Claire Angelini : développer un cinéma politique

 

 

Projection-installation de deux films

Jeudi 28 mars 2013 à 19h
entrée libre

Claire Angelini est en résidence à la compagnie pour son projet d’exposition Géographies d’une histoire qui aura lieu en 2014 et pour lequel elle a obtenu la bourse IPM (Identité Parcours Mémoire).

 

Brise la mer ! / Jeune, révolution !
Deux courts films prennent le spectateur en étau, et à travers eux, deux paroles sur l’histoire : celle de Narriman B., qui s’interroge sur les raisons de la guerre d’Algérie à l’occasion de la commémoration de l’Indépendance (1962). Et celle d’Ikbel Z., confronté au délitement de la Révolution de jasmin et au désenchantement de la jeunesse tunisienne.
Quand aux cuves de pétrole du port de Béjaia, (Algérie), répondent les toupies d’abord fougueuses, puis de plus en plus lentes, d’une table de café tunisienne, de quel tour sur soi-même la révolution, dans l’un et l’autre de ces deux pays, a-t-elle été porteuse ?

Claire Angelini est déjà venue présenter à la compagnie, en novembre 2010 et 2011 deux long-métrages à l’occasion de la Semaine Asymétrique (organisée chaque année par le Polygône étoilé).
Nous avons découvert l’acuité, la sensibilité particulière qui est la sienne, ce qui se profile comme un véritable style, avec un engagement auprès du réel, auprès de notre réalité d’aujourd’hui et d’hier, dans les relations complexes qui y sont tissées.
Claire Angelini est-elle en train d’inventer une politique de la nostalgie ? Comment fait-elle remonter des récits, des traces ensevelies, en un travail précis d’archéologie d’une histoire collective et personnelle, de ses images de paysages et de ruines ? En réalité, l’émotion esthétique et politique ne sont pas séparées. Le cadre ne cache pas la fragmentation qu’il produit dans ce qu’il montre, dans le choix qui est dans l’image. Mais en chaque plan l’inconnu rayonne d’un éclat sombre avec lequel nous sommes obligés d’être en action, nous spectateurs. Le témoignage est bien la réinvention du présent à partir duquel est interrogé le passé.