Cécile Guigny. Play in C

Play in b

 

 

Play In C est une adaptation interactive de la pièce musicale In C de Terry Riley (1964) fondatrice du mouvement minimaliste et répétitif américain.
Cécile Guigny vous propose d’entrer dans le processus musical d’In C grâce à de nouveaux instruments interactifs. Venez nombreux, musiciens (apportez vos instruments !) et non-musiciens pour jouer ensemble lors de ces deux concerts participatifs.

 


SAMEDI 20 JANVIER 2007 à 16h et à 20h :
DEUX CONCERTS PARTICIPATIFS où les musiciens de l’ensemble TÉLÉMAQUE, des élèves de la cité de la musique de marseille et le public sur instruments interactifs, pourront jouer ensemble In C.
Ouverture de l’installation au public à partir de 15h pour la présentation de l’environnement interactif et des modalités de jeu des 53 cellules mélodiques d’In C.


DU 15 AU 19 JANVIER 2007 à partir de 16h : RÉPÉTITIONS PUBLIQUES.
Ce sera un temps privilégié de travail avec les musiciens de l’ensemble TÉLÉMAQUE, des élèves de la cité de la musique de marseille, et les personnes non-musiciennes qui souhaitent participer au jeu d’In C avec les instruments interactifs.

« L’art numérique invite à l’expérimentation, c’est-à-dire à la capacité de faire, à partir de l’observation de la répétition, une épreuve sélective constructrice de liberté. Si l’œuvre numérique incite son spectateur à agir sur elle, ce n’est pas pour lui donner l’impression qu’il a le pouvoir, qu’il est l’autorité, l’auteur à la place de l’auteur, mais parce qu’au travers des variations produites sur la surface de ses productions s’offre la seule possibilité de pénétrer le système esthétique de l’œuvre, de saisir comment elle fonctionne, comment elle se construit ».
Jean-Pierre Balpe

Origine du projet
Play In C est fondé sur l’œuvre In C de Terry Riley, pièce répétitive inaugurale de la musique minimaliste américaine. En proposant au public d’entrer de manière directe dans la structure de cette pièce, Play In C entend revenir au plus près du titre d’origine d’In C : « le village global pour une pièce symphonique ». Un environnement est constitué de 16 à 56 pupitres équipés de capteurs et permet au public de jouer les cellules musicales qui constituent la pièce. L’installation permet à chacun d’être acteur du processus musical, non-musiciens dotés de capteurs et musiciens dotés de leur instrument peuvent jouer ensemble.

Présentation
En 1964, à travers cette pièce, émerge un courant musical aujourd’hui connu sous le nom de “minimaliste”, ou de “répétitif”. Cette pièce a eu un impact profond et durable, non seulement sur des compositeurs tels Steve Reich, Philip Glass ou Brian Eno, mais a nourri bien d’autres courants, qu’ils soient musicaux, plastiques ou performatifs (concert Fluxus « Music and Antimusic »...). Le principe d’In C est l’accumulation de 53 courtes cellules musicales. La partition ne fait qu’une page et le morceau peut durer indéfiniment. Chaque interprète a la liberté de choisir le nombre de répétitions avant de passer au motif suivant et aucune règle n’en fixe le nombre. Ce procédé libère ainsi l’instrumentiste d’un maximum de contraintes et permet une combinaison souple de différents instruments et instrumentistes. In C n’est donc jamais identique ; chaque joueur étant responsable du son général de l’ensemble dont il fait partie. Chaque concert sera le lieu d’un rassemblement à l’intérieur d’un système musical libre et modulable.

L’échelle du « village global »
Play In C, par une transposition inédite, tente de revenir aux origines de cette démarche expérimentale en permettant au public de jouer les 53 cellules musicales d’In C. Quarante-deux années plus tard, grâce à l’évolution des techniques numériques et interactives, il est possible d’envisager un environnement qui ne serait plus dédié aux seuls musiciens, mais à toute personne ayant le désir de jouer.

Ce projet est loin d’être une interprétation supplémentaire de la pièce de Riley, il représente davantage la traduction d’un processus fondateur qui en respecte l’écriture originale. In C, par la façon dont elle a été conçue, conduit musicalement et socialement (cette manière d’être ensemble) à cette translation.

La première fois que j’ai assisté à un concert d’In C, j’ai compris que l’idée de village global n’existait que pour les instrumentistes. Spectatrice, j’assistais à leur dialogue, mais je n’avais aucune possibilité de participer et de jouer avec eux.

Certes, tout le monde n’est pas instrumentiste. En proposant un dispositif interactif où chaque personne du public peut venir prendre la place d’un instrumentiste, la frontière entre le public et le musicien se trouve abolie. Néanmoins, l’installation exige des participants qu’ils puissent vivre ensemble leur création. En effet, si les personnes ne s’écoutent pas et ne coordonnent pas leurs actions, l’agencement musical sera décevant.

On m’a souvent demandé pourquoi je ne composais pas une nouvelle pièce, pourquoi adapter In C. C’est simple : le « village global », notion prémonitoire des années 1960 semble aujourd’hui possible, de plus, l’évolution numérique invite de plus en plus à ce va-et-vient entre l’individuel et le collectif, et c’est justement l’un des principes essentiels d’In C. Alors pourquoi ne pas aller au bout de cette démarche ?

Comme auteur, comme artiste dite de l’art interactif, Play In C me permet d’aller au-delà du moyen électronique, de la simple technologie. Je peux enfin approcher une démarche qui s’adresse à une communauté, traverse les territoires et les frontières tant symboliques que physiques.

Je n’ai jamais encore assisté à ce type de performance. Alors qu’en arts visuels la machinerie semble souvent livrée à elle-même, en art vivant, l’interactivité reste encore souvent dans l’artifice ; le contexte de représentation reste identique, le public reste assis sur sa chaise. Parfois les artistes performent eux-mêmes, dans leurs environnements ou avec leurs “jouets-outils” que nous sommes parfois autorisés à manipuler, à condition d’y être invités. Play In C me permet de trouver cette cohérence entre la présentation d’une installation et sa mise en jeu. Tout l’intérêt de ce projet réside alors dans un travail de mise à l’échelle et de projection du procédé musical.

Pour permettre aux utilisateurs de se situer dans In C, la partition est projetée sur écran sous forme de numéros de cellules qui apparaissent au fil du jeu. En circulant à l’intérieur de l’environnement, le processus répétitif s’appréhende librement. Les visiteurs déclenchent et superposent les cellules, peu à peu, le dialogue musical peut s’établir. L’œuvre s’adresse à tous - autant à ceux qui vont en comprendre les attributs référentiels, qu’à ceux qui ne les connaissent pas.

Cécile Guigny


crédits

  • direction artistique Cécile Guigny
  • pièce originale In C avec l’aimable autorisation de Terry Riley avec les musiciens Nathalie Negro, Christian Bini, Gerard Occello, Linda Amrani, et Guillaume Rabier
  • programmation interactive Francis Bras et Sylvain Delbart
  • ingénieur du son Frédéric Braye
  • systèmes électroniques Interface-Z
  • instruments interactifs Cécile Guigny
  • production Klang en partenariat avec, la compagnie, le GMEM, Interface-Z, l’ensemble Télémaque, et réalisé avec le soutien de la SPEDIDAM, du ministère de la Culture et de la Communication - CNC DICRéAM et de la Caisse des Dépôts et Consignations.