Fo Dlo

 

 

Premier volet du cycle autour de « La botte à nique » par Jean Dubuffet.
Installation sonore et théâtrale
Le projet Fodlo est créé sur une idée collective de :
Anne Marina Pleis, Nicolas Dick et Francis R.
Scénographie/installation : Francis R.
Musique/mixage : Nicolas Dick
Interprètes : Olivier Chevillon le 23 avril et Joceline Monier le 24 avril
Une production du théâtre vingt-sept (avec le soutien de la Ville de Marseille)
le vendredi 23 et le samedi 24 avril 2010 à 19h

 

A PROPOS DE DUBUFFET

Dubuffet a inventé le terme Art Brut (dont il a « déposé » le brevet) pour désigner l’art produit par des non-professionnels travaillant en dehors des normes esthétiques convenues, restés à l’écart du milieu artistique, ou ayant subi une rupture sociale et psychologique suffisamment forte pour qu’ils se retrouvent totalement isolés et se mettent à créer.
« L’art ne vient pas coucher dans les lits qu’on a faits pour lui ; il se sauve aussitôt qu’on prononce son nom : ce qu’il aime c’est l’incognito.
Ses meilleurs moments sont quand il oublie comment il s’appelle. »
Jean Dubuffet (1960)

HISTORIQUE

Le cycle « Botte à Nique »
En 2008, je découvre un texte tout à fait étonnant : « La Botte à Nique » de Jean Dubuffet. Tout de suite, je décide d’en faire un nouveau spectacle sans me préoccuper trop, dans un premier temps, de la forme. Il s’agissait, avant tout, de rencontrer les bons collaborateurs pour définir les enjeux de ce travail basé sur un écrit tout à fait inhabituel.
Après de multiples entretiens, nous décidons fin 2008 de réaliser ce spectacle dans une démarche pluridisciplinaire avec le scénographe et sculpteur Francis R.(Francis Ruggirello). Mais, suite à de nouveaux grands problèmes de santé, nous ne pouvons
pas réaliser comme prévu ce spectacle en automne 2009.
De nouvelles rencontres et discussions s’engagent. Francis Ruggirello et moi rencontrons le musicien et compositeur Nicolas Dick et plusieurs comédiens.
Et d’un coup l’idée s’impose de créer, non un grand spectacle, mais plutôt un cycle de travail autour de cet écrit. Il s’agit alors de créer plusieurs petites et moyennes formes. L’optique d’une démarche pluridisciplinaire peut, ainsi, prendre plus d’envergure et créer à l’intérieur de ce cycle de rencontres et regards croisés d’artistes et, avant tout, des spectateurs.
Concept idéal et fidèle aux enjeux globaux du théâtre Vingt-Sept. Et bien sûr, il s’agira de projets in situ.
En décembre 2009, le premier volet intitulé « FO DLO » est conçu ! La part difficile, trouver un lieu intéressant restait à accomplir...
Anne Marina Pleis

LE TEXTE

Il s’agit de parler de botanique. Et voilà comment Dubuffet l’écrit : « botte à nique ». « fo dlo » - faut de l’eau. Le texte est écrit ainsi. Quand je l’ai lu pour la première fois, j’étais époustouflée. Le déchiffrage nécessite une concentration, un amour du détail et beaucoup de temps. En même temps, nous nous trouvons
comme des enfants qui arrivent pour la première fois à lire des phrases entières. Avec les mêmes maladresses, les mêmes hésitations, les mêmes erreurs et avec la même joie de découverte...
Alors, on est déjà dans le contenu : la botanique, le rapport aux plantes, aux choses nécessaires à la vie et ce qu’il faut pour cultiver la vie.
On est de nouveau dans du temps (« on na bo atandre santan »), des cycles (« sécome tou défoi sava pa ipouce rien du tou fopa surman pleuré poursa iapadecoi anfer unpla ji iédi souvan ogrèn-tié pourcoic la maime grène apré satournotreman... »),
du soin du détail (« on peu lai ferre saiché dan zun dicsionère avaique dé buvarre ansouvnire dé za mou-raite... »), la pluralité (« touttela vairedure »), le rapport au son (« iale gran séco qui sôte enlère tanboure batan an na van la muzic ») et et et...
Et bien sûr et surtout : noubli pad lé zarrauzé !

LE PREMIER VOLET « FO DLO »

Nous invitons à chaque représentation un nouveau comédien, une nouvelle comédienne. Ils articuleront une découverte du texte, son déchiffrage avec l’installation plastique et sonore mise en place de manière in situ par le scénographe et plasticien Francis R.
Les spectateurs sont debout entourés de cafetières sonorisés, mises en marche au fur et à mesure de la représentation. La sonorisation met en écoute l’énergie et le jaillissement de l’eau dans les cafetières. Le comédien est dans le public et transmet
le texte dans un micro. Le texte est ainsi mixé en direct avec le son des cafetières par le musicien Nicolas Dick pour aboutir à une composition live.
La représentation dure environs 45 minutes. Le café sera servi pendant.