20es Instants vidéo numériques et poétiques

 

 


Du vendredi 9 au dimanche 11 novembre et le mardi 13 novembre, les Instants Vidéo font escale à la compagnie. L’ouverture se fera avec des œuvres de Taysir Batniji.

 

Les 20es Instants vidéo à la compagnie :
- du 9 au 11 novembre programmation vidéo
- du 13 au 24 Bruit de fond et Gaza installations de Taysir Batniji, [lire l’article...]

Vendredi 9 novembre à 18h - Palestine, Iran, Jordanie

- Départ de Taysir Batniji (Palestine, 2002) 3’11
Evocation de l’errance contemporaine. Errance migratoire des silhouettes brouillées anonymes, des ombres enregistrées par l’artiste palestinien : départ, retour (contraint ou choisi) vers une destination d’origine.
- Sans titre de Taysir Batniji (Palestine, 2002) 2’
Le reflet d’une ombre disparaissant, un corps s’effondrant dans le sable, éternellement balayé par les vagues... Une métaphore de la disparition.
- Me 2 de Taysir Batniji (Palestine, 2003) 2’06
Un autoportrait saccadé. Sur un air de Gloria Gaynor (I will survive) capté lors d’un carnaval de rue, je tourne sur moi-même dans mon appartement. Cette vidéo, réalisée au début de la guerre en Irak en 2003, est une superposition de deux plans simultanés : un double regard. Je tourne en me regardant tourner. J’ai choisi ce geste impromptu comme réaction personnelle à la guerre et à la représentation violente, voire perverse proposée par les médias.
- Transit de Taysir Batniji (Palestine, 2004) 8’
Un diaporama silencieux réalisé clandestinement à la frontière entre l’Egypte et Gaza en Palestine. L’attente. L’impossible mobilité d’un peuple.
- A la recherche de Napoléon de May Odeh (Palestine/Jordanie, 2006) 8’50
Un homme étrange, en haillons, se fait appeler Napoléon. Il erre dans les rues d’Amman. Il imite des images. Il est originaire de Gaza. Il n’est ni fou, ni sain d’esprit...
- About death and other strange things d’Ala Diab (Jordanie, 2006) 4’38
A propos de la mort et d’autres choses étranges...
- La rupture de Rokhshad Nourdeh (Iran/France,2007) 3’36
A Charmahal Bakhtyari, c’est la période d’Ashoura-Tassoua, pendant laquelle se déroule le rituel religieux du Sineh Zani. Dans le bus au chaud, les gens bavardent et interprètent à leur façon... !
- Souffle de Rokhshad Nourdeh (Iran/France, 2006) 2’20
L’étouffement intérieur. L’acte amoureux qui libère : désir.
- My video diaries d’Amirali Ghasemi (Iran) 6’15
Scènes de la vie quotidienne à Téhéran.
- The exposed de Behfar Karimi (Iran, 2006) 1’45
Souvenirs cinématographiques. La lumière pénètre le regard.

Dès 20h30 : Les machines désirantes

La création vidéo prend son statut de poème quand elle est traversée par le désir. Un désir qui se propage à travers les machines de production d’images et de sons, et les corps des femmes et des hommes qui les manipulent.

- Machines 1-5 de JCHerman (Pays-Bas, 2006/07) 8’20
Cinq machines qui trouvent une solution pour échapper à leur existence. Que se passe-t-il quand nous transférons notre logique vers les machines.
- Petite pilule pour la Folie, Opérette en 36 tableaux de Guido’Lu (duo) (Belgique, 2003) 15’51
L’œuvre, sorte « d’opérette », est un ensemble de 36 saynètes fractales se côtoyant de facto étroitement et mutuellement, dont la particularité sont les multiples connexions et connivences.
- Vidéos 2007 David Lasnier (France, 2006/07) 21’
— [à l’endroit-du début à la fin-positif] (1), (2), (3), (4), (5)
— spirit level
— +-+-+-+-+-+++++-----...
— qui peut le plus peut le moins
— mappemonde céleste
— point à la verticale du centre de la Terre
— machinâmes l’arnaque piège
— dirigeable aux bras ballants
— vidéo dans laquelle aucun ponton ne se reflète dans aucune eau
— vidéo dans laquelle Etienne joue de la clarinette
— rue breteuil
— vide
— vidéo dans laquelle je fais un avion en papier

Samedi 10 novembre à 14h - Accordons-nous quelques légèretés

Programmation icariste dédiée à tous ceux qui n’ont pas renoncé à porter des ailes, à braver l’apesanteur, à défier les fausses évidences.

- Les légèretés d’un monde de Véronique Sapin (France, 2007) 10’30
Pour se désengluer de soi et trouver le point d’équilibre entre la chute et l’envol ; parce qu’il ne suffit pas d’être grave pour être profond.
- Tease de Jimmy Owenns (France, 2004) 7’
Le film est à propos de la répétition du geste et mouvement du corps. Cette répétition tend à donner un sens érotique mais aussi hystérique à ces images issues d’émissions de télé japonaises.
- Sensory landscape de Nynke Deinema (Allemagne/Pays-Bas, 2006) 3’19
Perception de l’environnement comme une part de soi-même. Le corps se détache de lui-même.
- Saana, passages en noir de Robert Cahen (France, 2007) 7’
Rencontre inespérée entre deux cultures. Métaphore de notre époque, aux croyances si opposées, ces « passages en noir », filmés au Yémen, à Saana, devraient nous rappeler notre humaine condition.
- Deflection d’Antonis Anissegos et Erika Matsunami (Grèce/Japon, 2005) 11’
Variations optiques et acoustiques des mouvements statiques.
- Melangie de Bettina Hutschek (Allemagne, 2007) 5’50
Film-essai qui décrit le cycle de reproduction inconnu, pour lequel la sexualité ne fonctionne plus comme méthode de procréation.
- Bikini’s Medusa or Don’t Gaze at me d’Axelle Rioult (France, 2006) 4’35
Réaction en chaîne et métamorphose de l’histoire : un événement, filmé, diffusé sur un écran de télévision, photographié ; une image développée, matière photographique, reflétant son environnement, photographie transformée en image vidéo, associée à d’autres images de l’événement filmé...

Dès 15h30 : Comment sortir du cadre ?

L’art vidéo semble avoir été inventé pour tenter de répondre à cette question. C’est pourquoi il est parfois insolent, perturbateur, inclassable.

- En campagne de Fred Périé (France, 2006) 11’
Le film tente de rendre visible le dispositif qui produit l’image politique bien cadrée et diffusée dans les téléviseurs. Ce dispositif est ici recréé par des agriculteurs de la région nivernaise. Il s’agit donc du simulacre d’un simulacre.
- Hiding in plain site d’Emma Walfraud-Howes (Canada, 2006) 7’
Un théâtre est investi par une danseuse solitaire. Une recherche sur le besoin de se cacher et le désir d’être vu. (Groupe d’Intervention Vidéo).
- Imago de Minou Norouzi (Autriche/Angleterre, 2006) 7’50
Chaque acteur est saisi dans sa position favorite quotidienne. Chacun a choisi l’espace où il souhaitait être filmé.
- I noticed my mother... d’Angie Halliday (Irlande du Nord, 2005) 11’
Le sujet de cette vidéo est l’histoire familiale et ses rituels de mémoire. Comment lisons-nous notre histoire familiale avec des images ?
- U d’Ilan Teboul et Brice Vassault (France, 2006) 6’39
Un mannequin dans un univers schizophrénique.
- Chez Sacha de Christophe Guérin (France, 2006) 1’44
Chez Sacha, chausseur chic, une jeune fille au pair essaie une paire de bottes jaunes.
- Soho de Christophe Guérin (France, 2006) 2’40
Dans un studio de Wardow Street, une discussion animée est engagée entre un jeune photographe et son modèle.
- Sakura d’Esther Harris (Angleterre, 2007) 6’48
Sakura est centré sur Hanami à Tokyo, révélant les réactions individuelles des gens à la floraison des cerisiers. Collecté sur un tournage d’une semaine mais monté pour présenter l’expérience d’une seule journée du matin au soir, Sakura est une méditation sur l’intégration des technologies fabriquées par l’homme.

À partir de 17h30 : Le sud américain de la création vidéo

Les Instants Vidéo sillonnent depuis quelques années l’Amérique du Sud. Chaque année, la compagnie est le lieu de rendez-vous où nos pérégrinations sont contées. Cette première programmation a été composée avec la complicité de Rulfo (Uruguay), Fredi Casco (Paraguay) et le GIV (Québec).

- Piel de ladrillo de Mario d’Angelo (Uruguay, 2006) 6’
Peau de brique...
- Me ven de Juanchi Franco (Paraguay) 1’
Ils me voient...
- Me veo de Juanchi Franco (Paraguay) 1’
Je me vois...
- Negro ruido de Juanchi Franco (Paraguay) 2’10
Bruit noir...
- Yasururu sororo de Daniel Milessi Arcondo (Paraguay) 2’
Jeu de massacre vidéo...
- Yasururu sororo (moon) de Daniel Milessi Arcondo (Paraguay) 3’50
En direct de la surface de la lune.
- Mi adorable mariposa (El aleteo) d’Ana Claudia Garcia (Argentine, 2003) 4’50
Mon adorable papillon (le battement). Montage d’images d’avions de guerre.
- Wet dreams de Julio Chaile (Argentine, 2004) 7’34
Une histoire où le fantastique se mélange à la réalité. Les langages utilisés sont inspirés par Cocteau.
- Paysage avec miroir d’Inés Wickman (Colombie, 2006) 7’
Un regard reflété dans un miroir est témoin de la métamorphose d’un paysage intime, onirique et souterrain.
- Tragas palabras d’Inès Szigety (Argentine, 2005) 4’40
Actions non finies, désirs inexprimés, portes entr’ouvertes. Performance poétique devant la caméra.
- Silver man de Renata Padovan (Brésil, 2006) 10’
La vidéo montre le processus de transformation d’un homme en « statue vivante », un « objet métallique » adapté à l’environnement de la périphérie inhospitalière d’une ville pauvre dans le sud du Brésil.
- Caperrucita de Marcos Andrade (Venezuela, 2006) 0’38
Un essai d’adaptation du conte pour enfants (Le Petit Chaperon rouge) en une sorte d’intrigue mystérieuse qui n’est pas conforme à l’histoire originale. La fin reste ouverte et permet au spectateur de l’imaginer. La musique est d’Edward Thomas. Prix ENAMU 2006 (festival de Caracas, Venezuela)

À 18h30 : Où va la vidéo sud américaine ?

Table ronde avec Marcos Andrade (Venezuela), Pilar Altilio (Argentine), Ines Wickman (Colombie), Herman et Lenonor Harispe (Rencontres du cinéma Sud Américain de Marseille) et Marc Mercier.

Et dès 20h30 : Personne / Personnage

Une programmation présentée par la curatrice argentine Pilar Altilio (Mar del Plata), autour de la notion de performance. Si des artistes exécutent eux-mêmes leurs actions, d’autres les font effectuer par des complices. C’est alors que se pose la question de la différence de statut entre la personne et le personnage.

- Juegos Inciales de Matilde Marín (Argentine, 2006) 4’
Les mains de l’artiste dessinent dans l’air des signes lumineux, des formes géométriques incandescentes.
- Alf Ons Ina de Pilar Altilio (Argentine, 2007) 8’
Un hommage à la poétesse argentine Alfonsina Storni (1892-1938) avec textes et images d’archives. Un hommage aussi aux femmes qui se sont battues pour penser et agir librement.
- Ofelia (revisitada) de Poptimia (Argentine, 2005) 1’
L’artiste recréé le climat des œuvres de peintures naïves au moyen d’une performance accomplie par Guillemina. Une vidéo silencieuse qui rend compte à la fois de la beauté, de la décadence et de la subtilité.
- 90 km/heure d’Adriana Sasali (Argentine, 2007) 2’25
Un voyage de l’artiste dans la ville où elle vécut enfant fait rejaillir des souvenirs.
- Fuego líquido de Godines (Argentine, 2003) 4’
Une vidéo réalisée à partir d’un épisode d’une série mexicaine des années 70, très diffusée jusqu’à nos jours et appréciée par plusieurs générations d’enfants et d’adultes : El Chavo del 8. Il s’agit ici d’un voyage introspectif, légèrement accidenté...
- Un cultivo de Mateo Amaral Junco (Argentine, 2007) 4’20
On écoute l’écho, le cheminement du son à travers l’air. Certains sont proches de la source sonore, d’autres sont éloignés. Personne n’écoute de la même manière.
- Trayecto Ø de Paula Massarutti et Luciano Giambastiani (Argentine, 2007) 3’09
Une vision pas très nette, des lieux intrigants, désolés, dissociés, labyrinthiques.

À 21h30 : Macadamia

Une programmation réalisée avec la complicité de Martà Ares et Daniela Muttis du groupe d’artistes Macadamia de Buenos Aires.

- Arise ! Arriba ! de Rubén Guzmàn (Argentine/Canada, 2005) 2’05
Ballet ovin sur une musique d’Alban Berg.
- Autorreportaje de Vanesa Sacca (Argentine, 2000) 5’
Autoportrait.
- Entierra de Margarita Wilson Rae (Argentine, 2005) 4’40
Un paysage conçu comme la scène de la subjectivité de l’artiste.
- Robo en el semàforo o Esto es un asalto ! de Marta Ares et Daniela Muttis (Argentine, 2004) 0’30
Une non-vidéo.
- El beso de Nushi Muntaabski (Argentine, 2003) 3’
Une histoire d’amour en forêt. Il neige. Les corps sont congelés.
- Bubbles de Karina Peisajovich (Argentine, 2003) 1’28
Performance. Une femme et des ballons rouges.
- Soy fantàstico (pero sigo solo) de Claudia Luclus (Argentine, 2005) 3’
Je suis fantastique (mais je suis seul). Avec Estanislao et Frida Varela.
- Puna de Hernàn Khourian (Argentine, 2006) 43’
Un essai vidéo dans la région Nord de l’Argentine. Même si la vidéo prend pour point de départ des stratégies de type documentaire, ce travail s’aligne plutôt vers la forme expérimentale.

Dimanche 11 novembre à 14h - Les états (unis et désunis) amoureux et amicaux

Il existe un véritable engagement qui mérite d’être étudié de près : la politique de l’amitié. Celle qui ne renonce pas aux désirs de chacun qui passent par la reconnaissance de l’autre, cet inconnu. Cela implique une politique du regard et de l’écoute qui ne fait ni l’économie de la violence, ni de la tendresse, ni de l’humour.

- J’étais la plus heureuse des mariées, en tout cas ce jour-là de Hélène Abram (France, 2006) 12’30
Portrait de femme, vue en coupe. De l’éclat du bonheur à la mélancolie.
- Portrait of a wedding day (detail) d’Alix Didrich (France, 2007) 6’54
Portrait de mariage (détail).
- Pas de rouge pour Marnie ? de Virginie Foloppe (France, 2007) 3’30
Directement inspiré de Marnie de Hitchcock. La violence du désir et de la sexualité s’exprime ici par les voies détournées de la picturalité et d’une fleur. Un petit pinceau rougit délicatement les pétales d’une orchidée et la couleur macule les différents visages de Marnie.
- Se faire des amis de Laëtitia Bourget (France, 2006) 25’
Série de séquences vidéo réalisées avec des animaux.

Dès 15h30 : Les éléments

Filmer le vent. Filmer le froid. Filmer le chaud. Les rêves incroyables de tous les artistes qui ne craignent pas d’être emportés par leur sujet, dissous dans leurs images, avalés par leurs sons. En présence de Samuel Bester (France) et Elina Juopperi (Finlande).

- 1er décembre 2006 de Chris Quanta (France, 2006 ) 2’09
Portrait vertigineux et venteux pour cerf-volant.
- Sönemböör de Samuel Bester (France, 2006) 13’30
Cinquième volet d’un travail commencé en 1996 sur l’île de Sylt (Allemagne du Nord) pour évoquer par l’image et le son la fragilité d’un paysage et les sentiments que l’on peut éprouver vis-à-vis d’un lieu dont la disparition est annoncée. Ce volet évoque le paradoxe issu de notre acharnement à vouloir à tout prix conserver un environnement tel qu’il fut alors que sa nature est d’être en perpétuelle évolution.
- Track d’Elina Juopperi (Finlande, 2007) 3’
Un paysage immense s’ouvre devant nous. Du sol glacé et blanc émergent quelques cailloux.
Les notions de distance et d’échelle sont incertaines. Une silhouette apparaît. Elle a chaussé des skis. Elle déplie un plan. D’où vient-elle ? Où va-t-elle ? Sa robe noire crée un conflit avec le paysage.
- Pihalla d’Elina Juopperi (Finlande, 2007) 7’10
Pihalla en finnois signifie dehors, extérieur ; outside, mais aussi quand on dit que quelqu’un est pihalla, c’est qu’il est ailleurs, qu’il ne comprend rien... Une vidéo tournée près des frontières Finlande-Norvège-Suède.
- The White Station de Seifollah Samadian (Iran, 1999) 8’
Tempête de neige. Résistance face aux éléments.

- Le vent tourne de Bruno Goosse et Raphaël Balboni (Belgique, 2006) 21’30
Film avec le mouvement, le vent, les éléments qui font signe dans l’image parce qu’en mouvement, comme le drapeau peut faire signe lorsqu’il est agité par le vent. Film sonore, avec le vent qui module les sons. Film sonore avec le vent qui fait vibrer, qui module.

À 17h30 : « Tu ne peux faire partie de la solution, si tu t’exclues du problème... »

- The Cycles of the Mental Machine de Jacqueline Caux (France, 2006 ) 57’
Detroit fut longtemps la capitale mondiale de l’automobile. Les émeutes raciales de la fin des années 60 y furent extrêmement violentes. Effrayé, le pouvoir économique en place délocalisa les usines. Depuis 25 ans, Detroit est devenue une ville fantôme où restent encore vivantes toutes les musiques noires, du jazz à la techno. Avec les poèmes du légendaire Electrifying Mojo.