ÉCOUTER S’ÉCOUTER

 

 

Un atelier sonore de 4 jours conduit par Fabien Artal et Pôm Bouvier B.
du 26 au 30 octobre 2010.
pour tous public.

 

Nous pourrions considérer l’oreille comme le premier instrument de musique et trouver dans l’écoute des cheminements d’écriture musicale.
Convoquer la virtuosité de notre oreille à composer des espaces, à rechercher la musicalité des sons et voir, comment nous nous inscrivons de manière sonore, musicale, corporelle dans cette partition du réel que nous révèle l’écoute.

PREMIÈRE JOURNÉE :
Nous apprendrons à "déployer nos oreilles" au cours de parcours d’écoutes en extérieur.
Nous pourrons fabriquer des cornets acoustiques qui changeront notre écoute de ces parcours.

Après quoi, nous dégagerons un vocabulaire sonore pour nous permettre de décrire, de comparer ce que l’on entend ; nous apprendrons à repérer par exemple les sons continus, les sons répétés, les sons stationnaires, en mouvement, ceux que nous déplaçons.
Nous mesurerons la dimension de l’espace, la profondeur.
Nous verrons comment il est possible d’écouter sans reconnaître, d’écouter pour le son lui-même, de retrouver la musicalité.

DEUXIÈME JOURNÉE :
Nous poursuivrons les écoutes à l’intérieur, sur les différentes qualités d’espace.
Nous porterons notre attention sur les objets, certains apportés par les participants, d’autres déjà dans le lieu pour produire un son à partir d’un objet lors de "séquences-jeu", pour ensuite imiter le son d’un objet.
Nous ferons des expériences sur le silence.
Nous tenterons avec la voix de créer des séquences imaginaires, nous aborderons des notions d’espace lors d’une mise en jeu de ces éléments dans la construction d’un paysage imaginaire.


TROISIÈME JOURNÉE :
Dans la continuité des expériences de la veille, nous ferons entrer des notions de matières sonores : comment peut-on traduire des sons visqueux, râpeux, granuleux, poudreux, gras, secs, etc..?
Nous commencerons à étendre l’espace qui nous entoure grâce à des micros et des haut-parleurs.

Nous pourrons alors convoquer des notions directement liées à l’espace telles que l’éloignement, la proximité, le déplacement ou l’immobilité du son.
Nous mettrons en place des expériences comme la diffusion de la voix à quatre endroits différents au même moment, ou avec des sortes d’échos, avec un retard d’un quart d’heure, etc...
Toutes ces expérimentations seront autant d’incitations à la réflexion sur les rapports entre le son, l’espace, le temps et le corps. Comment le corps dans son entier reçoit le son ? Qu’est-ce-que le son peut modifier dans le lieu et le temps du corps ? Quelles incidences spatiales a notre voix ? Comment peut-on imaginer notre voix, et n’importe quel autre son, comme un objet projeté dans l’espace ?

QUATRIÈME JOURNÉE :
Rassembler toutes les expériences, toutes les sensations, tous les sons récoltés pour qu’ils commencent à constituer un ensemble.
Commencer à penser en terme de composition, de dessin, de sculpture du paysage sonore.
Ce sera le temps de s’écouter, de savoir jouer le silence pendant que l’espace sonore est investi si cela est nécessaire. Pouvoir être immeuble, arbre, brin d’herbe, air, eau au sein du paysage.
Faire un tout le plus cohérent possible.

BIOGRAPHIE :

PÔM BOUVIER B.
Ses premiers pas dans la musique, elle les fait par l’écoute ; le hasard des pioches dans les bacs de vinyl : la voix de Mérédith Monk, les expériences sonores de Laurie Anderson etc..Puis la première rencontre avec la musique électroacoustique en tant qu’auditrice à la fin des années 80 marquera le début d’un intérêt qui se développera bien plus tard,Parallèllement, elle fait ses premières expériences sonores avec un petit enregistreur cassette et un micro cravatte qu’elle promène des années durant pour fixer des moments de vie, des marches dans les villes.
Elle travaille pendant prés de 10 ans dans le spectacle à différents postes qui lui permettront une exploration des espaces, forgeant ainsi une capacité à imaginer et construire des espaces physiques, plus tard des espaces musicaux.
Elle suit l’enseignement des beaux arts de Grenoble puis de Lyon de 85 à 90 ; En 2004, elle suit une formation à l’INA sur les techniques d’exploitation du son ; Elle rentre dans la classe de composition électroacoustique de Lucie Prodhomme à Marseille en 2006.
Elle remporte le 1er prix étudiant du concours Métamorphose à Bruxelles en 2008
Ses pièces ont été jouées au transelectroacoustiques du GMEM, Futura, Elektrophonie en France ainsi qu’à Bruxelles, Athènes, Buenos Aires.
Depuis 2003, les collaborations se diversifient et sont propices à l’éclosion de formes différentes : créations radiophoniques, installations visuelles et sonores, musique pour l’image, Live en duo. Une attention particulière est portée à l’espace de projection du son et, pour certaines formes la conception de cet espace entre dans la composition même de l’oeuvre.

Lien pour découvrir le travail de Pôm Bouvier B.