Atelier vidéo : Les Balançoires du temps

 

 

avec les élèves de Marie-Françoise de Gantès Ney
Lycée Saint-Joseph-les-Maristes, Marseille
artistes : Paul-Emmanuel Odin et Guillaume Loiseau

 

atelier de 3 séances :
les mercredi 28 novembre, 5 et 12 décembre 2012, de 14 à 17h

objectif :
Découverte de l’art vidéo avec la visite d’une exposition, et pratique vidéo.
C’est autour d’une question centrale pour l’image-mouvement que s’est centrée la réflexion : l’inversion temporelle, telle qu’elle était pratiquée dès l’invention du cinématographe par les frères Lumière qui montraient à la fin des premières projections deux films à l’envers, Démolition d’un mur, et Bain de Diane à Milan (plongeons inversés). Il y a aussi une dimension philosophique, puisque l’envers du temps est la figure même de la pensée selon le théoricien du cinéma Jean Epstein (ou même, selon le Platon du texte Le Politique).

séance 1

Présentation de la compagnie, du projet.
Visite de l’exposition SWING HIGH SWING LOW de Laurent Fiévet. L’installation vidéo de Laurent Fiévet fait jouer ensemble des montages élaborés à partir d’extraits de films où apparaît une balançoire. De Dreyer à Spielberg, en passant par Varda, Téchiné, Ophuls ou Renoir... toute l’Histoire du cinéma oscille et vibre autrement par des jeux d’allers et retours au sein du défilement des images, touchant une enfance, une frénésie des désirs ou une critique des représentations.
Discussion sur l’exposition. Mise en contexte de l’exposition avec la projection de films utilisant l’inversion temporelle. Proposition de fabriquer des vidéo avec l’inversion temporelle soit à partir de films existants, soit en tournant soi-même pour la séance suivante.

séance 2 et séance 3
Tournage, et visionnage à l’endroit et à l’envers des séquences rapportées par les élèves.
Pour ceux qui ont choisi de travailler en foundfootage, ils ont montré des extraits de Nosferatu (Murnau), de Devdas, de Donnie Darko, de Moulin Rouge... Beaucoup ont trouvé des séquences où il y a une balançoire ou une escarpolette, prolongeant ainsi la réflexion qui est au cœur de l’exposition de Laurent Fiévet.
Il y a eu des tournages en appartement, dans la rue, parfois au téléphone portable, avec des mises en scène singulières, des actions pensées spécialement pour l’effet d’inversion du temps, du mouvement.

Le groupe a été très attentif et très enthousiaste. Le moment de la visite était d’emblée magnétique : une poésie passait, même si dans la première discussion ce que les élèves ont renvoyé consistait d’abord dans des formes d’incompréhension. C’est qu’il y a une véritable difficulté dans l’inversion temporelle des séquences. Elles suscitent à la fois un rire, mais elles inquiétent profondément car elles perturbent les repères. Cette difficulté, loin d’être repoussante, est au contraire à la fois ludique et un défi pour la création. Tous les élèves ont été inventifs, mobilisant leur imaginaire le plus personnel. Certaines vidéos frappent plus particulièrement par leur audace, le secret qu’elles déploient.

Nous vous en présentons deux :
Le caniveau de Lia Dubief et Louise Neuville
NOLLAB/ELLUB de Mélanie Tonini, Carlotta Ribera et Cécile Otparlic