouk Beloufa. Nahla est un film à revoir, encore, encore. La compagnie le présente donc à nouveau ce samedi 30 janvier, en espérant aussi que d’autres projections pourront avoir lieu dans la région.
Radio Grenouille a consacré une émission sur les temps forts de cette manifestation : on peut y entendre un extrait des échanges avec Farouk après la projection de son film qui, trente ans après sa création, continue de marquer.
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synopsis

Après la bataille de Kfar Chouba au Liban, en janvier 1975, Larbi Nasri, un jeune journaliste algérien, est pris dans le tourbillon des évènements qui précèdent la guerre civile. Lié à Maha, journaliste, à Hind, activiste palestinienne, à Raouf et Michel, il assiste à la construction du mythe de Nahla, une chanteuse adulée par la population arabe, qui en vient à perdre la voix dans Beyrouth sous les bombes.

De désir et de feu
On peut dire : Farouk Beloufa est l’homme d’un seul film : Nahla. Tel n’était pas son projet pourtant. Car il a eu d’autres tentatives, d’autres projets. Il faut mesurer la puissance d’un tel film - qui en vaut plusieurs. Nahla vient toucher un réel avec passion. Et aujourd’hui, il nous parle d’aujourd’hui d’une façon unique, inégalée. C’est plus que le film emblêmatique de la Nouvelle Vague algérienne. C’est avant-tout une aventure qui montrent des personnages impliqués dans leurs vies, simplement, et cette posture est celle d’où l’on entrevoit tout ce qui menace la complexité possible de ces vies engagées, par l’amitié, l’amour, le politique. Nahla bouscule la vision qu’ont les arabes d’eux-mêmes, et celle que les occidentaux projettent sur eux, en présentant des personnes biculturelles, et cela sur le fond d’une guerre qui correspond à une crise plus vaste qui n’a cessé de s’accentuer depuis. Ce film sans concession, de désir, de feu, est un film-culte, mais sa diffusion est restée toujours trop secrète. C’est un film en avance sur son temps, dont le retentissement nous porte très loin en avant, à la façon des grandes œuvres, celles qui agissent sur le temps.

Nahla , 1979, 100’
Réalisation : Farouk Beloufa
Scénario : Farouk Beloufa, Rachid Boudjedra, Mouny Berrah
Image : Yahyaoui Allel
Son : Kamal Mekesser
Montage : Moufida Tlatli
Musique : Ziad Rahbani
Production : Radiodiffusion Télévision Algérienne
Interprètes : Yasmine Khlat, Nabila Zitouni, Lina Tabbara, Youssef Sayeh

Farouk BELOUFA

Né à Oued Fodda en Algérie, BELOUFA étudia le cinéma à l’éphémère INC (Institut National du Cinéma d’Alger) à Ben Aknoun aux côtés de Merzak ALLOUACHE, Sid Ali MAZIF et Mohamed Lamine MERBAH, et à I’IDHEC (Institut des Hautes Etudes Cinématographiques) à Paris où il obtint son diplôme en 1967. Il suivit également des cours à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes à Paris, sous la direction de Roland BARTHES et il présenta une thèse sur la théorie du cinéma. Depuis ses premiers courts métrages, Situation de transition (1966) et Travestis et cassures noir sur blanc (1967) - tous deux réalisés durant ses études à 1’IDHEC - BELOUFA témoigne d’une esthétique très personnelle. Ses fortes opinions politiques l’amenèrent à réaliser le documentaire Insurrectionnelle (1973), qui fut censuré et remonté par les autorités algériennes, et présenté en salle comme une oeuvre collective sous le titre La guerre de Libération. En 1976, il travailla comme assistant auprès du grand réalisateur égyptien Youssef CHAHINE sur le long métrage Le retour de l’enfant prodigue / ’Awdat al-ibn aldall, réalisé en coproduction avec I’ONCIC. Son unique long métrage de fiction fut Nahla (1979), produit par la RTA mais tourné en 35 mm et en vue d’une exploitation en salle. Se comptant au nombre des rares films algériens de l’époque qui s’intéressèrent à des problèmes autres que nationaux, Nahla se déroule au Liban au début de la guerre civile et fait un portrait réaliste de la vie des Libanais au début de l’année 1975. Malgré le succès critique que remporta le film, BELOUFA n’a, à ce jour, toujours pas réalisé de second long métrage.

consulter l’article paru dans le journal el watan lire