La ligne, cycle de lecture

 

 

Du jeudi 9 au samedi 25 juin.
la ligne
une proposition de Arno Calleja

Cinq auteurs sont invités à lire leurs textes, occasion pour eux de déplier un pan de leur écriture dans le vis-à-vis, dans le biais, dans l’ouïe-à-ouïe - dans leur ligne.

 

la ligne
une proposition de Arno Calleja
en partenariat avec Radio Grenouille

Cinq auteurs sont invités à lire leurs textes, occasion pour eux de déplier un pan de leur écriture dans le vis-à-vis, dans le biais, dans l’ouïe-à-ouïe - dans leur ligne.
la ligne se voudrait droite et courbe, éclose et fanée, coulante et gelée, barrée et lisible ; espace accueillant les expériences les plus jouissives de l’écriture d’aujourd’hui.

Dans son déroulé, le cycle la ligne relie des auteurs qui éprouvent l’exigence du linéaire jusqu’à ses points de rupture : récit, monologue, prose, fragments, éboulis...

Arno Calleja

jeudi 9 juin à 19h - Emmanuel Adely

Comment choisit-on une femme parce qu’on a envie de faire l’amour parce qu’elle est seule ou bien assise devant un verre ou bien elle sort d’un cinéma et sa démarche attire et provoque car une femme veut l’amour avant même qu’elle le sache cela on le sait je marche dans la rue et il y a une femme devant moi qui marche avec un balancement des hanches qui n’est pas innocent voilà ce que je me dis que cette femme a envie de faire l’amour et le montre par le balancement de ses hanches qui savent avant elle qu’elles ont envie de faire l’amour le corps sent ces choses et les exprime avant que la conscience sache cette envie de faire l’amour le corps de cette femme parle aux corps des autres passants et donc à tout le monde et donc à moi
« Nous », in revue Inculte

Depuis 1993, il a publié près d’une vingtaine de livres dans différentes maisons d’édition - des éditions de Minuit aux éditions du Seuil en passant par Stock, Losfeld, Inventaire/Invention, ou Argol... - textes qui explorent le rapport entre réel et fiction dans ses dimensions familiales, affectives, sociales ou politiques, et s’illustrent dans une écriture flux, souvent libérée d’une seule traite et, dans une spontanéité, celle-là même qui caractérise la parole, balayant jusqu’à l’ultime ponctuation.

Derniers ouvrages
- Sommes, éd. Argol, 2009.
- Genèse, éd. du Seuil, 2008.
- J’achète, éd. Inventaire/Invention, 2007.
- Édition limitée, éd. Inventaire/Invention, 2007.
- Mon amour, éd. Joëlle Losfeld, 2005.
- Mad about the boy, éd. Joëlle Losfeld, 2003.


vendredi 10 juin à 19h - Frédéric Dumond

Frédéric Dumond, artiste et écrivain transdisciplinaire, travaille le langage comme expérience de l’autre. Il déploie sa pratique en installations, performances, vidéos, livres, revues, pièces sonores, programmations...
L’écriture est ce qui fonde chaque pièce, chaque intervention : des premières années, où elle questionnait le potentiel littéraire du réel tel qu’il se présentait (contrats d’assurance, télévision, radio, rue...) aux projets les plus récents, où c’est le pouvoir d’agir du langage, sa dimension magique qui est convoquée.
Il travaille à une intelligence du sensible, via la langue et ses logiques, abordant la question des rapports entre ce qui est perçu et ce qui en est dit, ou représenté.

Il a publié dernièrement We are under attack, éditions de l’Attente, Bordeaux, 2009.
Il prépare, en lien avec Emmanuel Adely, une exposition en écho à la commémoration du 17 octobre 1961 à Nanterre, programmée fin 2011, début 2012.

Depuis quelques années, il écrit en langues étrangères. Ce qui l’a conduit à mettre en place glossolalie, un projet où sont travaillées les langues étrangères comme lieu de rencontre de l’autre. Par imprégnation dans des ensembles linguistiques peu parlés, par la construction de dispositifs textuels à partir de sa propre langue, glossolalie travaille la langue comme énergie du sens, comme expérience sensible de l’entente. Travailler dans l’espace d’une langue à l’autre est le moment où un sens, en profondeur, émerge, où un commun peut exister, exactement, au sein de l’espace de l’autre.


jeudi 16 juin à 19h - Marc Cholodenko

Je me tais, je ne sais pas me taire, je suis passé en silence par des paroles qui me font passer comme autant de secondes, je ne sens pas passer le temps de leur passage, je ne sens pas leur passage en temps, je ne peux pas suspendre leur procession afin de les trier comme si j’en étais l’aire ; je n’en suis pas le lieu, ni même le lieu de passage, je vais en elles me déplaçant comme l’emplacement vide qui leur donne champ de se succéder ; je suis le point de péage qui doit aller à chacune payer le droit de ne pas la prononcer.
Marc Cholodenko, Mon héros, éd. P.O.L., 2000

Derniers ouvrages
Thierry, éd. POL, 2006.
Glossaire, éd. POL, 2007.
Taudis/Autels, éd. POL, 2008.
Filet, éd. POL, 2009.
Deux cents et quelques commencements..., éd. POL, 2011.


vendredi 17 juin à 19h et vendredi 24 juin à 19h - Corinne Lovera Vitali

clv je m’appelle.
155 ça fait en romains, soit 2 minutes 30.
puis j’ai trouvé sur google centre des langues vivantes ça m’a beaucoup valorisée, et customer lifetime value aussi mais je ne comprends pas exactement ce que ça veut dire, tandis que catalane de location de vaisselle oui, même si mon préféré c’est constant linear velocity, ce qui n’est absolument pas mon cas, j’en suis certaine, vitesse linéaire constante connais pas.
je viens à la compagnie deux fois cette année parce que l’an dernier j’y ai fait un tabac, c’est-à-dire que j’étais anémiée et très mal en point et j’ai lu à fond mon tout ce que je veux de virginia.
mais cette année je pète le feu et marseille avec arno et polo et anna et menno ça me plaît tant, aussi j’espère que mes soirées ne seront pas en dessous de tout on pourrait s’y attendre si on croit à la logique linéaire constante ce qui n’est pas mon cas puisque je suis déjà un peu bien malade de récrire pour les dire les monologues de valdo et de bruna qui font partie de monde meilleur qui est mon premier manuscrit refusé par les éditeurs parce que c’est mon meilleur travail à ce jour.
avec scrute le travail aussi, qui lui est publié tout en même temps aux éditions précipitées
amies. comme tout ce que je veux qui comprend un cd live enregistré à la compagnie l’an
dernier. scrute aussi a un cd, s’appelle pute. et il y a un bonus track avec les blind boys de the wire. j’espère que vous m’avez comprise les gars, je suis sacrément heureuse de venir à Marseille.
ah ! aussi publicité pour NON : non.ultra-book.com.


samedi 25 juin à 19h - Noémi Lefebvre

Noémi Lefebvre écrit des phrases beaucoup trop longues d’un certain point de vue, le point de vue du lecteur qui aime bien tout de même que ça s’arrête de temps en temps, mais d’un autre point de vue c’est très joli, elle dit ça, elle pense que c’est joli, que c’est une manière de laisser l’esprit se promener avec sa respiration mais en réalité elle écrit comme ça c’est tout, parfois elle change aussi de façon, dans des nouvelles qui sont les gammes, elle dit que les nouvelles sont des gammes parce qu’elle s’intéresse aux gammes qui sont la forme idéale pour chercher le son, elle cherche des sortes d’idées musicales avec des mots qui sont des sons, les sons qui sont des clartés confuses pour fabriquer des images.

Noémie Lefebvre a publié L’autoportrait bleu, éd. Verticales, 2009.

Elle aime :
Arthur Bernard, Gaby Grandit, éd. Champ Vallon, 2011.
Jean-Luc Einaudi, Scènes de la guerre d’Algérie en France : Automne 1961, éd. Le Cherche Midi, 2009.
Thomas Bernard, Mes prix littéraires, éd. Gallimard, 2010.


sur Radio Grenouille 88.8 fm


radiogrenouille.com

Bivouacs à la ligne

Bivouac (n.m.) : 1 - arrêt momentané de troupes en campagne. 2 - espace-temps radiophonique d’une heure environ confié à un auteur ou artiste, lequel peut inviter d’autres auteurs ou artistes.

- jeudi 23 juin à 14h - Arno Calleja
- vendredi 24 juin à 14h - Corinne Lovera Vitali