Atelier Déplacement 0.1

 

 

A l’heure où internet et l’ordinateur font partie de notre paysage quotidien, il me semble intéressant et important de montrer que l’on peut avoir une utilisation non subie de la machine, que cet objet a en fait des possibilités bien plus grandes que celles que nous offre le dossier "programmes".
du lundi 22 février au vendredi 26 février de 9h à 12h et de 14h à 17h

ELECTRODISEASE concert samedi 13 mars à 18h30

 

[k-ii]

La pratique du son s’est imposée dans des réflexions autour de l’espace sculptural et les problématiques inhérentes à ce médium. Quel rapport entretient la sculpture à l’espace qui l’entoure ? Dans quel jeu entre-t-elle avec l’architecture ? Quelle relation se crée entre le corps, la sculpture et l’espace ? Comment le corps occupe-t-il l’espace de la sculpture ?
Très vite, la matière sonore est arrivée comme la meilleure alternative à mes recherches dans le sens où elle m’apparaissait comme la seule à avoir le pouvoir d’emplir l’espace. Après quelques investigations, je me suis rendu compte que le son créait une réelle architecture vibratoire, interne à son espace de diffusion. Cette vision de l’abstraction me parut un champ de recherche plastique des plus riches et me voilà, aujourd’hui encore, totalement immergé dans des questions d’architectures sonores en rapport au lieu du corps et la construction d’espaces psychiques qui découlent de la création d’édifices sonores.

L’atelier :

L’idée de faire un atelier d’une semaine avec des jeunes de douze à quatorze ans, est venue d’une envie de proposer à l’expérimentation ces recherches grâce au médium qui les accompagnent.
En effet, à l’heure où internet et l’ordinateur font partie de notre paysage quotidien, il me semble intéressant et important de montrer que l’on peut avoir une utilisation non subie de la machine, que cet objet a en fait des possibilités bien plus grandes que celles que nous offre le dossier "programmes". La machine enferme des possibilités de création énormes et n’est pas simplement une petite boite très étroite faisant tout ce qu’on lui demande mais qu’elle présente une matière certes plus conceptuelle mais aussi malléable que de la glaise, tout comme l’espace empli de son.

Ne se voulant en aucun cas un cours de "programmation orientée art", cet atelier sera l’occasion d’une sensibilisation à l’informatique en tant que médium.
Il s’organisera autour de la création d’un instrumentarium informatique en vue de l’élaboration d’une pièce sonore électronique live multi-interprètes. Ce dernier sera basé sur les outils habituellement utilisés qui sont autant de manières d’entrer en interaction avec la machine : claviers, souris, WIImotes, joysticks, contrôleurs MIDI, réseau, micro, caméra et d’autres qui pourront être imaginés pendant l’atelier. Le but étant d’inclure le corps dans le champ d’expérimentation, et de créer un espace où chacun est incité à écouter, anticiper, réagir, en somme, interagir avec l’autre en vue de faire émerger une forme sonore. Le dispositif de départ sera pré-établi et peu à peu modifié en fonction des envies et besoins de chacun.

Apports culturels et historiques :

L’atelier sera ponctué de temps d’écoutes de pièces contemporaines de différents horizons, tentative de balayage en grandes lignes de l’histoire des expérimentations sonores depuis les années 60 jusqu’à nos jours. Cette partie de l’atelier aura pour but d’inscrire l’atelier même dans une histoire et d’ainsi susciter des intérêts, interrogations sur ce qu’est la musique en regard de l’art sonore, et que peu à peu, les participants de l’atelier se rendent compte que la frontière entre les deux disciplines est aussi invisible et pourtant palpable, que la matière qui leur est donné à tordre, façonner, travailler.