FID 2009 écrans parallèles | Etrange familiarité, familière étrangeté

 

 

horaires :
du 2 au 4 juillet de 15h à 19h
du 6 au 13 juillet de 11h à 21h
attention exception vendredi 10 juillet de 11h à 19h

 

Sigmund Freud rappelait au détour d’une expression malaisée à traduire que ce qui nous est le plus proche continue de charrier du bizarre. Des animaux à l’univers domestique, de nos habitudes les plus évidentes à nos décors coutumiers, quelque chose résiste à se faire oublier tout à fait. Mélangeant des films fantastiques à des documentaires très traditionnels, des œuvres de Jack Arnold (réalisateur du célèbre et magnifique L’Homme qui rétrécit, mais avant cela, assistant du documentariste Flaherty) aux faux documentaires, ce programme souhaite parcourir l’étrangeté cachée derrière le familier.

PROGRAMMATION :

12 EXPLOSIONEN
Johann Lurf
Autriche, 2008, 6’

CUENTOS CRUELES
Lupe Pérez García
Espagne, 2009, 19’

L’origine du projet ?
Je suis interessé par les fables, ces contes dont les personnages ne sont pas des ani-maux mais des humains, et dont la morale finale demeure ambigüe. J’ai donc souhaité faire une série sur le concept de regard : comment on observe aujourd’hui les choses, comment on le faisait autrefois, et comment nos façons de filtrer améliorent ou réduisent notre capacité à choisir, notre aptitude au discernement.
Vous mêlez des sources visuelles très diverses.
Je souhaitais utiliser ces images dévalorisées (vidéo domes-tiques ou sur les sites de partage) et les assembler avec des images plus normatives, et aussi mêler des façons de voir et représenter anciennes et contemporaines. Les liens sont plus labiles, puisque je voulais que le film paraissent au début être une accumulation d’images apparemment sans liens les unes avec les autres, et que le sens s’élabore peu à peu.

KÄFIG
Karl Kels
Allemagne, 2009, 14’

Pour Sidewalk (en sélection au FID 2008), vous aviez filmé dans une seule rue de New York. Mais les animaux, le zoo restent une part importante de votre travail.
Je suis attiré par le fait que les animaux, les éléphants, les rhinocéros, les hippopotames, se comportent dans un zoo comme des humains. Ils ont des serviteurs, les gardiens, et passe l’essentiel de leur temps dans une maison, qui a ce système de portes qui s’ouvrent et se ferment, et qui les relient à un dehors qui n’est autre qu’une cage encore. Voilà à coup sûr une chose absurde et une maigre démonstration, en condensé, de la façon dont les humains traitent de la vie sauvage. Les animaux sont des performeurs et des acteurs pour la foule. Cette situation toute entière devient une allégorie très emmêlée.
Le départ du projet ?
Quand, il y a maintenant plusieurs années, j’ai démarré ce projet, ma conception initiale n’avait rien à voir avec le résultat. J’avais d’abord à l’esprit quelque chose de proche d’autres de mes films comme Hippopotame ou Elephants (montré dans le programme film du FID cette année). Ces deux films jouent avec le caractère imprévisible des événements réels enregistrés, d’une part, et, d’autre part, ils s’appuient sur un montage extrêmement contrôlé. Mais plus je travaille avec le matériel, plus m’intéresse un autre aspect, manifeste ici, où le montage et la texture du matériel deviennent également, pour part, imprévisibles.
Le noir et blanc, muet : on ne peut pas ne pas penser au cinéma des origines. Y a-t-il d’autres raisons ?
Pour ma part, je n’ai pas prémédité cette référence au début du cinéma. Mais chacun regarde à sa manière. Mes raisons sont davantage d’ordre esthétique qu’historique ou autoréférentielle.
Le montage est impressionnant, et fait songer à de la musique. Comment y avez-vous travaillé ?
Pour le montage, je me suis mis en dehors de mon contrôle : une expérience plus intuitive que raisonnée.

MI HERMANA Y YO
Virginia Garcia del Pino
Espagne, 2009, 10’

BATAILLE
Absalon
France, 1993, 50’’

INTRODUCTION TO A SMALL HISTORY OF
PHOTOGRAPHY - FORMALIST HEADY
PATTERN VERSION
Florian Zeyfang
Allemagne, 2008, 12’

BELLE JOURNÉE
Chen Yang
Chine, 2009, 7’20’’

L’origine du projet ?
Il s’agit d’un projet sur laLa belle démolition en Chine. L’aquarium est installé devant plusieurs bâtiments qui sont destinés à la destruction, par décision gouvernementale. Les autorités ont obligé les populations, dont mes parents et moi-même, à évacuer leur maison. Les “poissons” suggèrent le peuple qui vivait ici depuis longtemps, et qui n’a pas la capacité de manifester, mais qui ressent néanmoins une immense tristesse. Toute la mémoire va disparaître au moment où les sucres tombent un par un. Les ouvriers travaillent en écoutant une chanson très connue, diffusée par haut-parleur pendant la démolition depuis un camion installé dans le chantier. Mais je me suis demandé, le progrès va-t-il nous donner une vie nouvelle, ou bien une douleur exquise ?
Qu’est-ce qui a déterminé le choix du cadre ?
J’ai beaucoup travaillé sur les questions de la disparition. Je montre la contradiction entre la réalité et l’utopie qui est créée par cette musique. Ici, j’insiste sur la relation du passé au présent, non seulement travers mon expérience intime, personnelle, puisqu’il s’agit de ma maison, mais aussi comme une expérience sociale. Et la question est de savoir où va une société qui élimine sa propre histoire, son passé. J’utilise un plan fixe, parce que je préfère une position de contemplation devant une société qui change, une positon d’observateur pour regarde un monde qui se transforme.
Pouvez-vous revenir sur cette chanson ?
Cette chanson joyeuse s’intitule Belle Journée. Il y est question de gongs et de tambours qui font entendre un joyeux nouvel an, de fleurs, de sourires qui annoncent une heureuse année nouvelle, un printemps plein de promesses.

Pour lire les autres textes des vidéos télécharger le dossier ICI.

lien pour connaître toute la programmation du FID.