Jean-Luc Moulène ] papiers imprimés [ (1982-2006)

 

 

Du 5 mai au 9 juillet 2006, Jean-Luc Moulène expose à la compagnie ses imprimés : de l’affiche quatre par trois mètres à la carte téléphonique, en passant par l’édition spéciale de journaux, le prospectus, le dépliant, le livret, la brochure, le catalogue, l’affichette et le livre. Il expérimente une mise en espace de vingt-quatre ans de travail photographique.

 

ouverture le vendredi 5 mai 2006 à partir de 18h


du 5 mai au 9 juillet 2006
entrée libre du vendredi au dimanche de 15h à 19h



Cette exposition est une création dont le protocole est le regard de l’artiste sur son propre travail. Dans le mouvement d’un ressassement dynamique de ce qu’il produit, Jean-Luc Moulène tente une écriture dans l’espace architectural, autant de l’ordre d’une prospective que d’une mise au point. Il ne s’agit pas d’une simple approche rétrospective. Ce déploiement des papiers imprimés sera une nouvelle recomposition : un paysage temporel spécifique.

Nous montrerons plus de 150 imprimés de toutes sortes : des choses inédites (les premiers imprimés des années 80 : fanzines et journaux), des documents de travail, toutes les éditions spéciales de quotidiens, des images jamais vues en France (les quatre affichettes faites à Alexandrie) ou mal-vues (les paysages de Fénautrigues, Documents / produits de Palestine) mais aussi les images imprimées des projets qui l’ont fait connaître (Objets de Grève, le Médiaplan de la Documenta X).

En exposant ces archives qui sont aussi une collection ouverte, Jean-Luc Moulène constitue autant une typographie murale qu’une sorte de cabinet de lecture. Les imprimés se retrouvent à faire oeuvre ensemble, créant des liens singuliers entre les images, le texte et la diversité des supports : une écriture se déplie sous la forme inédite d’un grand montage.

« Il me semble que la photographie est en train de découper, de produire un plan nouveau, qui n’est plus le mur - au sens où en occident tout au moins, le mur est ce qui sépare l’intérieur, le domaine privé, du domaine public. L’espace n’est pas déterminé par le "premier des arts", l’architecture. Contre une dimension mentale,
spirituelle de l’espace, nous avons opté pour la domination de la règle
architecturale. La photographie, me semble-t-il, casse cette règle, même si on demande encore à l’image de "tenir le mur". En fait, elle fait plus, elle "troue", parce qu’elle est souvent plus vécue que le mur. Tout le monde sent bien, que la photographie parce qu’elle est vécue se met en travers des usages institués.
Et si c’est par les relations à l’autre que se construit le sacré, alors la photographie est partie prenante d’un nouveau sacré dont il serait temps de faire l’analyse.
Pour le moment, ce sont surtout les juristes qui tentent cette analyse, en disant par exemple que pour qu’il y ait droit à l’image, il faut nécessairement être au moins
deux. Pour qu’il y ait image, il faut qu’il y ait quelqu’un qui veuille prendre cette image. La question devient donc : comment oeuvrer non seulement de soi,
mais aussi de l’autre ? »

Jean-Luc Moulène, 2004



A l’occasion de cette exposition, la compagnie édite une nouvelle publication de Jean-Luc Moulène avec Manuel Joseph, Alexandre et Daniel Costanzo et Marc Touitou, dont le titre est ] dépôt légal [.
Cette publication est le numéro 0 de la revue L’intraitable, projet éditorial de la compagnie.


JEAN-LUC MOULÈNE : À QUEL TITRE ?
Touche à tout - sculptures, dessins, collages, production d’objets industriels, bricolages, photographies - insaisissable et expérimentateur, Jean-Luc Moulène est toujours là où on ne l’attend pas. Son travail propose, l’air de rien, une nouvelle pédagogie de l’image à la fois politique et poétique.
Jean-Luc Moulène situe sa pratique entre Beaux-Arts, texte et médias, jouant avec les genres classiques et les formes standards. Son oeuvre photographique est la plus connue. Il prend chaque fois en compte de manière critique les conditions de production des images, leurs présences plastiques autant que leurs usages pour inventer ou créer de nouvelles situations. Il est l’un des rares artistes contemporains à prendre en compte toute la chaîne de fabrication des images : de la production-conception à l’apparition-exposition en passant par la diffusion médiatique. Il ne s’agit jamais d’un retour à l’original mais d’une réactualisation et d’une incarnation à chaque fois travaillée par la création d’une présence plastique singulière de l’image. Là, il y a place pour le jeu d’une alchimie créatrice.
Jean-Luc Moulène joue sans doute exactement, avec nécessité, invention et géométrie, à un grand jeu rigoureux de destruction et de création, toujours à la recherche de ce minimum qui ferait encore image, pour donner figure à de nouveaux corps d’émancipation et de libération.


PARCOURS DE JEAN-LUC MOULÈNE
artiste, né en 1955 à Reims
vit et travaille à Paris

Projets et travaux réalisés à ce jour

Les Disjonctions / Errata / Situation 00 noyau dur / Fénautrigues / Figures de passages (Produits) / Média Plan / Saïda, Alexandrie /
La Gueule de l’Emploi / Berlin / Déposition / + ou - d’ordre / Les pages images d’Excideuil / Objets de Grève / documents, Produits de Palestine / Journal impersonnel / Le Tunnel / Les filles d’Amsterdam / Le Monde, Le Louvre.


nos remerciements à Jean-Luc Moulène,
la galerie Chantal Crousel

et au CiPM